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Économie - Liban - Interview

L’AFD, symbole de la coopération libano-française

Cela fait 11 ans que l'Agence française de développement (AFD) œuvre en faveur du développement socio-économique au Liban. Avec un montant cumulé de 1,09 milliard d'euros d'aides accordées au pays du Cèdre depuis 1999, l'AFD croit ferme en la dynamique de développement du Liban, à condition toutefois que « de nécessaires impulsions politiques » soient prises en ce sens, souligne le directeur de l'AFD au Liban, Denis Cassat.

Le directeur de l’Agence française de développement (AFD) au Liban, Denis Cassat, a souligné l’importance d’une volonté politique commune au Liban, indispensable, selon lui, à la concrétisation des réformes. Le Commerce du Levant/Mark Mansour

« Le Liban fait face à de véritables problèmes de fond, notamment dans les domaines des infrastructures et des services publics, souligne d'emblée le directeur de l'Agence française de développement (AFD), Denis Cassat, au cours d'un entretien avec L'Orient-Le Jour. La situation actuelle est encore marquée par les dommages infligés aux habitations ainsi qu'aux infrastructures (évalués à 25 milliards de dollars par les Nations unies) durant la guerre civile pendant laquelle le pouvoir d'achat des ménages n'a cessé de reculer. Ainsi, au cours de la période, le revenu par tête au Liban, proche de celui du Portugal en 1974, s'est contracté des deux tiers pour atteindre en 1990 environ 1/7e de celui du Portugal. »
Les efforts entrepris par les gouvernements successifs depuis le début des années 90 pour pallier ces retards ainsi que les aides accordées par la communauté internationale pour soutenir les équilibres macroéconomiques du Liban (Paris I, Paris II, Paris III, etc.) n'ont toutefois pas encore abouti à créer un contexte permettant l'assainissement des finances publiques, la mise en place d'une protection sociale généralisée et la modernisation ou la construction des infrastructures adaptées aux contraintes du développement et de la croissance du pays, d'où la nécessité de redynamiser les efforts en ce sens, souligne Denis Cassat.
Dans ce contexte, l'AFD s'efforce d'accompagner et de soutenir les réformes dans le pays. C'est à ce titre qu'elle a accordé depuis 1999 des financements pour un montant global de 1,09 milliard d'euros, se répartissant en prêts d'aide budgétaire (dans le cadre des accords de Paris II et de Paris III, soit 875 millions d'euros), des lignes de crédit aux banques commerciales (115 millions d'euros), des prêts pour le financement direct de projets pour un montant de 100 millions d'euros et diverses subventions ciblées sur des opérations spécifiques d'assistance technique ou d'études en appui aux projets (6 millions d'euros). Les interventions de l'AFD s'inscrivent dans un cadre stratégique général définissant et orientant, en accord avec les autorités libanaises, les activités de l'ensemble de la coopération de la France au Liban. Trois domaines particuliers d'intervention ont ainsi été définis pour l'AFD : le secteur de l'eau et de l'assainissement, le développement des infrastructures et le soutien au secteur productif. « Ces priorités sont en cohérence avec les perspectives et les besoins du développement sur du long terme du pays », explique à cet égard Denis Cassat, selon lequel l'activité de l'AFD est d'apporter à travers ses financements un accompagnement et une assistance qui ne se substituent pas à la maîtrise d'ouvrage libanaise qui doit toujours se renforcer et jouer pleinement son rôle.

Les domaines d'intervention de l'AFD
Dans les détails, en ce qui concerne le développement des infrastructures, l'AFD appuie depuis plusieurs années, en cofinancement avec la Banque mondiale, deux projets de développement urbain dans les villes de Tyr et de Tripoli, visant à revitaliser les tissus urbains et à ranimer les centres historiques de ces villes. Parallèlement, l'AFD est très active dans le secteur de l'eau. Ainsi, plusieurs projets ont été développés notamment à Tripoli pour l'alimentation en eau potable et sa gestion avec un partenaire privé (20 millions d'euros), pour la distribution et l'assainissement au profit de l'Office des eaux du Liban-Nord (30 millions d'euros), pour le programme d'urgence d'adduction d'eau de 12 millions d'euros dans le sud du Liban (Nabatiyeh et Hasbaya). Selon M. Cassat, un nouveau projet d'assainissement des eaux dans la région du Kesrouan est en cours d'instruction en cofinancement avec la Banque européenne d'Investissement.
Par ailleurs, et dans le cadre de la mise en œuvre de l'aide budgétaire globale de Paris III, l'AFD soutient le secteur productif en octroyant des lignes de crédit aux petites et moyennes entreprises (PME) qui ont souffert de la guerre de juillet 2006. L'AFD intervient également au niveau des secteurs de l'éducation, de la santé et soutient, en parallèle, la décentralisation et le développement des collectivités locales.
Denis Cassat tient toutefois à mettre l'accent sur « l'importance de la volonté politique dans la concrétisation de ces réformes (...) ». « Celle-ci est essentielle car l'engagement des autorités publiques dans l'intérêt du pays en cohérence avec les schémas directeurs d'aménagement et les plans d'action nationaux ou sectoriels peut permettre de créer la dynamique du développement qui dépasse les intérêts particuliers qu'ils soient locaux, politiques ou communautaires. » Sans cette approche de l'intérêt public et national, le développement du pays et l'appui qu'il peut recevoir ne se justifient pas.

Six milliards de dollars d'aides internationales en 2009
L'Agence française de développement (AFD) est, rappelons-le, une institution financière publique qui a pour objectif la lutte contre la pauvreté et le soutien du développement socio-économique dans les pays émergents, les pays en voie de développement et les territoires d'outre-mer. Sous la double tutelle du ministère des Affaires étrangères et du ministère des Finances, l'AFD - désormais présente dans 67 pays à travers le monde - est le bras séculier de la politique française d'aide au développement. Les orientations de l'AFD reposent sur cinq domaines prioritaires, à savoir la santé, l'éducation et la formation professionnelle, l'agriculture et la sécurité alimentaire, le développement durable et le climat, et enfin le soutien à la croissance. L'Afrique subsaharienne représente la première zone d'intervention de l'AFD avec une aide en 2009 de 2,1 milliards d'euros.
Elle est suivie par la région de la Méditerranée et le Moyen-Orient (1,15 milliard de dollars), l'Asie-Pacifique (1,1 milliard d'euros), les territoires d'outre-mer (970 millions d'euros) et enfin l'Amérique latine et les Caraïbes (620 millions de dollars).
« Le Liban fait face à de véritables problèmes de fond, notamment dans les domaines des infrastructures et des services publics, souligne d'emblée le directeur de l'Agence française de développement (AFD), Denis Cassat, au cours d'un entretien avec L'Orient-Le Jour. La situation actuelle est encore marquée par les dommages infligés aux habitations ainsi qu'aux infrastructures (évalués à 25 milliards de dollars par les Nations unies) durant la guerre civile pendant laquelle le pouvoir d'achat des ménages n'a cessé de reculer. Ainsi, au cours de la période, le revenu par tête au Liban, proche de celui du Portugal en 1974, s'est contracté des deux tiers pour atteindre en 1990 environ 1/7e de celui du Portugal. »Les efforts entrepris par les gouvernements successifs depuis le début des années 90 pour pallier ces retards...
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