Pendant quelques semaines la candidature de notre ambassadeur à Madrid, Chucri Abboud, au poste de directeur exécutif adjoint du Conseil oléicole mondial (COI) m'a donné l'occasion de vivre intensément son « combat ». Ce n'est pas que je manque d'événements intenses dans ma dure vie d'économiste du développement au Levant, mais l'ami, l'ancien étudiant, le diplomate, l'humaniste qu'est « Chico » ne pouvait me laisser froid ni même tiède, s'agissant de quelqu'un qui m'a toujours été particulièrement proche et qui a su toujours transmettre ses passions.
Je suis certain de ne pas avoir été le seul à rechercher le moyen de l'appuyer dans son « intelligente » candidature au COI. Je suis sûr qu'il n'a pas manqué de vitaliser tous ses contacts, ni de solliciter tous les appuis tant la sympathie d'une majorité écrasante lui était acquise. Il semble que sa candidature n'a pas été retenue, parce que « Chico » gêne, en particulier quelques personnes. Il est un boute-en-train qui travaille, et ça, les organismes internationaux, encrassés dans leur routine, n'en veulent pas.
« Chico » est un créateur, un innovateur, une véritable dynamo, et ça aussi les organismes internationaux rouillés par les années n'en veulent pas. Il est plein d'espoir en l'avenir et un battant, malgré l'adversité, et ça les organismes internationaux, pétris de médiocrité scientifique, n'en veulent pas.
« Chico » n'est pas un tiède ; il apporte la joie dans les milieux où il travaille, et ça les organismes internationaux, composés d'amortis - même parmi les jeunes -, ils n'en veulent pas.
Oui, le grand perdant, c'est d'abord le COI, qui continuera à somnoler à l'ombre de ses plans, conférences et séminaires. C'est ensuite le monde de l'olive qui - même si « Chico » n'est pas un expert agronome - aurait certainement été secoué positivement par ses capacités d'innovateur expérimenté. C'est aussi la Méditerranée, où très peu, tant au Nord qu'au Sud, savent apprécier cette valeur ajoutée qu'apportent certains Libanais, dont Chucri est un exemple frappant. C'est le Liban, qui avait tellement besoin d'un poste de choix sur la scène internationale. Ce sont les collègues, coreligionnaires, amis et camarades de « Chico » qui croient en ses capacités de « souleveur de montagnes ». Les perdants sont enfin Chucri lui-même, Andrea son épouse et leurs petites princesses, une équipe qui a encore tellement à donner.
Il y a longtemps que nous avons perdu tout espoir de voir les organismes internationaux faire les bons choix. Il y a longtemps que nos illusions se sont dissipées quant à leur aptitude à réussir dans leur mission.
La révolte des jeunes changera-t-elle le monde ? « Chico » est un éternel jeune qui aurait pu dynamiser et canaliser l'effort des jeunes.
Dommage pour le COI.
NDLR - Ayant reçu copie de la lettre de M. Saadé, M. Chucri Abboud a voulu apporter deux rectifications :
1) C'est le gouvernement libanais (et non moi-même) qui a posé ma candidature.
2) J'ai reçu l'appui de la majorité écrasante des pays membres du COI. Malgré cela, la Commission européenne n'a pas suivi.

