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Rien n'a changé

Le 13 janvier 1986, le chef de l'État syrien Hafez el-Assad déclarait au président Amine Gemayel : « Vous me parlez du Liban, mais le Liban n'existe qu'en tant que mohafazat (département) de la Syrie. Si nous parlons officiellement du Liban, c'est seulement pour l'opinion mondiale. »
La question que se pose un grand nombre de Libanais aujourd'hui est celle-ci : le Liban existe-t-il toujours géographiquement et politiquement ? Sommes-nous ou serons-nous, avec toutes ces guerres régionales, devant un nouveau Sykes-Picot qui procèdera à un nouveau découpage ? Et comment le Liban pourra-t-il combattre le vide politique actuel : toujours pas de gouvernement, mais par contre toujours les mêmes conseils de l'Occident comme en 1975 ? Une chose est sûre : si la guerre éclatait demain, ce ne serait pas une surprise. Tous les ingrédients pour le déclenchement d'un conflit sont encore là : les partis qui ont mené la guerre civile sont encore au pouvoir, les tensions religieuses surtout depuis le début de l'année sont là, l'ingérence étrangère aussi. Les camps palestiniens, tout comme les partis libanais, possèdent des armes et, fait nouveau, certains prisonniers sont armés et équipés de téléphones mobiles. Nos dirigeants sont les mêmes, c'est-à-dire les anciens seigneurs de guerre. On est loin de ce match de foot, tout symbolique il est vrai, que nos députés avaient disputé à la veille du 13 avril, l'année passée, et qui était censé montrer l'union du pays. Pas de nouvelle mascarade cette année et, en un sens, ce n'est que tant mieux. Depuis longtemps, ils ont l'impression que c'est d'eux que les politiciens se jouent.

Antoine SABBAGHA

Éviter l'engrenage

Peut-on concevoir un pays fonctionnant sans gouvernement ? Tel est bien notre cas actuellement, en raison des polémiques sur la répartition des maroquins censée être appliquée suivant les normes de notre Constitution. Il serait donc sage de la part de notre nouveau chef de gouvernement désigné, M. Mikati, un homme à la hauteur de ses responsabilités, de ne plus se sentir écartelé entre les deux camps du 14 et du 8 Mars. Il doit réagir avec l'aval du président de la République pour former au plus vite ce nouveau gouvernement (que nous voulons équitablement représentatif), sans se laisser influencer par les pressions et les conditions des partis présents de la scène politique. Ce retard n'est guère en notre faveur car notre pays, déjà fragilisé sur le plan interne, ne pourra plus faire face à l'écroulement de ses institutions. D'autant plus que nous sommes susceptibles d'être déstabilisés à notre tour au vu des soulèvements actuels dans les pays qui nous entourent, au nom de la démocratie et de la liberté. Relevons ces défis, et évitons de nous retrouver dans un engrenage d'où il nous sera difficile de sortir.

Hilda DADOURIAN

Vu ou perçu

Geo Magazine a publié un sondage où sont mis en parallèle les pays tel que vus par eux-mêmes, de l'intérieur, et tel que perçus par les étrangers, de l extérieur. La Chine a été classée première dans ce concours de la plus grosse tête, mais son estime supérieure de soi est paraît-il justifiée par le grand progrès observé ces dernières années dans le niveau de vie des Chinois.
Il serait peut-être intéressant d'appliquer ce sondage à nos hommes politiques, en comparant comment ils se voient et comment ils sont eux-mêmes perçus par les citoyens. Nous pourrons ainsi octroyer l'oscar de la grosse tête à qui de droit, les nominés étant à mon avis nombreux. Mais le trophée ira à... Remplissez le vide et renvoyez-le nous : vous pourrez ainsi, avec un peu de chance, aider M. Mikati à former son gouvernement.
Dolly TALHAMÉ

Rien n'a changéLe 13 janvier 1986, le chef de l'État syrien Hafez el-Assad déclarait au président Amine Gemayel : « Vous me parlez du Liban, mais le Liban n'existe qu'en tant que mohafazat (département) de la Syrie. Si nous parlons officiellement du Liban, c'est seulement pour l'opinion mondiale. » La question que se pose un grand nombre de Libanais aujourd'hui est celle-ci : le Liban existe-t-il toujours géographiquement et politiquement ? Sommes-nous ou serons-nous, avec toutes ces guerres régionales, devant un nouveau Sykes-Picot qui procèdera à un nouveau découpage ? Et comment le Liban pourra-t-il combattre le vide politique actuel : toujours pas de gouvernement, mais par contre toujours les mêmes conseils de l'Occident comme en 1975 ? Une chose est sûre : si la guerre éclatait demain, ce ne serait pas une...
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