Officiellement, cette question a été évoquée en quelques mots hier par Christine Fages, porte-parole adjointe du Quai d'Orsay, qui a invité les diverses parties libanaises à s'entendre rapidement pour former un cabinet d'union nationale.
Mais au-delà de ces propos, des personnalités françaises proches du ministère français des Affaires étrangères estiment que le temps commence à être trop long pour le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, et que le sentiment français « oscille entre préoccupation et inquiétude », selon les termes employés par un ancien ministre.
Cette lecture de l'actualité libanaise est partagée par un parlementaire et un ambassadeur arabes à Paris, qui estiment que les événements au Proche-Orient, et en particulier en Syrie, pourraient permettre à Nagib Mikati d'entreprendre une sorte de « forcing » pour mettre sur pied une équipe ministérielle conforme aux convictions qu'il partage avec le chef de l'État, et que ce qui était « inacceptable » pour certaines parties libanaises avant les derniers développements en Syrie pourrait passer aujourd'hui.
A contrario, un politologue libanais basé en France exprime des craintes de voir ceux qui se montraient intraitables à l'égard de la formule Mikati-Sleiman se radicaliser davantage et adopter une position hostile par rapport au PM désigné. Ils pourraient même lui demander de se récuser.
Dans le concert des commentaires et sur la crise libanaise, d'aucuns estiment que les troubles en Syrie et dans d'autres pays de la région représentent une nouvelle distribution des cartes, et que le président désigné devrait reprendre son idée originale, à savoir la formation d'une équipe de taille moyenne composée de technocrates (dont certains seraient forcément liés à des groupements politiques) et de représentants des parties désireuses de participer directement au nouveau gouvernement.
Le dénominateur commun de toutes ces opinions est que M. Mikati évolue maintenant sur un terrain miné et qu'il devrait redoubler de vigilance et en même temps éviter de faire du surplace, le temps lui étant maintenant compté du fait des très importantes pressions socio-économiques.

