Quand Prométhée vola le feu du ciel, Zeus pour se venger présenta Pandore à son frère Épiméthée. Pandore possédait une boîte qu'on lui avait expressément recommandé de n'ouvrir en aucune circonstance. Sa curiosité naturelle fortement aiguisée, Pandore ouvrit la boîte, et tous les maux qui y étaient enfermés s'en échappèrent et se répandirent sur la surface de la terre.
Pandore se hâta de refermer la boîte, mais tout son contenu avait été déjà dispersé, à l'exception d'un seul objet qui gisait au fond de la boîte, l'espérance.
La mythologie ne nous dit pas ce qu'il advint de cet ultime reliquat, mais il est facile d'imaginer qu'après plusieurs siècles, l'humanité en est encore à le rechercher.
De même, nous ne saurons jamais si Héphaïstos, ayant réalisé tout le mal causé par la curiosité de Pandore, décida de munir la boîte d'une serrure qu'on ne pouvait forcer, dont il conserva jalousement la clé.
Cette clé, nous voulons tous désespérément nous la procurer. Elle n'est autre que la connaissance.
C'est cette connaissance qui nous donnera les raisons d'espérer en des jours meilleurs, en un Liban uni, fort et indépendant. C'est elle qui fera de chaque citoyen libanais l'égal du président de la République, du président de la Chambre ou du président du Conseil. C'est elle seule qui lui permettra de s'adresser à ces représentants du pouvoir ainsi qu'aux cent vingt-huit représentants du peuple pour leur demander ouvertement, sans complexe, timidité, ou peur :
« Qu'avez-vous fait et que continuez-vous à faire du dépôt sacré que nous vous avons confié ? Comment comptez-vous gérer demain le patrimoine et les ressources de la nation que nous avons mis entre vos mains ? Qu'attendez-vous pour nous livrer cette clé de connaissance qui nous permettra de participer avec vous, et sur un pied d'égalité, à la construction de l'édifice national et nous procurera l'espérance en des jours meilleurs pour nos enfants et nos petits-enfants ? »
J'espère que nos éducateurs, à la lecture de cette allégorie, en auront saisi la portée et se décideront enfin à franchir le Rubicon. J'espère qu'ils prendront le taureau par les cornes et introduiront dans leur curriculum, sans complexe ni réticence aucune, certains sujets qui étaient récemment considérés tabous.
J'espère qu'ils accorderont enfin à cette jeunesse si désespérément assoiffée de connaissance la permission de demander pourquoi nous en sommes arrivés là. J'espère que les experts qui détiennent si jalousement les réponses à ces questions daigneront les partager avec eux, sans douter de leur capacité d'assimilation ou de leurs motivations.
J'espère enfin que nos jeunes, ayant acquis la connaissance, sauront en profiter pour aider le Liban à s'extraire du bourbier économique, social, confessionnel et politique dans lequel il est englué.


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