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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Toxic Affair

On croyait tout savoir, les addictions et autres dépendances. On a longtemps pensé qu'il suffisait de cocher quelques petites cases dans le DSM4 pour appartenir (ou pas) à une de ces catégories. On a cherché des explications. On en a trouvé. Pour les toxicomanes, les alcooliques et tous les accros au tabac, aux somnifères ou aux antidépresseurs. On n'a pas besoin d'être bardé d'un diplôme en psychiatrie pour savoir de nos jours quels sont les produits auxquels nous pouvons être dépendants. Le problème n'est pas tant ces substances licites ou illicites (la définition est géniale: qui est défendue par la morale ou par la loi). Le tabac, l'alcool ou les différentes drogues, dont on nous a toujours répété qu'elles étaient dangereuses. Le problème, ce sont tous les autres. Ces petits riens dont nous sommes devenus dépendants, comme ça, pernicieusement, vicieusement. On nous donne régulièrement quelques petits conseils contre leurs effets néfastes mais, franchement, qui en prend compte?
Qui, déjà, pourra avouer être accro à son ordi, à son téléphone, à son iPad, à son BBM, à la télé, au Nutella, au sucre, au sport, au bio, au café ? Pour ça, on s'est bien gardé de nous dire qu'on pouvait rester scotché des heures devant un jeu ou une série, se réveiller la nuit pour manger cinq cuillères de Nutella ou avoir les doigts greffés en permanence sur le clavier de son Blackberry (les antisociaux collés à leur BB, c'est insupportable). Alors oui, on décrypte fréquemment dans les émissions télé les phénomènes du genre: elle est accro à la chirurgie esthétique, il est dépendant au sport, c'est une folle du shopping. Sauf qu'il n'y a nulle part la mention : «peut nuire à votre santé (mentale)» - sur aucun sac ou paire de chaussures, ni sur le download d'Angry Birds ni sur un flacon de Botox©. On nous conseille vivement de ne pas manger gras, de bouger et d'ingurgiter cinq fruits et légumes par jour. Ah ben oui, attention aux burgers et au Coca, aux frites et aux pizzas, aux nuggets et aux bonbons bourrés de colorants. Faut pas abuser de junk food. Mais être un junkie d'Angry Birds ou de Fruit Ninja, c'est permis. Vous ne connaissez pas ces jeux totalement «addictifs»? Vous n'avez jamais vu un type vissé sur son iPad, son iPhone, son Mac, son Android, bref sur n'importe quel support, en train de faire glisser son doigt comme un demeuré pour faire exploser des fruits ou tuer de vilains petits cochons verts? Impossible de le faire décrocher. Les jeux du iPad sont aux années 2010 ce que Tétris et Mario Bros ont été aux années 90. Des jeux de fous où l'on restait des heures et des heures à former les meilleures compositions de petits cubes. À tel point qu'une fois les yeux fermés, on voyait des L descendre sur des T, puis sur des cubes. Terrible. Comme toutes les addictions. Puis on passe à autre chose. On devient fan d'un chanteur. On colle ses posters partout, on cite ses «statements», on l'écoute en boucle, on le tweet (wlak Twitter) 153 fois par jour... Puis on passe encore à autre chose. Au shopping par exemple. Achat compulsif. «Je veux toute la collection.» Les frénétiques de la dépense grouillent dans les rues beyrouthines. On achète, on achète, on achète. Comme ça, on a tout. Accro(ché) au cintre. Les chaussures, les sacs et tout le reste. Vogue et L'Officiel sous le bras. De véritables addicts. Des victimes de la mode... On a quasiment tous des addictions. Dont on essaye de décrocher, avec ou sans sevrage. Le poker, le 14, le bridge, la moto, le Net (wlo Internet), les bonbons Tictac, les mondanités, le regard des autres, les cartomanciennes, les sorties, le téléphone, le sexe, Facebook, le travail (les workaholics, comme on les appelle). Pour certaines de ces dépendances, il y a des centres, des cures, des soins, des théories, des thèses. Pour d'autres, elles sont en cours. Pour le reste, on peut attendre. Parce qu'on aura beau nous expliquer que manger du chocolat, c'est pour combler un manque de douceur, que faire du sport à outrance, c'est pour faire exulter le corps, que les jeux vidéo sont des substituts de je-ne-sais-quoi, que Facebook, c'est vivre par procuration... on n'arrive toujours pas à arrêter le Nutella. Impossible de décrocher.
Et puis, vaut mieux être accro qu'être à cran.
On croyait tout savoir, les addictions et autres dépendances. On a longtemps pensé qu'il suffisait de cocher quelques petites cases dans le DSM4 pour appartenir (ou pas) à une de ces catégories. On a cherché des explications. On en a trouvé. Pour les toxicomanes, les alcooliques et tous les accros au tabac, aux somnifères ou aux antidépresseurs. On n'a pas besoin d'être bardé d'un diplôme en psychiatrie pour savoir de nos jours quels sont les produits auxquels nous pouvons être dépendants. Le problème n'est pas tant ces substances licites ou illicites (la définition est géniale: qui est défendue par la morale ou par la loi). Le tabac, l'alcool ou les différentes drogues, dont on nous a toujours répété qu'elles étaient dangereuses. Le problème, ce sont tous les autres. Ces petits riens dont nous sommes devenus...
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