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Liban - L’Éclairage

La rupture est consommée, pas de dégagement en vue

C'est le clash. La grosse artillerie pour Hariri, qui refuse que le Liban ne devienne un protectorat iranien. Le Hezbollah, obligé de sortir de la réserve médiatique adoptée depuis l'ouverture de la crise ministérielle, riposte en termes durs. Accusant le chef du Courant du futur « de prendre des positions de pure provocation par rapport à l'Iran. Pour répercuter les menaces lancées récemment à Riyad par le secrétaire d'État US à la Défense, Robert Gates.
Le Courant du futur a aussitôt répliqué que la réaction du Hezbollah prouve, si besoin était, qu'il reste le porte-parole officiel de l'Iran au Liban. Précisant que Hariri n'a évoqué ni l'armement du Hezb ni son rôle dans le plan visant à prévenir l'émergence d'un État de droit libanais, pour que cette formation se sente attaquée. Elle n'a donc répondu qu'au nom de l'Iran, comme si elle en fait partie intégrante.
Des députés du bloc Liban d'abord soulignent que Hariri tient parole. Il avait en effet déclaré qu'après les consultations parlementaires, son discours politique ne serait plus le même. Qu'il allait désormais mettre les points sur les i, sans se soucier de ménager des susceptibilités ou des lignes opposées. Son verbe est maintenant libéré, comme en attestent ses sorties.
Il engage une bataille ouverte pour empêcher le Hezbollah de s'emparer des rouages de l'État, afin de l'asservir et de faire chuter le système. Pour le remplacer par un régime fondé sur d'autres équations et sur d'autres critères que la cœxistence pacifique, la parité égale, la démocratie, les libertés, le pluralisme. Et l'indépendance, étant entendu que le nouveau Liban, autorisé à s'autogérer administrativement, ne serait plus jamais qu'un satellite exécutant les ordres de l'Iran et de la Syrie. Pour faire flamber, par exemple, le front du Sud, le cas échéant.
Les observateurs voient, en tout cas, que le point de rupture est maintenant largement franchi entre le Courant du futur et le Hezbollah. L'évolution négative avait commencé à pointer lorsque Hariri avait rejeté les propositions de dénonciation du TSL qui étaient enrobées dans le papier-chocolat de l'initiative syro-saoudienne, la S-S. Pas question, en effet, pour l'ancien Premier ministre, fils du sang versé, d'accepter de tourner le dos à la quête de la vérité et de la justice. Pas même sous la menace-chantage de troubles sur le terrain, voire de guerre civile. Car, en réalité, comme les légalistes ne cessent de le répéter, c'est l'instabilité qui est garantie quand toutes les vannes, toutes les impunités, s'ouvrent devant le crime.

Traquenard
Ces cadres soutiennent que c'est la Syrie et le Hezbollah qui ont vicié et dénaturé le processus de médiation dit S-S, en y introduisant le virus du dossier du TSL. Ils excluent dès lors tout rabibochage entre leur leader et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Hariri, précisent-ils, a été pris en traître par le Hezb, qui lui a ôté le tapis sous les pieds, par la démission des ministres chiites. Pour l'empêcher ensuite de remporter la désignation. En forçant Joumblatt, sous menace armée, à le lâcher, pour se rabattre sur Mikati.
Retour à la question de fond. Selon ces mêmes sources souverainistes, l'objectif de Saad Hariri n'est pas du tout de reconquérir le Sérail, comme le disent les nouveaux majoritaires. Ce n'est pas à cette fin qu'il déploie des contacts intensifiés et multiplie les voyages, les relances diplomatiques ou les tournées à l'intérieur. Mais pour redonner l'État de droit à la patrie. Un État pris en otage par le Hezbollah, lui-même maître d'un mini-État armé.
Au centre, un ministre membre du Front de la lutte nationale (Joumblatt) juge que le conflit entre le Courant du futur et le Hezbollah ne va donner aucun résultat. Dans ce sens que le slogan « à bas l'armement » des souverainistes ne débouche pratiquement sur rien, n'a aucune chance objective de se réaliser, même à long terme. Dans ce sens, aussi, poursuit cette personnalité, que le slogan « à bas le TSL » du 8 Mars n'a pas non plus de perspective réelle devant lui. La Cour existe, et personne, sauf le Conseil de sécurité de l'ONU, ne peut la supprimer. Autrement dit, les attaques s'annulent, selon ce ministre qui prône dès lors l'apaisement. En vue d'un traitement rationnel du conflit dans le respect des règles constitutionnelles. Et à travers la mise en place accélérée d'un gouvernement équilibré et cohérent. Qui sache faire front à la nouvelle opposition. En se rendant utile aux yeux de l'opinion. Donc, en se constituant en équipe de travail bien soudée, s'occupant en priorité des problèmes socio-économiques pressants de la population.
Ce ministre rappelle les appels de Joumblatt à la détente, à la reprise du dialogue national et des contacts positifs. À la nécessité de mettre un terme à la brouille, qui porte préjudice au pays et le met en péril. Il répète que c'est seulement par le dialogue que l'on peut espérer régler des dossiers importants, voire cruciaux, comme l'armement ou le TSL.
Mais Hassan Nasrallah et le général Michel Aoun ne l'entendent pas de cette oreille. Ils ont fait savoir leur peu d'enthousiasme pour le rétablissement du comité de dialogue. Le leader du CPL avait été, du reste, le premier à publier le faire-part de décès de cet organisme, en expliquant qu'il n'en était rien sorti. Le Hezbollah, de son côté, ne veut pas que l'on parle de stratégie défensive, donc de son armement, et il l'annonce clairement.
Dans ces conditions, dans ce climat, des cadres du 14 Mars soulignent que le président Mikati se heurte à de nouvelles complications d'ordre politique général venant aggraver les difficultés qu'il éprouve devant les exigences qui lui sont présentées. Par le 8 Mars, bien entendu, puisque le 14 Mars s'est mis hors-course. Ces sources pensent dès lors que le Premier ministre désigné n'est pas au bout de ses peines et qu'il ne va pas pouvoir former son gouvernement de sitôt. Et même, à leur avis, sans doute pas avant la publication de l'acte d'accusation du procureur Bellemare.

C'est le clash. La grosse artillerie pour Hariri, qui refuse que le Liban ne devienne un protectorat iranien. Le Hezbollah, obligé de sortir de la réserve médiatique adoptée depuis l'ouverture de la crise ministérielle, riposte en termes durs. Accusant le chef du Courant du futur « de prendre des positions de pure provocation par rapport à l'Iran. Pour répercuter les menaces lancées récemment à Riyad par le secrétaire d'État US à la Défense, Robert Gates.Le Courant du futur a aussitôt répliqué que la réaction du Hezbollah prouve, si besoin était, qu'il reste le porte-parole officiel de l'Iran au Liban. Précisant que Hariri n'a évoqué ni l'armement du Hezb ni son rôle dans le plan visant à prévenir l'émergence d'un État de droit libanais, pour que cette formation se sente attaquée. Elle n'a donc répondu...
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