Des rebelles tentent de se mettre à l’abri lors de combats entre Benghazi et Ajdabiya. Goran Tomasevic/Reuters
À Tripoli, des tirs de la défense antiaérienne ont retenti hier soir et au moins trois explosions ont secoué la capitale et sa banlieue est de Tajoura. Mercredi soir, des raids sur la banlieue est de Tripoli avaient « visé un quartier résidentiel », selon l'agence officielle libyenne JANA.
La coalition a par ailleurs visé la région de Tajoura, à une trentaine de kilomètres à l'est de Tripoli, selon des habitants. La télévision d'État a confirmé que des sites militaires et civils de cette région avaient été la cible de raids.
Selon un bilan provisoire communiqué par un porte-parole du régime libyen, Moussa Ibrahim, les raids de la coalition ont fait « environ 100 morts » parmi les civils depuis le début de l'offensive le 19 mars.
Un avion des forces libyennes a été détruit au sol, juste après son atterrissage, par un avion de chasse français à Misrata. La France avait le matin affirmé que la coalition allait « continuer les frappes aériennes » sur des cibles militaires. Les autorités libyennes ont indiqué s'attendre à des raids sur les centres de télécommunications et de radiodiffusion dans la soirée, se basant sur des « informations des renseignements ».
Les combats entre pro et anti-Kadhafi se poursuivaient par ailleurs dans plusieurs villes, notamment à Misrata. Des snipers des pro-Kadhafi tiraient dans l'après-midi des toits des immeubles et des tirs d'artillerie retentissaient, a raconté un porte-parole des rebelles. Mais ces derniers ont annoncé hier avoir tué 30 tireurs embusqués des forces régulières et réussi à regagner le centre-ville, où étaient déployés des blindés de l'armée de Kadhafi. Les forces loyalistes y ont tué 109 personnes et en ont blessé plus de 1 300 depuis le début de leur offensive vendredi dernier, a indiqué un médecin de l'hôpital de la ville.
Près d'Ajdabiya, à 160 km au sud de Benghazi, le fief des rebelles dans l'est, un grand nombre d'insurgés avançaient rapidement pour reprendre le contrôle de cette ville-clé. Des combats se déroulaient à l'intérieur de la ville entre pro-Kadhafi et rebelles. Selon un porte-parole des insurgés à Benghazi, Ahmad Omar Bani, certains des pro-Kadhafi à Ajdabiya sont « prêts à se rendre » et les insurgés communiquent avec eux par l'intermédiaire de chefs religieux dans des mosquées.
En outre, les États-Unis ont appelé hier les militaires libyens à « cesser de combattre » contre leurs propres compatriotes et à ne pas obéir aux ordres du colonel Mouammar Kadhafi, a indiqué un haut responsable du Pentagone, le vice-amiral Bill Gortney.
Sur le plan diplomatique, les pays de l'OTAN ont trouvé un accord de principe hier après des négociations au forceps pour prendre en main le commandement militaire des opérations en Libye, en remplacement de la coalition menée par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Toutefois, tous les détails n'étaient pas encore réglés dans la soirée. Car la Turquie reste mécontente des règles de fonctionnement prévues pour la zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen, insistant pour éviter des bombardements contre des cibles au sol, selon un diplomate. Les ambassadeurs des 28 États de l'Alliance poursuivaient de ce fait leurs tractations. Ils négocient d'arrache-pied à Bruxelles depuis des jours pour tenter de s'entendre sur le rôle exact dévolu dans l'intervention militaire en Libye.
De nombreux pays occidentaux insistaient pour que l'OTAN prenne totalement le relais. Mais la France, redoutant de s'aliéner l'opinion arabe et soucieuse de garder une marge de manœuvre pour les frappes en Libye sans avoir à toujours demander l'aval des pays de l'Alliance, a été longtemps très réservée.
Le Parlement turc avait approuvé de son côté le principe d'une participation aux opérations, dans le cadre de l'OTAN, ont affirmé des sources parlementaires. De son côté, le chef d'état-major des armées du Qatar, le général-major Hamad ben Ali al-Attyah, a déclaré que « le Qatar respectera ses engagements sur la scène internationale ». Le Qatar est actuellement le seul pays arabe à participer, avec deux Mirage 2000, à la campagne aérienne de la coalition internationale.
Par ailleurs, le président russe, Dmitri Medvedev, a demandé hier à son homologue américain, Barack Obama, d'éviter de faire des victimes civiles en Libye.
Enfin, Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré hier que les autorités libyennes n'ait pris aucune mesure pour remplir leurs obligations inscrites dans la résolution adoptée il y a une semaine par le Conseil de sécurité.
(Source : agences)

