Notre groupe de voyage était formé de 45 couples de nationalités différentes, un ensemble bien sympathique. J'ai une pensée particulière pour le couple estonien en cette période où le cyclisme devient une activité plutôt périlleuse...
J'étais émue de constater que malgré nos différences physiques, culturelles ou religieuses, nous avions très souvent les mêmes réactions de plaisir ou d'étonnement devant chaque découverte. Les hommes, tous militaires, portaient chacun l'uniforme de son armée. Quel plus beau spectacle que celui de les voir faire ensemble le salut militaire, avec une synchronisation digne des plus grandes chorégraphies !
Ce fut une expérience très enrichissante, qui m'a fait penser à mon pays où le respect de l'autre devient si rare.
Une petite anecdote du voyage : nous étions partagés en groupes pour les visites. Lorsque j'appris que je faisais partie de l'équipe orange et que je n'entendis aucun commentaire sur ce fait si banal, j'ai vraiment réalisé que j'étais loin du Liban, où les couleurs ne sont plus utilisées pour embellir notre vie quotidienne, mais pour nous séparer. Imaginez un seul instant un oranger nous livrant ses fruits, entouré de fleurs rouges et jaunes, sous un ciel bleu... Si Dame Nature consent à nous offrir de tels assortiments, pourquoi devons-nous, nous les Libanais, jouer les difficiles ?


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