Il faut cesser de relativiser les choses, de chercher partout des excuses, de s'accrocher à de faux espoirs. Non, demain ne sera pas meilleur qu'aujourd'hui, ni même qu'hier, ni qu'il y a des siècles.
C'est avec des œillères que nous allons droit dans le mur, sans voir les échappatoires qui s'offrent à nous. Pour une fois que les Libanais marchent droit et ne louvoient pas, me diriez-vous, c'est tout à leur honneur.
Mais, quand même, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures, celle-ci n'a que trop duré et à force d'en rire, nous avons les larmes aux yeux, quoique l'adage préconise le contraire - je le cite pour ceux qui ne s'en souviendraient pas : « À défaut d'en pleurer, il vaudrait mieux en rire. »
La comédie a débuté avec les fameuses deux négations qui ont fait un semblant de nation, chacun des protagonistes d'alors y avait trouvé son bonheur, l'un en cessant momentanément ses clins d'œil vers ses pendants arabes, l'autre ne faisant plus d'appels du pied à sa mère, la France.
Mais, chassez le naturel il revient au galop. On connaît la suite, jusqu'au fameux accord de Taëf, où tout ce qui avait eu maille à partir, à tort ou à raison, avec ce qui fut appelé maronitisme politique s'en donna à cœur joie - haro sur le baudet -, tant et si bien, que naissance fut donnée à une hydre à trois têtes, plus difformes l'une que l'autre.
D'habitude on prend de Pierre pour donner à Paul, mais à Taëf, il y avait en sus tous les autres, ils ont à qui mieux mieux dépouillé Pierre, lui laissant juste une petite feuille de vigne pour cacher sa nudité, et surtout pour le paralyser encore plus, car s'il lui prenait l'envie d'agiter ne serait-ce qu'une main, c'est tout son corps qui aurait été exposé au grand air.
C'est un peu comme : cachez ce sein que je ne saurais voir ! Grivois, peut-être, mai réel et tellement hypocrite.
Comme le fait de lancer cette jeunesse dans les rues pour exiger la suppression du confessionnalisme à tous les étages de l'État et qui en majorité appartient à une religion bien déterminée, pilotée en sous-main par un parti des plus confessionnels.
Honorable idée bien sûr, mais d'abord, c'est l'accord de Taëf qu'il faut revisiter, s'agissant d'une Loi fondamentale derrière laquelle se cachent ceux qui ont profité à fond du déséquilibre qu'elle a engendré et sur laquelle est venu se greffer un cancer appelé accord de Doha lequel, fort heureusement et suite à une manipulation tronquée, est tombé de lui-même, sans besoin d'ablation, comme un fruit pourri.
Taëf, accord de tous nos ressentiments, qui a laissé la porte grande ouverte aux ingérences externes, tel ce gouvernement qu'on n'arrive pas à former en attendant le viatique des gens d'à côté, qui ont d'autres chats à fouetter vu ce qui se passe dans la région ; en attendant, c'est notre pays qui est en léthargie, comme si quelqu'un avait pressé le bouton « pause » de la télécommande.
Heureux temps de notre IIe République (nous en sommes à la IIIe d'après les juristes consultés), le président de la République avait une large marge de manœuvre, rarement utilisée, il avait le droit, sinon le devoir, d'intervenir si nécessaire, mais tous en voulaient à son fauteuil, placé quelques centimètres en avant des autres.
Protocolairement, le fauteuil n'a pas perdu sa prééminence, mais celui qui l'occupe est devenu simple primus inter pares, le premier d'entre ses pairs. Or qui dit pairs dit dilution, perte d'effet de levier, arrangements plus ou moins à l'amiable, quitte à avaler des couleuvres, souvent accepter l'inacceptable, juste pour éviter les vagues d'une possible tourmente.
À trop vouloir colmater les brèches, étouffer les départs de feu, on est pratiquement réduit à faire du surplace, à ne pas avancer et, partant, à reculer.
À la longue, le pays sera ingouvernable, il ne peut
demeurer à la merci des souhaits ou des désirs venus d'ailleurs ; c'est plutôt à cet ailleurs de s'accommoder de la volonté des Libanais, qui ne sont pas, au demeurant, un peuple belliqueux. Ce peuple-là aspire à vivre sa dignité, sa liberté, son indépendance à l'ombre de lois applicables à tous, sans dérogations possibles.
Pour ce faire, il est essentiel que chaque communauté, religion ou partie cesse de tirer la couverture à elle, qu'elle prenne la peine d'examiner le fond du problème sous un angle ouvert, non obtus, il y va d'ailleurs de l'avenir de ses ouailles et de la pérennité du pays.
Sans vouloir apporter de l'eau au moulin de quiconque, je suis persuadé que l'accord de Taëf doit être revu et corrigé au plus vite, le temps a démontré on ne peut mieux ses failles.
On parlera alors de Constitution, non plus d'accord.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef