Recevant une délégation des agences de presse arabes qui participent aux cérémonies marquant le cinquième anniversaire de la fondation de l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), M. Berry a déclaré sans détour : « Je ne veux plus parler du problème de la formation du gouvernement. » Et comme pour bien marquer son amertume, voire son désespoir, sur ce plan il a ajouté, en réponse à la question d'un membre de la délégation arabe qui l'interrogeait sur l'optimisme qu'il a constamment manifesté au sujet de la mise sur pied du cabinet : « Je suis désespéré, malheureux et dans un état lamentable. Lorsque la politique devient irrationnelle et incompréhensible, cela signifie que le pays est rentré dans un état de stagnation. »
Et de poursuivre : « Lorsque le président (Nagib) Mikati a tenté, au cours du premier mois qui a suivi sa désignation, de former un gouvernement d'union nationale, je l'ai encouragé à s'engager sur cette voie, sachant qu'il avait besoin de temps. Au bout d'un mois, lorsqu'il a essuyé un refus (de la part du 14 Mars pour la formation d'un cabinet d'union), le problème (de la mise sur pied de l'équipe ministérielle) s'est limité à une seule faction (le 8 Mars). Les obstacles qui persistent depuis deux mois ne sont donc pas compréhensibles. J'ai dit qu'il fallait élever nos prières, mais l'important est de ne pas en arriver à la prière du mort. »
Après avoir souligné que les obstacles « libanais » qui entravent la formation du gouvernement sont « dérisoires » et que « la Syrie souhaite la mise sur pied du cabinet aujourd'hui avant demain », M. Berry a contesté le clivage politique entre les deux camps du 8 et du 14 Mars. Il a précisé à ce propos que quatre composantes de la nouvelle majorité qui tente de former le gouvernement ne font pas partie, au départ, du 8 Mars : « Le PSP était l'un des piliers du 14 Mars, le président Mikati a mené la bataille électorale (les législatives de 2009) avec Saad Hariri et il est l'un des promoteurs du centrisme, le président Michel Sleiman de même (pour l'option centriste) et le Bloc du changement et de la réforme a été à l'origine du 14 Mars. Comment peut-on donc considérer que ces factions font partie du 8 Mars ? » s'est interrogé le leader d'Amal.
M. Berry a par ailleurs rendu hommage à la révolution égyptienne qui a abouti à la chute du régime du président Hosni Moubarak, soulignant que cette révolution est « la plus pure et la plus pacifique des révolutions » dont il a été témoin personnellement. Le leader d'Amal a relevé dans ce cadre qu'il tirait fierté du fait que lors de la récente révolution égyptienne, des milliers de chrétiens célébraient la messe à la place al-Tahrir pendant que dans le même temps, les musulmans récitaient la prière du vendredi au même endroit.
Signalons, par ailleurs, que M. Berry a conféré dans la journée d'hier avec l'ambassadrice de Grande-Bretagne, Mary Frances Guy, ainsi qu'avec la ministre de l'Intérieur de la Lettonie.


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