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Santé - Sensibilisation

De la nécessité d’un suivi régulier et d’une mammographie annuelle

Une analyse des données du programme gratuit de mammographies assuré par l'ONG Faire Face met l'accent sur la nécessité d'améliorer les efforts visant à promouvoir l'usage de ce test à partir de l'âge de 40 ans chez les femmes qui ne présentent pas d'antécédents familiaux, et à pousser celles qui l'ont déjà fait à ne pas manquer le rendez-vous annuel, même si les résultats sont rassurants.

Mme Anne Frangié, présidente de l’association Faire Face, entourée des Drs Joseph Sidaoui et Sélim Adib.

« Le dépistage précoce sauve les vies. » Ce slogan, qui va désormais de pair avec la campagne nationale de sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein, a porté ses fruits. Depuis le coup d'envoi de la première édition de la campagne en 2002, le nombre de femmes qui ont répondu présent a sensiblement augmenté. Selon des chiffres nationaux, 40 % des femmes âgées de plus de 40 ans ont en fait effectué une mammographie de dépistage au moins une fois durant leur vie. Si ce premier défi a été remporté - bien qu'un immense travail reste encore à accomplir dans ce sens -, un deuxième obstacle reste à surmonter. Il s'agit de pousser les femmes, dont les tests ont été rassurants la première fois, à ne pas manquer le rendez-vous annuel de la mammographie. Le taux de ces dernières reste en fait faible, malgré les recommandations de la campagne nationale.
C'est ce qui ressort du moins des résultats d'une analyse du programme gratuit de mammographies assuré par l'ONG Faire Face dans plusieurs régions du Liban : Badaro, Achrafieh, Mar Élias, Bourj Hammoud, Bourj Brajné, Chiyah, Aïn el-Remmaneh, Haret Hreik, Mtein et Jezzine. L'analyse a porté sur 1 500 tests effectués entre 2002 et 2009 avec pour principal objectif celui « d'évaluer les caractéristiques sociodémographiques et reproductives liées à la répétition d'une mammographie de dépistage » et de « donner des évidences sur l'importance des mammographies de dépistage ».
L'analyse des données a montré que près de 60 % de ces femmes ont effectué une mammographie une seule fois durant leur vie. Selon l'étude, l'âge de la première mammographie se situe aux alentours de 40 ans dans près de 40 % des cas. « C'est une bonne chose, puisque ces résultats sont conformes aux recommandations nationales pour le dépistage précoce du cancer du sein », fait remarquer le Dr Sélim Adib, professeur d'épidémiologie et de santé publique, qui a conduit cette analyse avec l'aide du Dr Joseph Sidaoui. « Malheureusement, cette étude a montré, à l'instar d'autres études nationales, que les femmes âgées de plus de 50 ans ne se sentent pas concernées par cette campagne, et par conséquent n'effectuent plus une mammographie de dépistage, déplore le Dr Adib. Or il est connu que la prévalence du cancer du sein augmente avec l'âge. Un travail important est à faire dans ce sens. »
Cette analyse a par ailleurs montré que la moyenne d'âge des femmes ayant effectué une mammographie a baissé de 59 ans en 2002 à 51 ans en 2009, « ce qui montre que les femmes sont de plus en plus conscientes de la nécessité et de l'importance d'un dépistage précoce ». De plus, la majorité des femmes qui ont répondu présent au programme de dépistage précoce du cancer du sein organisé par Faire Face sont des femmes au foyer (plus de 50 % des cas) ayant au moins trois enfants (près de 40 % des cas), sachant que « les grossesses multiples sont un facteur protecteur du cancer du sein », note le Dr Adib. Et de préciser que plus le cycle menstruel commence tôt, plus le risque de développer un cancer du sein augmente. « Les études ont montré que mondialement, la moyenne d'âge de l'apparition des premières règles a baissé de 13 ans à 11 ans, ajoute-t-il. On pense que c'est en raison des taux croissants de la surcharge pondérale et de l'obésité chez les enfants. »

Autres caractéristiques
Selon cette analyse, 58 % des femmes sont revenues pour une deuxième mammographie. « Loin d'être idéale, cette proportion reflète probablement une meilleure réalité que la population générale », observe le Dr Adib. Et de souligner : « Ces femmes ont une moyenne d'âge élevée par rapport à celles qui ne reviennent pas. Ce sont également des femmes à la retraite qui n'ont pas d'occupations familiales ou professionnelles. De plus, elles n'ont pas beaucoup d'enfants et certaines d'entre elles ont une histoire familiale de cancer du sein. Ces données nous laissent croire que les femmes ne refont pas une mammographie, bien que celle-ci leur soit offerte gratuitement, en raison de leurs occupations familiales et professionnelles. »
Le Dr Adib note par ailleurs que selon cette analyse, « le taux de cas suspects détectés lors de ces mammographies de dépistage était de l'ordre de 2,4 %, contre 2,23 % en Allemagne et 4 % aux États-Unis ».
Et le Dr Adib de conclure en insistant sur la nécessité de poursuivre et « d'améliorer les efforts visant à promouvoir l'usage des mammographies à partir de l'âge de 40 ans chez les femmes qui ne présentent pas d'antécédents familiaux, conformément aux recommandations nationales, et de répéter l'examen annuellement ».

Faire Face
Fondée en 1994, Faire Face est une association humanitaire à but non lucratif. Elle assure aux patients « un lieu d'échange et leur donne la possibilité de rencontrer d'autres personnes qui ont connu la même expérience, de partager avec eux les différents problèmes dus à la maladie et de rompre leur isolement afin d'atténuer leur solitude ».
Pour ce faire, Faire Face met à la disposition des patients une écoute téléphonique au 03/295965 et des rencontres hebdomadaires (les mardis) au siège de l'association située à Badaro.
Dans le cadre de ses activités, Faire Face assure un programme de dépistage précoce du cancer du sein, des perruques et des prothèses mammaires, organise des conférences et des débats pour sensibiliser au cancer et une dynamique de groupe mensuelle. Faire Face a de même publié, sous la supervision du comité médical de l'association, plusieurs livrets informatifs intitulés « Questions sur le cancer, la chimiothérapie, la radiothérapie, le cancer du sein, la palpation du sein ». Ces livrets sont distribués dans les dispensaires et services d'oncologie de plusieurs hôpitaux.
Pour plus d'informations, veuillez visiter le site
www.fairefacecancer.org.lb
« Le dépistage précoce sauve les vies. » Ce slogan, qui va désormais de pair avec la campagne nationale de sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein, a porté ses fruits. Depuis le coup d'envoi de la première édition de la campagne en 2002, le nombre de femmes qui ont répondu présent a sensiblement augmenté. Selon des chiffres nationaux, 40 % des femmes âgées de plus de 40 ans ont en fait effectué une mammographie de dépistage au moins une fois durant leur vie. Si ce premier défi a été remporté - bien qu'un immense travail reste encore à accomplir dans ce sens -, un deuxième obstacle reste à surmonter. Il s'agit de pousser les femmes, dont les tests ont été rassurants la première fois, à ne pas manquer le rendez-vous annuel de la mammographie. Le taux de ces dernières reste en fait faible,...
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