Car, curieusement, certains milieux ne voient pas les choses en noir et s'attendent à du nouveau du côté des deux Khalil, Ali Hassan Khalil et Ali Hussein Khalil, avec lesquels Nagib Mikati avait déjeuné il y a deux jours. L'appétit, au moins, ne perd pas ses droits.
Selon ces milieux, on s'achemine vers une formule de compromis qui serait celle du « moindre mal », selon ce qu'en laisse filtrer M. Mikati. Pour l'essentiel, ces milieux considéreraient qu'à l'ombre de ce qui se passe sur le plan régional, en particulier en Syrie, il serait de bon aloi de voir formé au Liban un cabinet où, visiblement, les communautés chiite et sunnite au Liban feraient preuve de coopération. Cette orientation aurait notamment été promue par le chef du PSP, Walid Joumblatt, qui souhaite que cette entente s'affiche face aux troubles qui marquent la vie en Syrie, et dont le Liban a senti pratiquement les effets hier, sous la forme d'un exode massif vers Wadi Khaled des habitants de Tell Kalkha, en Syrie.
Est-ce à dire que le chef de l'État aurait renoncé à exiger que le ministère de l'Intérieur lui revienne et soit attribué à Ziyad Baroud ? Les milieux présidentiels démentent catégoriquement de telles rumeurs, qui ont commencé à circuler hier. Au contraire, fait-on savoir en haut lieu, l'attribution de ces portefeuilles à des personnalités indépendantes et centristes s'impose plus que jamais auparavant, au vu des développements régionaux.
Les dossiers internes
Mais les dossiers internes ne sont pas moins urgents, et à ce niveau, l'absence de gouvernement prépare au Liban officiel des jours difficiles. En matière de constructions illégales, comme dans d'autres domaines, le prestige de l'État est battu en brèche et des situations irréversibles se créent.
C'est ainsi que remontent à la surface, dans l'argumentation des promoteurs de constructions illégales, l'impunité totale dont jouissent les propriétaires de complexes balnéaires construits sur des biens-fonds appartenant à l'État. Ces derniers invoquent aussi le principe de non-discrimination et disent accepter que leurs édifices soient éliminés, si tous les édifices en contravention le sont aussi.
Ces mouvements d'insubordination se multiplient d'ailleurs, comme le prouve le sit-in des habitants de Mansourieh ou encore, durant la soirée, l'accrochage qui s'est produit à Chiyah, au cours duquel des armes à feu ont été utilisées et la route coupée. Sans oublier la bombe de type Energa lancée à Tripoli dans un no man's land séparant Bab el-Tebbané et Baal Mohsen.
Sur le plan diplomatique, Najla Riachi Assaker, représentante du Liban auprès du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, fera aujourd'hui face à une situation analogue à celle de son homologue de New York, Nawaf Salam. Il lui faudra en effet s'opposer, peut-être à l'encontre de ses convictions intimes, au projet américano-européen de condamnation des pratiques répressives syriennes qui ont fait, jusqu'à présent, quelque 500 morts dans les rangs de la population civile.


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