Rechercher
Rechercher

Liban - Éclairage

Une nouvelle suggestion : l’Intérieur à un joumblattiste

L'exécution d'Oussama Ben Laden dans son repaire du Pakistan par les forces spéciales US est un événement historique, mondial, qui a couvert les nouvelles des développements régionaux, principalement en Syrie. Non sans influer sur la crise ministérielle locale marquée par une nouvelle régression. En effet, selon des cadres du 8 Mars, l'on s'était rapproché d'une solution, et la formation devrait être annoncée cette semaine même. Mais les tiraillements au sein de la nouvelle majorité ont débordé le cas, déjà difficile de l'Intérieur, pour affecter la Santé, la Justice, l'Information et les Télécoms. Beaucoup de parties se disputent en effet ces ministères, dont certains sont, il faut bien le reconnaître, particulièrement juteux, ou intéressants en termes d'influence étatique. Le nœud principal reste cependant l'absolue détermination du général Michel Aoun de contrôler l'Intérieur, très probablement dans la perspective d'un bon score aux prochaines législatives de 2013 que ce département doit organiser. Le leader du CPL estime que ce ministère doit revenir à son groupe, qui est le plus important sur le plan chrétien au Parlement. Un de ses lieutenants souligne la légitimité de cette exigence, en avançant qu'il s'agit d'un droit élémentaire et non pas d'une quelconque forme de mendicité.
Mais retour à Ben Laden, dont la disparition, dramatique à souhait, marque tant les esprits. Les gouvernements occidentaux, surtout les Américains et les Européens, précisent que cet épisode est loin de représenter la fin de la guerre contre le terrorisme. Ils sont donc en quête des moyens à mettre en œuvre pour liquider el-Qaëda, en lui retirant le tapis sous les pieds. C'est-à-dire en la privant définitivement, face au monde islamique, des motivations dont elle s'arme pour combattre Washington. La voie à suivre, indiquent les dirigeants concernés, est toute tracée : encourager la mise en place, dans le monde oriental, de régimes démocratiques cultivant les libertés et la lutte contre la corruption. Pour œuvrer au développement harmonisé de leurs peuples, afin qu'ils puissent profiter des ressources de leurs pays, sans que cette richesse ne tombe aux mains des cliques dirigeantes.

La paix
Mais une telle évolution ne sera pas suffisante, au Moyen-Orient, si elle ne s'accompagne pas de progrès dans le processus de paix israélo-arabe. Les négociations en vue d'un règlement global équitable favorisant l'instauration de gouvernements modérés doivent donc reprendre. Loin des slogans de défi et d'affrontement, de part et d'autre. Pour ce qui est de la Syrie, nombre d'observateurs occidentaux estiment que les prochains jours pourraient être décisifs. Dans ce sens que les autorités se sont engagées à mettre un terme au phénomène des manifestations. Sans que l'on ne sache encore si c'est par la répression ou par de vraies réformes.
En tout cas, cette situation se répercute, selon un ministre, sur la crise ministérielle locale. Car, en raison des enjeux régionaux, des parties déterminées n'entendent plus faire de concessions, et préfèrent voir d'abord comment les choses vont se décanter à l'extérieur. C'est ainsi que le Hezbollah, qui reste muet sur les incidences locales, suit de près le tableau en Syrie et ses effets en Iran, dont ce parti est particulièrement proche. Selon des cadres de la nouvelle opposition, le Hezb tente de contrôler les importants départements sécuritaires, l'Intérieur et la Défense, via ses alliés, le général Michel Aoun et Sleimane Frangié. Le Hezb refuse, selon ces sources, que ces départements restent aux mains du chef de l'État. Sous prétexte qu'il devient essentiel, dans la phase agitée présente, de mieux garantir la fluidité, le bon état des relations entre la résistance et les forces publiques régulières, l'armée et les FSI. En s'en tenant à l'équation peuple-armée-résistance, pour mieux contrer la nouvelle opposition qui veut désarmer la milice. Toujours selon le même cadre souverainiste, le Hezb craint que les présidents Sleiman et Mikati ne profitent de concert, à ses dépens, des développements régionaux.
Cependant, un autre professionnel membre du 14 Mars indique que ce courant a décidé de ne tomber dans aucun piège de provocation. Il compte donc s'abstenir de faire du battage, derechef, autour de l'armement du Hezb. Et encore plus, ou encore moins, de se mêler de près ou de loin de ce qui se passe en Syrie, même sous forme de commentaires en passant. Les anciens loyalistes pensent qu'après la mort d'Oussama Ben Laden, les Américains vont accentuer leurs efforts pour la reprise des négociations de paix israélo-arabes avant septembre prochain.
Sur le plan ministériel, le désistement de Ziyad Baroud pour ce qui est de l'Intérieur semble faciliter les choses. Mais les cadres du 14 Mars restent sceptiques car ils sont persuadés que les composantes essentielles de la nouvelle majorité, tant le 8 Mars que les centristes, attendent de voir comment la situation va évoluer au-dehors. Surtout que ces fers de lance insistent pour un gouvernement de défi, servant l'axe syro-iranien, alors que les présidents Sleiman et Mikati veulent un gouvernement modéré, voire de technocrates, sinon d'entente.
Soutenus désormais par Walid Joumblatt. Et à ce propos, la dernière nouvelle est que ce leader centriste pourrait bénéficier d'un compromis confiant l'Intérieur à son propre parti. Avec l'approbation tacite du président Nabih Berry, qui ne cesse d'affirmer qu'il faut mettre un terme au clivage vertical opposant le 8 Mars et le 14 Mars, pour une ligne modérée. Il convient de signaler que l'octroi de l'Intérieur à un joumblattiste, fidèle d'un leader druze, signifierait que les postes-clés cesseraient d'être l'apanage des quatre premières communautés du pays, les sunnites, les chiites, les maronites et les orthodoxes. Pour une nouvelle formule de rotation des portefeuilles.
L'exécution d'Oussama Ben Laden dans son repaire du Pakistan par les forces spéciales US est un événement historique, mondial, qui a couvert les nouvelles des développements régionaux, principalement en Syrie. Non sans influer sur la crise ministérielle locale marquée par une nouvelle régression. En effet, selon des cadres du 8 Mars, l'on s'était rapproché d'une solution, et la formation devrait être annoncée cette semaine même. Mais les tiraillements au sein de la nouvelle majorité ont débordé le cas, déjà difficile de l'Intérieur, pour affecter la Santé, la Justice, l'Information et les Télécoms. Beaucoup de parties se disputent en effet ces ministères, dont certains sont, il faut bien le reconnaître, particulièrement juteux, ou intéressants en termes d'influence étatique. Le nœud principal reste cependant...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut