Gagarine, quelques minutes avant le vol orbital qui fera de lui un héros national en Russie.Photo AFP
L'homme fort de la Russie, le Premier ministre Vladimir Poutine, sera lui en déplacement en Ukraine pour rencontrer les dirigeants de cette ex-république soviétique. L'exploit de Gagarine y sera aussi commémoré.
« Il sera impossible d'ignorer ce thème », a déclaré le porte-parole du chef du gouvernement russe, Dmitri Peskov. M. Poutine rencontrera en effet des cosmonautes russes et ukrainiens. Le Premier ministre russe a d'ailleurs estimé cette semaine que Youri Gagarine était « un homme qui avait changé le monde ».
L'agence spatiale Roskosmos a pour sa part invité une quarantaine de représentants d'agences spatiales étrangères pour célébrer cet anniversaire au Musée des cosmonautes de Moscou. « Nous avons invité les premiers cosmonautes de chaque pays ayant voyagé à bord de Soyouz », la fusée russe transportant les équipages vers l'ISS, a indiqué le porte-parole de Roskosmos, Alexander Vorobiov.
Samedi, Dmitri Medvedev avait signé un décret ordonnant un énorme feu d'artifice « de 50 salves » à Moscou à 18h00 GMT mardi pour marquer « le cinquantième anniversaire du premier vol de l'être humain dans l'espace ».
Le vol de Youri Gagarine est resté en Russie le symbole de la domination de l'URSS sur les États-Unis dans ce domaine. Quatre ans plus tôt, l'Union soviétique avait déjà été le premier pays à envoyer un satellite dans l'espace, le célèbre Spoutnik.
Hasard du calendrier, cet anniversaire intervient l'année où la Russie deviendra le seul pays à même d'amener des cosmonautes jusqu'à la Station spatiale internationale, la NASA mettant ses navettes à la retraite.
Mais l'âge d'or de la domination russe est néanmoins passé, la Russie, en particulier depuis la chute de l'URSS, ayant largement réduit ses investissements en la matière. Les programmes russes ont aussi été marqués par des échecs, en particulier en ce qui concerne Glonass, le système de navigation par satellite censé rivaliser avec le GPS américain. Fin décembre, trois appareils du réseau se sont abîmés dans l'océan Pacifique peu après le lancement de la fusée qui devait les mettre en orbite.
Mais Moscou compte revenir dans la course. Le gouvernement a débloqué 800 millions de dollars pour construire, d'ici à 2018, un nouveau cosmodrome dans l'est de la Russie, près de la frontière chinoise. Actuellement, l'essentiel des fusées russes décolle depuis Baïkonour, la base de lancement soviétique construite au Kazakhstan et d'où Iouri Gagarine était parti en 1961.
M. Poutine a annoncé cette semaine que la Russie allait aussi se relancer dans l'exploration en envoyant une sonde vers Phobos, l'une des deux lunes de Mars. Il a aussi appelé les pays participant à l'ISS à unir leurs efforts pour explorer ensemble la Lune, Mars et d'autres planètes du système solaire.
« Dans l'ensemble, nous devons étendre notre présence sur le marché mondial de l'espace, qui a été multiplié 2,5 fois depuis 2003 et qui s'établit désormais à 200 milliards de dollars », a dit le Premier ministre russe.
(Source : AFP)

