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Liban - Déplacement

Hariri à Tripoli : Ce sera « l’État ou la tutelle des armes »

Le Premier ministre sortant a couronné hier sa visite à Tripoli par un grand rassemblement populaire au site de la Foire Rachid Karamé.

Le Premier ministre sortant saluant la foule dans le grand hall de la Foire internationale Rachid Karamé. Photo Dalati et Nohra

Une foule énorme – des « dizaines de milliers de personnes », à en croire l’Agence nationale d’information (ANI, officielle) – s’est rassemblée hier à l’intérieur et à l’extérieur du grand hall de la Foire internationale Rachid Karamé, à Tripoli, pour entendre le discours que devait prononcer le Premier ministre sortant, Saad Hariri, au terme d’une tournée de quarante-huit heures dans cette ville.
Cette tournée triomphale prend toute sa signification politique au moment où l’enfant de la ville, le Premier ministre désigné Nagib Mikati, peine à former son gouvernement.
Initialement, le meeting devait avoir lieu uniquement à l’intérieur du grand hall, mais face à l’affluence du public, le Courant du futur a dû disposer des écrans géants à l’extérieur, précise l’ANI.
Les organisateurs du meeting ont déclaré sur ce plan qu’ils ont été eux-mêmes surpris par l’ampleur de la participation au rassemblement, précisant qu’ils s’attendaient à accueillir 20 000 personnes dans la salle du grand hall. « Or près de 30 000 personnes se sont rassemblées à l’intérieur et non moins de 60 000 à l’extérieur, ce qui a dépassé toutes nos attentes », ont-ils souligné.
Une source tripolitaine a indiqué que l’ampleur du rassemblement d’hier à constitué un plébiscite pour M. Hariri et le 14 Mars, en même temps qu’un geste de sanction à l’égard de M. Nagib Mikati. En soirée, une source du PM désigné a réfuté cette interprétation, soulignant que « nul ne devrait se poser en porte-parole des Tripolitains ».
Pour en revenir à M. Hariri, il a déclaré au début du meeting : « Je suis venu ici, à Tripoli, au cœur du Nord, pour exprimer avec vous et en votre nom mes salutations et mes remerciements à tout le peuple libanais avec qui nous étions place de la Liberté, dimanche dernier, afin de dire au monde entier : non à la suprématie des armes (illégales) au Liban. »
« Je vous remercie parce qu’en participant au rassemblement de la place de la Liberté, vous avez permis au Liban, à tous les Libanais et à moi, Saad Rafic Hariri, de garder la tête haute », a-t-il ajouté.
« D’habitude, je venais à vous, comme il est de mon devoir de le faire, lors des occasions nationales, pour demander votre soutien au Courant du futur et au 14 Mars, et vous avez toujours répondu à notre appel. Mais cette fois, tout comme en 2005, vous avez agi sans autre appel que celui du pays, de la liberté et de la justice », a-t-il dit.
Et de poursuivre : « Personne au Liban n’oublie que cette ville a donné naissance au Premier ministre martyr Rachid Karamé et qu’elle se tenait fièrement aux côtés du Premier ministre martyr Rafic Hariri. D’ici, de la Foire internationale Rachid Karamé, je vous le dis, moi Saad Rafic Hariri : je suis convaincu que vous ne permettrez pas aux armes utilisées pour intimider autrui de décider du sort de votre pays, de consacrer leur tutelle, d’abolir la justice et la vérité, et d’entraîner le Liban dans le sillage d’un axe régional que vous rejetez et qui cherche à modifier l’esprit de notre pacte national consacré par Taëf. »
« Je vous retrouve ici, non pas en ma qualité de chef de gouvernement ou en tant que candidat à un poste quelconque. Je suis l’un de vous et je brandis votre slogan, celui pour lequel Rafic Hariri a sacrifié sa vie et pour lequel vous étiez sur la place de la Liberté le 14 mars 2005 et vous y êtes retournés cette année. Ce slogan ne changera jamais, il est irréversible : l’État qui, seul, nous sauve, nous protège et protège le Liban », a lancé M. Hariri.
« Voilà pourquoi le but derrière la tutelle des armes est d’anéantir l’État comme idée et comme réalité. Hier, ils faisaient tout pour paralyser l’État ; aujourd’hui, ils œuvrent à le soumettre, par la consécration de la tutelle des armes et l’abolition de la justice. Chaque fois que quelqu’un dit un mot juste et chaque fois que Tripoli et le Nord disent un mot juste, les promoteurs de la tutelle des armes nous accusent de semer la discorde. Non, c’est la suprématie des armes qui mène à la discorde. Dire le contraire relève de l’intimidation », a-t-il souligné.
« Nous n’avons que deux options : l’État ou la tutelle des armes. Les Libanais l’ont dit à haute voix : nous ne voulons d’autre armée au Liban que l’armée libanaise. Et aujourd’hui, de Tripoli, nous disons au monde entier : nous ne voulons d’autre État au Liban que l’État libanais », a-t-il encore lancé.
« Votre ouverture d’esprit, ici à Tripoli et au Nord, incarne le message du Liban dans le monde, ce message qui pousse les musulmans au Liban à se féliciter eux-mêmes avant de féliciter leurs frères chrétiens pour l’élection du nouveau patriarche maronite, Béchara Raï, dont le nom porte la bonne nouvelle pour le Liban et tous les Libanais de toutes les religions et régions », a-t-il dit.
« Lorsque nous prions nos frères et partenaires chiites libanais de se joindre à nous dans le soutien à l’État, nous savons à l’avance qu’ils ne sont pas étrangers aux enseignements de leurs grands imams et de leurs intellectuels libres. Ces enseignements disent que chaque communauté libanaise qui a été tentée de réaliser son propre projet a échoué et que toutes les tentatives de dualité entre l’État et une autre autorité ou un mini-État ou même un autre État ont échoué », a noté M. Hariri.
« Tous les projets particuliers dans l’histoire du Liban ont abouti à des tragédies pour l’ensemble des Libanais et se sont terminés par un échec. C’est le prix que nous essayons, avec vous, nos frères chiites, d’épargner au pays. Et nous sommes convaincus que vous savez, comme tous les Libanais, que lorsque les projets privés deviennent impossibles, l’État demeure l’unique solution », a-t-il fait remarquer.
« Nos frères chiites savent que ceux qui croient en l’État et qui demandent que les armes soient sous son contrôle ne sont pas des traîtres. Les accusations de trahison ne trompent plus personne. Nul au Liban ne supporte plus de s’entendre dire que tous ceux qui veulent un État fort et uni sont des traîtres ou qu’ils sont engagés dans un projet isolationniste », a-t-il ajouté.
« Nous sommes ceux qui œuvrent pour rétablir le rôle véritable du Liban comme porte du monde arabe vers le monde et comme centre culturel, éducationnel, scientifique et économique pour les Arabes », a déclaré M. Hariri.

Hariri et Siniora chez Fadel
Auparavant dans la journée, M. Hariri, accompagné notamment de l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, avait pris part à la prière du vendredi à la mosquée Omar ben Khattab, à Mina. Dans son prêche, le mufti de Tripoli, cheikh Malek Chaar, a mis l’accent sur la nécessité de justice dans le pays et stigmatisé toute action de force d’une fraction libanaise contre l’autre.
Après la prière et un grand bain de foule à l’extérieur de la mosquée, MM. Hariri et Siniora se sont rendus au domicile du député Robert Fadel qui les a reçus en présence de plusieurs responsables religieux chrétiens de la ville, notamment le métropolite grec-orthodoxe Ephrem Kyrakos et l’évêque maronite Georges Aboujaoudé.
Dans une allocution, M. Fadel a rappelé que les députés de Tripoli avaient mis au point après les dernières élections législatives un plan de développement pour cette ville, « la plus pauvre du bassin méditerranéen », selon le député.
« Ce que peu de gens savent, c’est que sans l’aide et l’encouragement (de M. Hariri), ce plan n’aurait pas pu voir le jour », a ajouté M. Fadel, précisant que ce plan avait principalement pour objectif de créer des opportunités d’emplois dans le chef-lieu du Liban-Nord.
De son hôtel à Tripoli, M. Hariri avait d’autre part effectué jeudi soir des contacts téléphoniques avec le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et le délégué du Liban à l’ONU, Nawwaf Salam, afin d’ « obtenir la meilleure résolution au Conseil de sécurité pour protéger le peuple libyen », a rapporté l’ANI.

Une foule énorme – des « dizaines de milliers de personnes », à en croire l’Agence nationale d’information (ANI, officielle) – s’est rassemblée hier à l’intérieur et à l’extérieur du grand hall de la Foire internationale Rachid Karamé, à Tripoli, pour entendre le discours que devait prononcer le Premier ministre sortant, Saad Hariri, au terme d’une tournée de quarante-huit heures dans cette ville.Cette tournée triomphale prend toute sa signification politique au moment où l’enfant de la ville, le Premier ministre désigné Nagib Mikati, peine à former son gouvernement. Initialement, le meeting devait avoir lieu uniquement à l’intérieur du grand hall, mais face à l’affluence du public, le Courant du futur a dû disposer des écrans géants à l’extérieur, précise l’ANI.Les organisateurs du...
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