Melhem Khalaf, le président d’Offre-Joie, donnant lecture du communiqué-programme de la commémoration d’aujourd’hui. Photo Sami Ayad
Ce sera d'abord, dès 16h30, une émission télévisée présentée en direct sur les escaliers du musée par Georges Khabbaz et dont le point d'orgue sera une exhortation œcuménique commune afin que toutes les personnes concernées de près ou de loin par cette guerre sachent en tirer les leçons et éviter qu'elle ne se reproduise d'une façon ou d'une autre.
L'étape suivante verra des chefs religieux de toutes les confessions se regrouper pour lire un seul texte d'une même voix ; un message d'unité, de solidarité et de paix adressé par les anciens, ceux qui ont vécu la guerre civile, aux plus jeunes, afin qu'ils veuillent eux aussi transmettre les mêmes valeurs.
Ce message a toujours été le cheval de bataille d'Offre-Joie, une association apolitique qui se consacre depuis 20 ans à l'unité et à l'engagement citoyen en réunissant de jeunes Libanais de toutes confessions et de toutes origines dans le but d'échanger et de réaliser ensemble des projets sociaux. Et pour Melhem Khalaf, le fondateur d'Offre-Joie, « le désir d'unité du peuple libanais se perçoit à travers ce mouvement »...
Voici dans son intégralité le texte-clé qui résume la détermination des militants d'Offre-Joie pour que « plus jamais » et dont le titre frappe par sa clarté : « 36 ans après le 13 avril : pour le Liban, la paix civile ou l'effondrement ».
« Le 13 avril 2011, comme chaque année, les Libanais appellent à la paix et disent non à la violence, non à la discorde, non à la guerre, non à la division, non à la séparation. Le 13 avril, les mots ne sauraient suffire ! Rappeler les répercussions de cette guerre, c'est relater une réalité amère qu'on ne peut oublier, par peur que la violence ne reprenne.
Le 13 avril éveille la mémoire des remords pour abolir la mémoire de la haine. Il ouvre les portes du pardon que la fatigue des années avait fermées. Le 13 avril, c'est un moment de remise en question et d'autocritique pour tout citoyen qu'il soit politicien, religieux, journaliste, ouvrier ou artiste... Chaque citoyen, face à son pays et son humanité, devra jauger en toute honnêteté et transparence les actes de rapprochement et ceux de dissension, les comportements de discorde et ceux de l'entente, les positions de confrontation violente face à l'élan de rapprochement et d'union.
Le 13 avril fait tomber les barrières de la peur de l'autre, différent par ses convictions religieuses et ses opinions politiques, et réaffirme la citoyenneté comme une nécessité à édifier.
Le 13 avril est un jour d'espoir en un avenir digne d'un peuple qui aurait appris de son passé comment mépriser la destruction et la laideur ; un peuple qui œuvrera pour un Liban uni, pluriel dans son unité, libre et juste.
Le 13 avril est un jour pour la mémoire, une mémoire qui devra renouveler au quotidien l'engagement du citoyen envers la paix et l'unité, l'engagement en faveur de l'homme. »


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