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Santé - Immunité

L’allergie à l’œuf, souvent de bonne évolution, n’empêche pas la vaccination

Des spécialistes réunis à Paris expliquent que les enfants souffrant d'une allergie aux œufs peuvent « en toute quiétude » recevoir un vaccin cultivé à l'œuf. Ils soulignent que des moyens existent pour « favoriser l'acquisition de tolérance chez la plupart des patients ».

Aucun vaccin, même s’il est cultivé sur l’œuf, n’est contre-indiqué pour les gens allergiques, estiment des allergologues réunis récemment à Paris. Photo pratique.fr

L'allergie à l'œuf, une des allergies alimentaires fréquentes chez l'enfant, connaît souvent une bonne évolution spontanée et n'empêche pas ceux qui continuent à en souffrir de recevoir des vaccins cultivés sur l'œuf, selon des spécialistes réunis récemment à Paris, dans le cadre du sixième congrès francophone d'allergologie.
Les spécialistes distinguent ainsi entre sensibilité et allergie. Ils expliquent que les allergies à l'œuf se manifestent généralement par de l'urticaire, des problèmes cutanés, un gonflement, des vomissements et douleurs abdominales et, au pire, un choc anaphylactique (chute de la pression artérielle, accélération du rythme cardiaque...) pouvant être gravissime.
Certains enfants sont allergiques à l'œuf seulement cru, d'autres à l'œuf sous toutes ses formes, souligne le Dr Avigael Benhamou, pédiatre et allergologue aux Hôpitaux universitaires de Genève. Le blanc d'œuf est la principale source d'allergènes tels que l'ovomucoïde, résistant à la chaleur, et l'ovalbumine.
« En général, dit-elle, le pronostic est favorable », mais il faut être patient. Selon une étude récente portant sur 881 personnes, la guérison survient spontanément chez 4 % des patients à l'âge de 4 ans, 12 % à 6 ans, 37 % à 10 ans et 68 % à 16 ans. Les autres étaient condamnés jusqu'à récemment à un régime strict d'éviction de l'œuf, jusqu'à guérison, ce qui était difficile à tenir. Aujourd'hui on induit une dose d'œuf progressive qui va « favoriser l'acquisition de tolérance chez la plupart des patients », explique pour sa part le Dr Delphine de Boissieu, pédiatre et allergologue à l'hôpital Necker.
Les protocoles sont multiples. Pour certains, « la première dose était préparée avec dix gouttes d'œuf battu, diluées dans 100 ml d'eau », et le patient recevait une goutte de la préparation, avec augmentation des doses tous les trois jours. « On arrivait à l'œuf entier au bout de 4 à 8 mois », dit le Dr de Boissieu.
D'autres ingèrent progressivement de la poudre d'œuf et, au bout d'un an, peuvent manger un demi-œuf. Mais l'allergie récidive si on n'en consomme pas régulièrement. D'autres encore ont un protocole plus soutenu, mais à l'hôpital.
À la suite de ces inductions, même si les enfants ne sont pas guéris, ils sont « à l'abri de l'accident » et « gagnent en qualité de vie », relève le Dr de Boissieu.
Enfin, aucun vaccin, même s'il est cultivé sur l'œuf, n'est contre-indiqué pour les gens allergiques, affirme le Dr Étienne Bidat, pédiatre à l'hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne.
Lors de l'épidémie de grippe H1N1, l'an dernier, il avait été recommandé aux personnes présentant une allergie à l'œuf de se faire vacciner à l'hôpital et avec des vaccins particuliers, cultivés non sur l'œuf, mais par division cellulaire.
« Du délire », selon le Dr Bidat, qui souligne que les vaccins « contiennent des quantités infimes d'œuf ou n'en contiennent pas ». Il note qu'il y a des accidents anaphylactiques pour tous les vaccins, « qu'ils contiennent ou non des traces de protéines d'œuf ».
Pour lui, on peut vacciner tout le monde « en toute quiétude », éventuellement « en deux ou trois fois » pour le vaccin contre la fièvre jaune qui contient plus d'ovalbumine que d'autres.
© AFP
L'allergie à l'œuf, une des allergies alimentaires fréquentes chez l'enfant, connaît souvent une bonne évolution spontanée et n'empêche pas ceux qui continuent à en souffrir de recevoir des vaccins cultivés sur l'œuf, selon des spécialistes réunis récemment à Paris, dans le cadre du sixième congrès francophone d'allergologie.Les spécialistes distinguent ainsi entre sensibilité et allergie. Ils expliquent que les allergies à l'œuf se manifestent généralement par de l'urticaire, des problèmes cutanés, un gonflement, des vomissements et douleurs abdominales et, au pire, un choc anaphylactique (chute de la pression artérielle, accélération du rythme cardiaque...) pouvant être gravissime.Certains enfants sont allergiques à l'œuf seulement cru, d'autres à l'œuf sous toutes ses formes, souligne le Dr Avigael...
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