La rencontre, ratée, d’un jeune homme et de la ville
Il y a toujours à boire et à manger dans la foulée de spectacles d'un festival. Et Bipod, avec sa ronde de la danse, n'en fait pas exception. La preuve, cette « Homma » (Fièvre), signée et interprétée par l'Égyptien Mohammad Shafik. Une rencontre, ratée, entre un jeune homme et la ville. Un tendre dans un monde de brutes, mais où la danse reste un message inerte et qui ne passe pas.
Symbolisme sans grande émotion pour des gestes déjà sans vie. (Hassan Assal)
Solo de danse pour un homme au théâtre Babel, à 22 heures. Quelques fidèles des pirouettes pour cet hymne à la ville, sur un mode grinçant et inutilement ampoulé. Une scène nue, avec un pot de fleurs. Surgit un jeune homme taillé en colosse, barbu, cheveux noirs annelés, espadrilles aux pieds et jeans vaguement buggy pour une chemise-tee-shirt bleue... Ce jeune homme est statufié et porte une gerbe de fleurs. En bruits de fond, des klaxons, le «tuf-tuf» des tramways et la vaine agitation des villes et, par la suite, un chant baroque d'une soprane. Des villes encombrées de vies, mais où la solitude est intense. Chacun porte-t-il sa ville, sa cité, dans son cœur, dans ses artères, dans ses gestes, dans son inconscient, dans ses préoccupations ? C'est l'interrogation que semble poser ce danseur au corps superbe et immense, mais au talent de danser minime. En se vautrant devant les feux de la rampe et se contorsionnant sur le sol, la douleur et la perdition des villes ne prennent ni ampleur ni demesure. Mais au contraire, cette reptation artificielle ne fait que gagner l'ennui et l'agacement du spectateur. Et pour un peu plus de piquant, petit effeuillage de la chemise et enroulement de bandelettes (puisées aux genoux!) sur un torse nu pour accrocher des fleurs emphatiquement arrachées au pot. Symbolisme sans grande émotion pour des gestes déjà sans vie. Et c'est muni d'une lampe allumée que le jeune danseur, en vrai spéléologue, explore le ventre de sa ville, comme une descente aux coins d'ombres les plus sombres. Vêtu d'un manteau et d'un chapeau de clochard, après avoir fait éclater sa lampe comme un ballon sous son pied, Mohammad Shafik vient tirer la révérence au public. Qui comprend alors que c'est la fin de ce spectacle si mal conçu et où il n'y a rien à voir. Expérimental, peut-être, mais alors là, c'est lui donner trop de crédit.
Solo de danse pour un homme au théâtre Babel, à 22 heures. Quelques fidèles des pirouettes pour cet hymne à la ville, sur un mode grinçant et inutilement ampoulé. Une scène nue, avec un pot de fleurs. Surgit un jeune homme taillé en colosse, barbu, cheveux noirs annelés, espadrilles aux pieds et jeans vaguement buggy pour une chemise-tee-shirt bleue... Ce jeune homme est statufié et porte une gerbe de fleurs.En bruits de fond, des klaxons, le «tuf-tuf» des tramways et la vaine agitation des villes et, par la suite, un chant baroque d'une soprane.Des villes encombrées de vies, mais où la solitude est intense. Chacun porte-t-il sa ville, sa cité, dans son cœur, dans ses artères, dans ses gestes, dans son inconscient, dans ses préoccupations ? C'est l'interrogation que semble poser ce danseur au corps superbe et immense,...
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