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Nos lecteurs ont la parole

Grand coup de torchon

Par Émile SFEIR
Depuis l'indépendance en 1943 jusqu'à nos jours, le Liban vit dans un climat d'instabilité politique et de crises économiques répétées et rythmées : 1943, 1952, 1967, 1975, 1990, 2005 jusqu'à nos jours... Ces turbulences se succèdent et n'en finissent pas, empêchant le Liban de promouvoir et d'exploiter ses richesses et ses possibilités dans tous les domaines, notamment culturel, touristique, économique et médical. Au fil des années, ces crises ont suscité chez les Libanais dégoût et répugnance et les ont poussés à faire des choix difficiles, cherchant l'exil vers des horizons plus cléments pour certains, pour les autres, les indépendants et donc les plus nombreux, le silence, en attendant des jours meilleurs. Reste la caste politique qui, elle, n'a pas froid aux yeux et n'hésite pas à aller mendier des appuis extérieurs dans le but de servir ses propres stratégies et ses intérêts au détriment des intérêts de la patrie.
Nous qui avons vécu et vivons encore ces périodes pénibles, nous n'avons jamais connu une période de paix et nous n'avons jamais pu donner le gros de nos capacités. Au contraire, nous avons toujours vécu stressés, le regard fixé sur un avenir sombre et incertain.
Mais en revenant à nous-mêmes, en faisant notre autocritique, nous nous apercevons que c'est nous, les chrétiens, qui sommes en fin de compte les plus responsables de ces prises de position contradictoires, qui nous opposent les uns aux autres et qui finalement se répercutent mortellement sur ce pauvre Liban. C'est nous qui, au lieu d'être la crème de la société et de donner l'exemple de notre cohésion, de notre neutralité et de notre entente sur la stratégie à suivre sur le chemin de la stabilité et de la paix, nous trouvons à l'origine de ces épreuves et de ces discordes que connaît le pays.
Nous en avons assez de rester tributaires de ce passé odieux et de nous enliser davantage dans cet état déchiré et déshonorant que vit notre communauté. Nous en avons assez de ces vociférations, de ces discours hargneux, de cet étalage de faux courage et de cette vraie hypocrisie, de ces commentaires et analyses vides de sens.
Revenez donc à vos racines, à votre vraie identité chrétienne... Laissez-nous vivre des jours heureux. Dans une même famille et entre deux frères ennemis, pour vivre heureux, il faut avoir cette faculté qui est l'oubli et cette grande vertu qui est le pardon. Oui, malgré tout, nous voulons oublier, nous voulons pardonner, nous voulons ressouder notre communauté maronite.
Oui, nous réclamons un grand coup de torchon sur tout le passé pour donner ainsi à notre communauté l'espoir de renaître dans l'entente, l'honneur et le bonheur.
Depuis l'indépendance en 1943 jusqu'à nos jours, le Liban vit dans un climat d'instabilité politique et de crises économiques répétées et rythmées : 1943, 1952, 1967, 1975, 1990, 2005 jusqu'à nos jours... Ces turbulences se succèdent et n'en finissent pas, empêchant le Liban de promouvoir et d'exploiter ses richesses et ses possibilités dans tous les domaines, notamment culturel, touristique, économique et médical. Au fil des années, ces crises ont suscité chez les Libanais dégoût et répugnance et les ont poussés à faire des choix difficiles, cherchant l'exil vers des horizons plus cléments pour certains, pour les autres, les indépendants et donc les plus nombreux, le silence, en attendant des jours meilleurs. Reste la caste politique qui, elle, n'a pas froid aux yeux et n'hésite pas à aller mendier des appuis...
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