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Liban - Négociations

Gouvernement : Aoun accepterait un lot de 10 ministres sur 30

Des progrès ont, semble-t-il, été enregistrés hier soir sur le plan des tractations en vue de la formation du gouvernement, mais rien n'indiquait encore que celle-ci serait imminente.
Le chef du CPL, le général Michel Aoun, aurait accepté de réviser ses demandes à la baisse, apprenait-on hier soir de source bien informée. Au lieu des douze ministères sur trente réclamés jusqu'ici, il ne s'opposerait plus à ce qu'on donne dix à son bloc qui, outre le CPL et les apparentés, comprend aussi les Marada et le Tachnag.
Rabieh serait aussi d'accord pour se voir attribuer deux ministères d'État (sans portefeuilles) sur les dix ministères promis.
Un ministère - on ne sait pas encore lequel - serait attribué au député Talal Arslane. Ce dernier avait réclamé un portefeuille régalien pour lui-même et était allé jusqu'à menacer de refuser son investiture au gouvernement si on lui attribuait un ministère « non essentiel », rappelle-t-on.
L'alliance Amal-Hezbollah-PSNS se contenterait, pour sa part, de six postes (trois pour Amal, deux pour le Hezbollah et un pour le PSNS), le Baas étant, semble-t-il, exclu de l'affaire alors même qu'il avait réclamé un ministère.
Toujours au sein du 8 Mars proprement dit, l'ex-opposition sunnite se verrait attribuer un ministère. Il s'agit ici d'une concession du Premier ministre désigné, Nagib Mikati, au Hezbollah, qui avait insisté pour que ses alliés sunnites soient représentés au sein du cabinet.
Toutefois, cette concession importante, mais néanmoins symbolique, est plus que largement contrebalancée par le fait que le trio « centriste » formé du président de la République, Michel Sleiman, de M. Mikati et du chef du PSP, Walid Joumblatt, se verrait formellement doté du tiers de blocage (11 ministères). Si ces informations se confirment, cela veut dire que le Hezbollah - et le général Aoun - ont finalement abandonné l'idée d'un contrôle intégral de leur part sur le cabinet. D'autant qu'il reste encore un ministère, attribuable à la communauté grecque-catholique, devant revenir à une personnalité indépendante.
Pour ce qui est du nœud du ministère de l'Intérieur, objet de tiraillements entre Rabieh et Baabda, une chose paraît acquise pour le moment : le ministre sortant, Ziyad Baroud, semble devoir faire les frais d'abord de la campagne menée contre lui, tambour battant, par le camp orange et puis de l'apothéose des incidents de la prison de Roumieh.
La formule que l'on retiendrait pour le moment consiste à ce que le président Sleiman nomme le futur titulaire de l'Intérieur, ce dernier devant toutefois recevoir l'aval du général Aoun et des autres parties.
Voilà où l'on en était hier soir, à la suite de nouvelles sessions de négociations entre les désormais habituels go-between, les deux Khalil (Ali Hassan pour Amal et Hussein pour le Hezbollah), auxquels il convient d'adjoindre le ministre sortant de l'Énergie, Gebran Bassil, et M. Mikati.
Même à supposer que cette mouture soit définitive, cela ne signifie aucunement que la mise en place du cabinet soit imminente, car il restera encore à s'entendre sur les noms et la répartition des portefeuilles. De nouvelles difficultés pourraient, en effet, apparaître dans ce processus.

Mikati justifie sa prudence
Dans l'attente de pouvoir livrer son gouvernement, le Premier ministre désigné s'est efforcé hier de justifier l'extrême prudence de son approche, en affirmant vouloir fuir les polémiques, aider à maintenir la stabilité dans le pays et coller le plus possible à la Constitution.
« Depuis ma désignation et jusqu'à cet instant, je tiens à éviter d'entrer dans des polémiques avec une quelconque partie, parce que les Libanais en ont assez des polémiques et veulent des actes », a ainsi déclaré M. Mikati lors d'un colloque à l'hôtel Le Bristol.
Très explicite sur son absence de prises de position tranchées, il a dit : « Je préfère aussi rester souple dans mes positions car il existe un intérêt national supérieur et je ne voudrais ni être l'otage d'une prise de position déterminée ni décevoir les attentes des Libanais en trop haussant la barre. »
« Trois constantes m'ont poussé à accepter ma désignation », a-t-il souligné : « Empêcher la discorde, préserver la stabilité du pays et me fonder sur la Constitution comme base de toute décision que je prends. »
Répliquant à ses critiques au sein de la nouvelle majorité, il a dit : « Certains me reprochent, lorsque j'utilise le mot Constitution, de ne parler qu'en ma qualité de sunnite. Il se trouve toutefois que, dans le système politique en vigueur, ce poste (la présidence du Conseil) est confié à la communauté sunnite et je suis censé moi-même préserver cette instance et ses prérogatives, car j'en suis responsable. »
« Je fais aussi partie de ceux qui sont le plus convaincus de la nécessité de préserver la position de la présidence de la République et de donner à celle-ci son rôle entier tel que prévu par Taëf », a-t-il ajouté.
Pour M. Mikati, la Constitution donne au chef de l'État « un rôle fondamental, mais c'est par la pratique politique que l'on marginalisait ce rôle jusqu'ici ». « Et je ne suis pas d'accord avec ceux qui affirment que le rôle présidentiel se limite uniquement à la formation du gouvernement. Je crois qu'il nous faut consolider ce rôle, car le chef de l'État a un avis pertinent sur tous les sujets », a-t-il dit.
« Certains se demandent pourquoi ne pas former un gouvernement de compétences et ne pas mettre ainsi tout le monde devant ses responsabilités. Ma réponse est que nous tentons de régler les problèmes dont souffre le Liban, pas de les aggraver », a encore déclaré M. Mikati, suggérant à mots couverts qu'il n'avait pas l'intention de provoquer une crise avec la majorité qui l'a nommé. « Je veux préserver la Constitution, mais aussi la patrie. À quoi cela servirait-il de sauver la première en perdant la seconde ? » a-t-il fait remarquer à cet égard.
Le chef du CPL, le général Michel Aoun, aurait accepté de réviser ses demandes à la baisse, apprenait-on hier soir de source bien informée. Au lieu des douze ministères sur trente réclamés jusqu'ici, il ne s'opposerait plus à ce qu'on donne dix à son bloc qui, outre le CPL et les apparentés, comprend aussi les Marada et le Tachnag.Rabieh serait aussi d'accord pour se voir attribuer deux ministères d'État (sans portefeuilles) sur les dix ministères promis.Un ministère - on ne sait pas encore lequel - serait attribué au député Talal Arslane. Ce dernier avait réclamé un portefeuille régalien pour lui-même et était allé jusqu'à menacer de refuser son investiture au gouvernement si on lui attribuait un ministère « non essentiel », rappelle-t-on.L'alliance Amal-Hezbollah-PSNS se contenterait, pour sa part, de six...
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