M. Geagea s’entretenant avec le chef du PNL. Photo Aldo Ayoub
Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, le bloc s'est dit en outre « inquiet des répercussions négatives de cette lenteur, d'autant que l'on ne sait plus qui forme le gouvernement et qui décide de la date de parution des décrets ». « Cela se passe au moment où les administrations gouvernementales se retrouvent exsangues, où se multiplient les indices économiques et financiers négatifs et où les intérêts des citoyens sont paralysés, le mouvement touristique en recul, tout comme la croissance, et surtout au moment où la confiance dans le Liban est en régression. »
Les députés du Futur déplorent, dans ce contexte, que le Liban « perde une grande occasion de demeurer une terre de stabilité et de croissance à l'ombre des circonstances régionales et internationales actuelles ».
« Il semble qu'après avoir mis en œuvre son coup d'État contre le cabinet d'union nationale, puis nommé le Premier ministre dans les conditions que l'on sait, le 8 Mars semble jusqu'ici incapable de donner au Liban les moyens de profiter de cette occasion. Pire : par son comportement et son immobilisme, ce camp aggrave les résultats négatifs et les problèmes existants, multiplie les nuisances contre les intérêts du Liban et des Libanais et les prive d'énormes ressources qu'ils auraient pu capter et dont ils auraient pu en bénéficier », conclut le bloc.
Geagea ne reconnaît pas la « résistance »
Pour sa part, le chef du comité exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a fait valoir, pour la deuxième journée consécutive, que la mise en place ou pas du gouvernement « ne changerait rien à la situation au Liban ».
Pour M. Geagea, qui s'exprimait dans une déclaration à la presse, le cabinet « ne serait pas formé en vue de renforcer l'État libanais, mais uniquement pour soutenir la position des partenaires au sein du 8 Mars qui aiment à se baptiser "résistance" ». « En ce qui nous concerne, nous ne reconnaissons pas leur existence en tant que résistance, dans la mesure où aucune loi émanant du Parlement ne les a chargés de cette mission », a-t-il ajouté.
Commentant par ailleurs les propos du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à propos de WikiLeaks et la distinction qu'il a établie entre les fuites touchant le 14 Mars et celles concernant ses alliés au sein du 8 Mars, le chef des FL a dit : « Le Liban est un pays libre. Les gens y disposent d'une liberté totale pour exprimer leurs diverses opinions. Pourquoi accorder tant d'importance à quelques papiers de WikiLeaks au moment où nous disons tout haut ce que nous pensons et puisque nous répétons tous les jours dans nos déclarations que nous ne voulons pas qu'il y ait des armes hors de la légalité ? »
De son côté, le chef du PNL, Dory Chamoun, qui a été reçu par M. Geagea à Meerab, a souligné que « le 8 Mars, en particulier le Hezbollah, comptait sur le soutien syrien et iranien dans le processus de formation du cabinet. Mais du fait de ce qui se passe en Syrie, celle-ci est à présent trop occupée par ses propres problèmes et n'a pas de temps à consacrer à quiconque ».
Pour M. Chamoun, « il revient dès lors à la nouvelle majorité de réviser ses priorités et ses calculs d'une manière qui puisse assurer l'intérêt supérieur du Liban ». Il a laissé entendre à ce propos qu'un positionnement commun dans le cadre du « front de lutte » entre le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du PSP, Walid Joumblatt, « aurait un effet certain sur la nouvelle majorité et la formation du gouvernement ».


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