Nicolas Sarkozy n’a pas lésiné sur les superlatifs pour louer le chemin « exceptionnel » parcouru depuis un demi-siècle par la Chine. Éric Fefeberg/AFP
Arrivé à Pékin en début d'après-midi, le patron en exercice des G8 et G20 a prestement inauguré les bâtiments encore inachevés de la nouvelle ambassade de France, avant de retrouver son homologue Hu Jintao pour un entretien, puis un dîner au Palais du peuple.
Devant les Français de Chine, Nicolas Sarkozy n'a pas lésiné sur les superlatifs pour louer le chemin « exceptionnel » parcouru depuis un demi-siècle par la Chine, et se réjouir de la relation désormais sans nuage entre Paris et Pékin, après la grave brouille née de sa rencontre avec le dalaï-lama fin 2008. Évoquant la « réussite exceptionnelle » des Jeux olympiques de Pékin la même année, il s'est même permis de rappeler, devant le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi, que la France s'était, à l'inverse d'autres, abstenue d'en boycotter la cérémonie d'ouverture, un sujet encore très sensible en Chine.
Tout à sa démonstration, Nicolas Sarkozy n'a toutefois pas caché que les deux pays n'étaient « pas d'accord sur tout ». Côté français, on minimisait l'ampleur des divergences franco-chinoises. Les deux hommes ont évoqué le nucléaire et « les leçons qu'il fallait ensemble tirer de la catastrophe de Fukushima », au Japon, a-t-on poursuivi de source française.
Nicolas Sarkozy a expliqué que l'EPR français « était au niveau mondial le plus exigeant en terme de sûreté (...) Il a été décidé de travailler la main dans la main à ces questions de sûreté pour la porter à un niveau d'exigence absolue, que ce soit en France ou en Chine ».
M. Sarkozy devait aussi parler de la réforme du système monétaire international, une des priorités de sa présidence du G20 et objet du séminaire de ministres et d'experts qu'il doit ouvrir ce matin à Nankin (Est). Il a souhaité hier que ce rendez-vous dans l'ancienne capitale impériale chinoise permette de « réfléchir à une réforme ô combien nécessaire du système monétaire international ». « Il faut lutter contre (...) l'instabilité monétaire qui risque de réduire à néant les efforts de compétitivité », a-t-il insisté.
Signe des réticences des uns et des autres, l'Élysée a prévenu qu'aucune « décision » ou « conclusion » ne sortirait du séminaire de Nankin. Et la Chine, qui fait figure d'accusée à cause de son yuan largement considéré comme sous-évalué, a minimisé l'importance de ce rendez-vous, qualifié « d'informel et académique » par l'agence officielle Chine nouvelle.
Sitôt ouverts les travaux des « experts » de Nankin, Nicolas Sarkozy prendra la direction de Tokyo, où il a souhaité se rendre alors que les autorités nippones se débattent en pleine catastrophe nucléaire causée par le séisme puis le tsunami gigantesques qui ont ravagé le nord-est du Japon. Comme il l'a redit mercredi à Pékin, il s'agit pour lui de « porter l'expression de la solidarité de la France à l'endroit de nos amis japonais, qui ont été frappés par une catastrophe considérable et qui ont fait face à cette catastrophe avec dignité et avec courage ».
(Source : AFP)


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