Dans ce contexte, l'appétit des acheteurs est mis à rude épreuve. Certains tergiversent, prennent leur temps, d'autres repoussent leur décision. L'inconnu politique freine les ardeurs de beaucoup. Pourtant, les demandes existent ; il y a toujours une clientèle à la recherche d'un logement. Mais il y a surtout des personnes à la recherche de bonnes affaires. Étant donné que les prix des appartements neufs sont relativement stables depuis presque deux ans, beaucoup veulent profiter de la conjoncture pour bénéficier de belles réductions. Aujourd'hui, les tarifs affichés sont sous pression. Afin de convaincre d'éventuels acheteurs à se décider rapidement, les propriétaires doivent accorder des escomptes. La fourchette varie aujourd'hui de 5 à 12 %. C'est le seul moyen actuellement pour faire bouger les choses. Dans des cas extrêmes, le prix demandé n'a plus aucune consistance puisque le propriétaire accorde tout de suite une baisse significative.
Toutefois, toutes les propriétés ne sont pas à la même enseigne. Les petits appartements sont très demandés et leur prix reste stable. Négocier n'est pas simple puisqu'il s'agit des biens les plus recherchés, tant à Beyrouth qu'en périphérie. Les clients attendent plus de flexibilité pour les produits haut de gamme et les grandes surfaces.
Sur le plan foncier, les propriétaires tentent en façade de faire de la résistance. Mais de nombreux terrains sont sur le marché et les prix demandés sont inchangés depuis plusieurs mois. Ils ne trouvent pas preneurs puisque l'évolution de la valeur des parcelles n'est plus justifiée par rapport à l'évolution des prix des appartements neufs. Si certains promoteurs sont en train de contrebalancer le coût de la terre en réduisant leur coût de construction, les plus grands promoteurs locaux ne peuvent se permettre ce type de stratégie. Leur réputation est en jeu. Dans ce cas, c'est le statut quo, et les transactions sont ainsi possibles uniquement sur une base cohérente.
Avec le secteur de la restauration, la demande pour des locaux commerciaux ne faiblit pas. Mais les professionnels ne sont pas prêts à payer le prix fort. Ainsi, de nombreuses boutiques du centre-ville resteront disponibles tant que leur loyer ne sera pas adéquat par rapport à leur rentabilité. Même constat rue Hamra. Bien que très demandés, plusieurs emplacements sont proposés à des prix injustifiés et sont vides depuis plus de 6 mois.
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