Il a également évoqué le reproche de ne pas inviter l'Assemblée à légiférer, une séance de cette sorte ne nécessitant pas la présence d'un gouvernement. Ainsi que les critiques qui lui sont adressées à cause du fait qu'il ne monte guère au créneau pour défendre la dignité des membres du Parlement qu'il dirige. Cela à la suite des accusations syriennes lancées contre le député Jamal Jarrah, membre du Courant du futur. Le président Berry a enfin mentionné l'affaire des constructions illicites, des mainmises sur les biens publics et des agressions contre les FSI qui tentent de réprimer ces infractions. Sur le tout, le président Berry a lancé une attaque contre le Courant du futur et, sans le nommer, contre le chef du gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes. En affirmant que ses réactions au sujet du cas Jarrah ainsi que sur le reste des problèmes de l'heure débordent le cadre légal et qu'il devrait se référer plutôt aux dispositions de la Constitution.
Là où, selon les observateurs, le chef du législatif a lui-même débordé le cadre légal c'est quand il a pris ouvertement la défense, à titre de compassion humaine, des Sudistes qui spolient les biens publics, pour y édifier des constructions illicites. Des gens qui assurent exercer ainsi un droit légitime, puisque la terre est la propriété de l'État dont ils sont les enfants (sic !). Des gens qui assurent qu'ils ont le droit de se placer au-dessus de la loi car ils restent des « déshérités ». Ce qui ne les prive visiblement, notent des souverainistes, d'une force leur permettant de défier la loi. Mais aussi leurs leaderships politiques, le mouvement Amal et le Hezbollah, qui affirment qu'ils sont pour l'application de la loi.
La loi du plus fort
Encore que, observent les souverainistes, le Hezbollah se permet d'interdire la vente d'alcool à Nabatiyeh, alors que les débits concernés disposent de patentes en bonne et due forme légale. Ils ajoutent qu'en tant que force de fait accompli dominante au Sud, ou dans la banlieue sud de Beyrouth, le Hezbollah est tout à fait en mesure de rendre ses actes conformes à sa parole, en interdisant, et en éliminant les spoliations de terrains publics et les constructions illicites. Ce qu'il se garde de faire.
En fait, son attitude laisse craindre qu'un jour il ordonne, à des fins politiques, un vaste mouvement d'insubordination civique. Il en menacerait, le cas échéant, le gouvernement à venir. D'autant plus facilement que la vague d'infractions foncières ou immobilières au Sud et dans la banlieue sud ne peut pas être une simple accumulation d'incidents isolés. Mais le produit manifeste d'un plan, conçu par une organisation déterminée, appliqué méthodiquement depuis des années. Il est évident que si les leaderships politiques de la région ne sont pas capables de ramener l'ordre, ils auraient pu au moins aider les forces de sécurité dans leur tâche, en les protégeant de toute agression. Ce qui n'est pas du tout le cas. Et ces formations ne prennent même pas la peine de critiquer les agresseurs et encore moins de les dénoncer.
L'opposition estime que les secousses qui se succèdent depuis Roumieh relèvent d'un projet de discorde visant à mettre l'État et ses services dans l'embarras. Sans quoi, le mouvement Amal et le Hezbollah auraient veillé à gommer les infractions perpétrées par des groupes ou des particuliers relevant de leur obédience, de leur mouvance politique. Et à prévenir des agressions, des jets de pierres notamment, souvent confiées à des femmes pour éroder la réaction des agents de l'ordre.
Les opposants observent que l'État ne possède que de l'or, des bâtiments et des terrains. Ils rappellent que le président Hussein Husseini avait fait voter, quand il dirigeait la Chambre, une loi interdisant que l'on bazarde l'or public. De même, il faut appliquer les lois protégeant les terrains publics, patrimoine important en termes de superficies. Avec l'indispensable concours actif des forces de terrain, justement, Amal et le Hezbollah. Le président Berry, concluent-ils, ne devrait pas se contenter de proclamer son appui à la légalité, mais de faire forger, dans ce cadre même, des dispositions requalifiant en crime pénal, et non plus en délit, les atteintes aux biens publics.


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