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Nos lecteurs ont la parole

L’étranger dans son pays

Jamale RIZKALLAH
Je suis celle qui se promène dans un quartier qui l'a vue grandir et qui se perd dans les regards inconnus des anciens habitants de sa ruelle.
Je suis le professeur qui désespère tous les soirs devant sa fenêtre parce qu'il ne comprend plus comment pouvoir éduquer des générations de plus en plus incultes et nonchalantes.
Je suis le père qui entend avec beaucoup d'étonnement - oh ! que de regrets - le comité des parents se plaindre des nombreux devoirs de leurs enfants... parce que les mamans n'ont plus de temps pour aider les enfants à faire leurs exposés sur la préhistoire, parce que les mamans, après le boulot, doivent se reposer, parce que les papas, ça revient en retard, parce qu'il n'y a plus personne pour ce petit bonhomme qui n'a plus qu'à se jeter dans les bras chaleureux de son jeu vidéo.
Je suis le médecin qui est subjugué, tous les jours un peu plus, parce que son collègue a fait de la médecine son business, parce que ses maîtres se disputent le titre de meilleur et que la plupart d'entre eux ont oublié comment soigner.
Je suis le piéton qui cherche encore, désespérément il faut l'avouer, un trottoir sur lequel se promener à Achrafieh parce que son autre - « je suis l'automobiliste » - a fait de ce fameux trottoir son parking agréé.
Je suis le chanteur qui a préféré se taire parce qu'il est le plus minable des clowns dans ce grand cirque ouvert.
Je suis l'écrivain qui ne trouve plus de recharge à son encrier dans le grand mall de l'électronique.
Je suis celui qui a des principes. Je suis la risée des autres. Mais mes principes, je les respecte encore !

Jamale RIZKALLAH
Je suis celle qui se promène dans un quartier qui l'a vue grandir et qui se perd dans les regards inconnus des anciens habitants de sa ruelle.Je suis le professeur qui désespère tous les soirs devant sa fenêtre parce qu'il ne comprend plus comment pouvoir éduquer des générations de plus en plus incultes et nonchalantes.Je suis le père qui entend avec beaucoup d'étonnement - oh ! que de regrets - le comité des parents se plaindre des nombreux devoirs de leurs enfants... parce que les mamans n'ont plus de temps pour aider les enfants à faire leurs exposés sur la préhistoire, parce que les mamans, après le boulot, doivent se reposer, parce que les papas, ça revient en retard, parce qu'il n'y a plus personne pour ce petit bonhomme qui n'a plus qu'à se jeter dans les bras chaleureux de son jeu vidéo. Je suis le médecin qui...
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