Aoun : Les conditions pour la formation du gouvernement ne sont pas réunies.
À l'issue d'un entretien avec Fayçal Karamé, Aoun a ainsi affirmé que les conditions pour la formation du gouvernement ne sont pas réunies. Il a ajouté qu'il n'est pas las de cette situation, affirmant que Mikati peut prendre tout son temps, lui et son camp ne fixant aucun délai. Aoun a encore affirmé qu'il n'a pas d'exigences, mais des droits, assurant qu'il ne pourrait y renoncer que s'il était sûr « qu'aucune autre contre-force ne se formerait ». Tout en annonçant qu'il parlera longuement du gouvernement après les fêtes de Pâques, il a commenté l'attachement du chef de l'État aux portefeuilles sécuritaires en déclarant : « Les droits ne sont pas à chercher dans les opinions, mais dans les textes. Je respecte les textes, mais ce sont eux qui cherchent à me priver de mes droits légitimes. »
De son côté, le député Hikmat Dib a critiqué « le manque de transparence du Premier ministre désigné et son approche obscure ». Dib a encore affirmé que rien n'a encore été proposé au CPL, ni sur le plan de la forme ni sur celui du poids. En réponse à une question, Dib a toutefois estimé que la démission de Mikati ne constitue pas une solution.
Neemtallah Abi Nasr a été plus apaisant, estimant que Mikati est encore dans les délais acceptables, ajoutant qu'il faut avoir de la patience et qu'il vaut mieux être prudent plutôt que de commettre des erreurs. Abi Nasr a encore estimé que les Libanais doivent prendre leur sort en main, d'autant que les pays voisins sont occupés par leurs développements internes.
Naji Gharios a défendu le Bloc du changement de la réforme en déclarant : « On nous demande aujourd'hui d'arrondir les angles. Quand ne l'avons-nous pas fait ? » Il s'est ensuite demandé pourquoi donner au président Sleiman deux ministres, alors qu'il en a 30. Gharios a encore souhaité que le Premier ministre désigné ne cherche pas à profiter de certaines lacunes dans la Constitution qu'il faudrait corriger.
Ziyad Assouad a été plus critique, accusant le Premier ministre Mikati d'être le seul responsable du retard dans la formation du gouvernement, ajoutant que le flou total entoure le processus de formation du gouvernement depuis le début. Assouad a ajouté que la position du président Sleiman rejoint celle du Premier ministre Mikati car tous les deux, selon lui, n'ont pas adopté de position ferme. Il a finalement réclamé « plus de sérieux et de crédibilité dans la façon de traiter avec les blocs politiques ».
Enfin, Fadi Aouar a estimé que si Mikati veut un nouveau délai, il doit aussi en donner les raisons aux Libanais. « Qu'il prenne son temps, mais qu'il dise pourquoi il doit le faire », a déclaré le député, qui a précisé qu'en réalité, selon lui, ce retard est dû à un agenda extérieur qui exerce des pressions sur Mikati, avant de conclure en réitérant le soutien de son bloc au Premier ministre désigné.


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