Mourinho est visé pour son exclusion pendant le match et surtout pour ses « déclarations inappropriées », mots de l’UEFA, après la rencontre.Pedro Almestre/AFP
« Mou », sur un ton pourtant mesuré, a tenu des propos explosifs en conférence de presse, devant une assistance ahurie et à côté d'un porte-parole du Real qui ne savait pas où se mettre.
Un bombardement en règle : « Pourquoi il arrive toujours la même chose à chaque demi-finale (de Ligue des champions, avec les équipes qu'il entraîne, NDLR) ? Nous sommes en train de parler d'une équipe fantastique (le Barça). Je ne sais pas si c'est pour l'Unicef (le sponsor maillot du Barça), je ne sais pas si c'est le pouvoir de M. Villar (président de la Fédération espagnole de football) à l'UEFA. Je ne comprends pas. »
Et il ne s'est pas arrêté là : « Josep Guardiola est un entraîneur fantastique, mais il a gagné une Ligue des champions (en 2009) que j'aurais eu honte de gagner, avec le scandale de Stamford Bridge (contre Chelsea). Et s'il gagne cette année, ce sera avec le scandale du Bernabeu. J'espère qu'il gagnera un jour une Ligue des champions propre, sans scandale. »
Le président du Real Madrid Florentino Perez, qui tient à ce que le Real soit perçu comme un club de gentlemen, a dû bondir en écoutant la nouvelle diatribe de Mourinho.
Impassible
Succédant à Mourinho dans la salle de presse du stade madrilène, l'entraîneur du Barça a refusé de commenter les déclarations sulfureuses de son homologue portugais, exclu pour avoir applaudi l'arbitre (63e) et invité à s'installer dans les tribunes, derrière une grille et entouré par plusieurs membres de la sécurité.
« Rien » (à dire), « Je n'en ai aucune idée », s'est contenté de répondre Guardiola aux journalistes, qui ont pourtant tenté à plusieurs reprises de le faire réagir.
S'il avait répondu vivement à Mourinho la veille du match (« c'est le p... de chef, le p... de maître » de la salle de presse), Guardiola est cette fois resté impassible, sûr de lui, renforcé par la nette victoire (2-0) de son équipe.
Son club, par contre, a riposté dans la soirée, annonçant qu'il réfléchissait à une éventuelle plainte devant l'UEFA.
Effectivement, cette dernière a annoncé hier l'ouverture d'une procédure disciplinaire visant notamment les « déclarations inappropriées » de l'entraîneur madrilène José Mourinho.
La commission de discipline se penchera sur le dossier le vendredi 6 mai. Lors d'un premier examen par la commission de discipline, comme ce sera le cas vendredi prochain, les personnes incriminées (joueur, entraîneur ou dirigeant) ne sont pas convoquées et peuvent seulement envoyer des éléments de défense par écrit.
Le Real aussi visé
C'est au cours d'éventuelles procédures d'appel que les individus concernés peuvent se déplacer pour se défendre eux-mêmes, ou envoyer des conseils ou avocats pour se faire représenter.
Pour son exclusion en cours de match, il écope automatiquement d'un match de suspension pour la demi-finale retour à Barcelone mardi prochain. Cette suspension l'interdit de zone technique (vestiaires, couloirs, banc de touche) dès son arrivée au stade. Cette suspension le prive en théorie de tout contact avec ses joueurs pendant le match.
Que risque le technicien portugais pour ses propos ? La sanction est laissée à l'appréciation de la commission de discipline de l'UEFA, qui a le choix, selon l'article 15 de son règlement disciplinaire, dans son arsenal répressif, entre avertissement, réprimande, amende, suspension pour un nombre déterminé de matches ou pour une période non déterminée, voire suspension d'activité relative au football.
Le Real est aussi visé par la commission de discipline en tant que club organisateur de rencontre pour des lancers de projectiles pendant la rencontre et des intrusions sur le terrain. Le carton rouge de son joueur Pepe sera aussi examiné.
Barcelone est également visé pour le carton rouge infligé à José Pinto, gardien remplaçant.
(Source : agences)

