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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Je pense quand je suis...

Je pense quand je suis... en train de me brosser les dents, sous la douche, aux toilettes, en voiture, dans une salle d'attente, sur mon treademill. On n'a plus vraiment de moments dédiés à la pensée, à l'introspection, à la remise en question. On les dérobe, ces instants. Et au lieu de se consacrer à la réflexion, on préfère agir. Probablement parce qu'on est en perpétuel mouvement. Sans cesse dans l'immédiat, le superficiel. Sur le qui-vive en permanence, constamment occupé. Occupé, souvent, à ne rien faire, certes, mais occupé quand même. Le temps de penser est donc devenu une denrée rare. Un luxe. Et le luxe, c'est cher. La question du jour n'est pas du tout d'ordre philosophique. Nous n'allons pas disserter sur Descartes, ni contempler la sculpture de Rodin (quoi que). On n'en a ni le temps ni l'espace (4500 signes, ça fait chétif pour un Essai). C'est juste que le constat est étonnant. Sacrément surprenant. Quand pense-t-on ? Et bien, quand on en a le temps. Si on a le temps. Temps de brossage de dents conseillé par le dentiste : 4 minutes. C'est ça de gagné. 4 minutes pour refaire le monde. Réfléchir à sa journée. Se demander comment on va s'habiller. Ce qu'on va faire de ce contrat. Comment gérer les susceptibilités de son collègue. Tant d'interrogations qui passent par la tête. Et rebelote sous la douche. Là, déjà, on gagne un peu de temps. S'il y a lavage de cheveux, rasage des jambes ou de menton et gommage à la «liffé», c'est parti pour une bonne dizaine de minutes de réflexion. Que vais-je lui dire? J'ai des condoléances cet après-midi. Quoi écrire? Quoi faire? Des petits questionnements plutôt qu'une pensée construite, c'est vrai. Mais c'est déjà ça. Parce qu'entre deux passages du gant de toilette couleur vert pomme, il y a souvent de bonnes résolutions qui sont prises. Et puis, c'est ainsi que, parfois, les meilleures idées viennent. Réunion express au sommet. 10 minutes pour décider de l'avenir d'une entreprise ou d'un employé. Pas de brainstorming. Et c'est bien dommage. Car on a tendance à oublier qu'il n'y a souvent pas d'urgence, seulement des gens pressés. Trajet en voiture, 23 minutes aller, 37 au retour. En voilà un temps de pensée conséquent. Sauf que coincé dans un embouteillage, on préfère passer ses coups de fil, écouter le flash info et insulter le voisin dans la voiture à côté parce qu'il vient de nous faire une queue de poisson digne d'Ordralfabétix. Alors «Être ou ne pas être», telle n'est pas du tout la question à l'ordre du jour. J'y penserai demain, pendant mes 45 minutes de longueurs. C'est que le crawl, ça aide à mettre ses priorités en perspective. J'investis ou pas? Je démissionne? Je plie bagage? Et je fais comment? Ça a le mérite de calmer aussi. Comme au moment de dormir. Rien ne vaut une bonne petite réflexion pré-endormissement. Oui d'accord, ça peut foutre en l'air le sommeil, si la réflexion est tant soit peu anxieuse ou compliquée. Il faut avouer que le silence est propice. Oui, mais. Sauf que... La grande question qui se pose et à laquelle on accorde très peu de temps est la suivante: et si on ne voulait plus réfléchir, penser, méditer? Et si, finalement, on faisait tout, mais alors tout, pour ne pas avoir à se distancier ni à relativiser. On dîne dehors quasiment tous les soirs, on s'endort devant la télé, on parle au téléphone sous la douche, on lit le journal aux toilettes. On fait deux, trois, voire quatre choses en même temps. Comme ça, plus de temps pour la cogitation. Pas une place dans le cerveau, trop busy à surfer sur le Net, regarder Gossip Girl et bbmer à ses 143 amis. C'est terrifiant de penser. De s'arrêter de courir et de voir où on en est. Où en est notre vie. Où sont passés nos rêves. Il est tellement plus aisé de speeder et de rester englué dans l'immédiat, que d'aller scruter le profond de son âme. Ah ça, pour la vitesse, on est passé maîtres. Steve Austin peut aller se coucher. Dans le genre bionique, on a surpassé le maître. Tellement, qu'on ne réfléchit plus avant de parler. On ne tourne plus sa langue sept fois avant d'évacuer une connerie, d'irriter ou de blesser quelqu'un. Ça sort, tel quel. Et c'est souvent après qu'on y (re)pense. Serge, comme tu avais raison, si seulement on pouvait... «Mieux vaut ne penser à rien que de ne pas penser du tout».
Je pense quand je suis... en train de me brosser les dents, sous la douche, aux toilettes, en voiture, dans une salle d'attente, sur mon treademill. On n'a plus vraiment de moments dédiés à la pensée, à l'introspection, à la remise en question. On les dérobe, ces instants. Et au lieu de se consacrer à la réflexion, on préfère agir. Probablement parce qu'on est en perpétuel mouvement. Sans cesse dans l'immédiat, le superficiel. Sur le qui-vive en permanence, constamment occupé. Occupé, souvent, à ne rien faire, certes, mais occupé quand même. Le temps de penser est donc devenu une denrée rare. Un luxe. Et le luxe, c'est cher. La question du jour n'est pas du tout d'ordre philosophique. Nous n'allons pas disserter sur Descartes, ni contempler la sculpture de Rodin (quoi que). On n'en a ni le temps ni l'espace (4500...
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