Le patriarche Béchara Raï concélébrant l’office religieux sur l’autel de la Cathedra de la Basilique Vaticane, avec le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la congrégation des Églises orientales. Photo Émile Eid
L'homélie de cette messe de double communion a été prononcée par le cardinal Sandri, qui a offert cet office si spécial « pour la liberté et la paix au Liban et au Moyen-Orient ». Un Moyen-Orient dont il a discrètement souligné les « incertitudes » actuelles.
Évoquant l'image du Bon Pasteur « qui donne sa vie pour ses brebis », le cardinal Sandri a rappelé qu'en un sens, et à l'image du Christ son Maître, « pour qu'il puisse le faire, il faut qu'il soit d'abord conduit à la boucherie ».
À l'issue de la messe, suivie avec attention par les Libanais venus pour l'occasion, le patriarche Raï a remercié le pape et le cardinal Sandri, et formellement affirmé sa foi catholique en union avec le Saint-Siège.
Aux fidèles de toutes les communautés présents, le patriarche a affirmé : « Vous tous les Libanais, chrétiens et musulmans venus de plus d'un pays, qui avez représenté vos Églises et vos communautés musulmanes, sunnites, chiites et druzes, vous les blocs parlementaires, les partis et les courants politiques, vous avez complété par votre présence, couronnée par celle du représentant du chef de l'État et par les ministres et députés représentant le gouvernement et le Parlement, la beauté de ces rencontres. »
Le patriarche a également remercié les institutions maronites qui ont œuvré à l'extraordinaire succès de la semaine : la Ligue maronite, la Fondation maronite dans le monde, le Conseil central maronite et la Fondation patriarche Doueihy.
Ainsi s'achève une semaine de contacts, de réunions de travail et de réceptions au cours de laquelle le nouveau patriarche a été introduit dans ses nouvelles charges, tant sur le plan ecclésial que sur le plan diplomatique et politique. Le patriarche Raï sera de retour aujourd'hui au Liban, avec à son agenda une rencontre chrétienne restreinte, mardi, au siège patriarcal.
Le communiqué de Rome
À cet égard, le patriarche revient de Rome avec un document intitulé « Communiqué de Rome », qui l'aidera dans sa tâche. Il s'agit d'une petite note significative établie jeudi, au terme d'une réunion au Collège maronite, des représentants des divers blocs, courants et partis venus participer aux cérémonies de Rome.
Dans cette note, quatre constantes sont établies :
1 - La réaffirmation du patriarcat maronite comme instance de référence dans la préservation de l'unité nationale, dans le cadre de constantes acceptées par tous les Libanais, en particulier : le bien des Libanais et leurs droits fondamentaux ; leur droit à vivre dignement dans leur patrie, sans souffrir d'aucune discrimination d'ordre politique ou confessionnel ; la confrontation démocratique des choix politiques ; le dialogue sincère et responsable sur le plan de l'entente interne et la consultation des autres en ce qui concerne les choix fondamentaux ; l'action soutenue pour le bien public et la justice sociale ; le respect des institutions constitutionnelles ; l'engagement sincère à s'y référer et à éviter tout ce qui peut en paralyser le fonctionnement, quels qu'en soient les motifs ou les justifications.
2 - L'engagement à observer les principes de l'Exhortation apostolique « Une espérance pour le Liban » saluée par tous les Libanais, ainsi que les principes inscrits dans la Charte de l'action politique à la lumière de l'enseignement de l'Église et de la spécificité du Liban, ainsi que les principes dégagés par le synode patriarcal maronite.
3 - La reconnaissance par tous les camps de leurs erreurs, qu'elles soient volontaires ou involontaires, et l'instauration d'une nouvelle phase de coopération et de solidarité. L'ouverture à venir d'un dialogue franc et courageux, sans tenter de camoufler la véritable raison qui empêche la mise en œuvre des constantes et principes nationaux.
4 - L'appel à la formation d'un nouveau gouvernement au plus tôt, au pourvoi aux postes vacants dans l'administration et la consolidation des positions et du rôle de l'État face aux vents de changements qui soufflent sur la région.


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