moi ? Il n'en est pas question, avec mes talons de 15 centimètres ! Je reste en arrêt total malgré la symphonie de klaxons qui s'accorde au degré d'irritation d'une queue de chauffeurs impatients, et qui va donc crescendo (la queue et la symphonie).
À noter que ceux-ci, je veux dire les chauffeurs, vont simplement avancer de deux mètres pour chercher à leur tour un autre valet devant un autre resto. Mais eux, ça ne fait rien. Ce qui vaut pour un Libanais ne vaut que pour lui. Mais comme nous sommes tous libanais.
Alors ?...
Alors vous feriez mieux de prévoir ce genre de situation et donc d'arriver à l'avance dans cette rue de Gemmayzé. Mais que dis-je ? Qui parle de temps n'habite pas le Liban. Ici, le temps s'écoule lentement mais sûrement, et 9 heures ça devient 9h30 ou même 10 heures ! Et alors ?...
Alors, après deux minutes d'attente (essayez de chronométrer deux vraies minutes sur votre montre) arrive enfin le cher valet (ou le valet cher, il me coûtera en effet au moins 5 000 LL la course, si ce n'est une réparation qui sera nécessaire suite à sa conduit approximative). Il me remet un ticket sur lequel est marqué un numéro qui me permettra, et à lui aussi, de récupérer ma voiture en temps voulu. Et je descends de celle-ci, évitant les crevasses qui m'assureraient une entorse, ou pire une fracture. Qui m'empêcherait, elle, d'assister à ce fameux dîner pour lequel j'ai dépensé une petite fortune. Entre le coiffeur, la manucure, le sac qui me manquait et la chemise qui irait avec ma ceinture dorée.
Pour ce qui est du valet de cœur, encore une soirée, encore une déception. Rien que des types mariés ou accompagnés de laiderons. Il faut dire que la première catégorie est beaucoup plus entreprenante que la deuxième, mais la chasse à l'homme tournera court encore une fois, et je décide de quitter au plus tôt cette soirée où je représente une menace rien que de m'être présentée seule et donc disponible. Promis, la prochaine fois, je m'accroche au bras du jules de mon meilleur ami et tout le monde m'aimera plus.
Bon, maintenant il s'agit de retrouver le valet, le seul qui me sera utile ce soir car il va me ramener ma voiture qui, elle, me ramènera chez moi. Hey, weinak ? Siyyarteh, please ? Et c'est parti pour un plongeon dans mon sac à la recherche du ticket perdu. Et mon valet, qui est un as de patience, attend que sa dame veuille bien lui remettre cette carte sans laquelle rien ne va plus. Et pendant un long temps, mais qui parle de temps n'habite pas le Liban... la dame se tiendra à carreau sur le trottoir, essayant d'esquiver les propositions qui lui seront faites tour à tour par des jokers qui se veulent rois de cœur mais qui sont plutôt rois des c...
Enfin ma voiture vint et le cher valet (ou le valet cher) s'extirpe lestement d'un siège qu'il avait ajusté à sa (dé)mesure, me laissant deux minutes pour rajuster le siège, la station radio et le rétroviseur. Encore une fois, je serai accompagnée d'une symphonie de klaxons qui s'accordera au degré d'irritation d'une queue de chauffeurs impatients et qui ira donc crescendo (la queue et la symphonie).
Tawloh beilkoun, walaowww !


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef