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Liban - Éclairage

Mikati donne un coup d’accélérateur à sa mission...

La principale conséquence du rassemblement du 13 mars a été d'accélérer le processus de formation du gouvernement. C'est en tout cas ce qu'affirment depuis quelques jours les différents pôles de la nouvelle majorité, qui ajoutent que ce sera ainsi la réponse la plus constructive à ce rassemblement qualifié par eux de « décevant, tant sur le plan de la mobilisation que sur celui du contenu politique ». Certes, précisent les sources de la majorité, nul ne nie la présence de nombreux partisans place des Martyrs, dimanche, mais de là à avancer le chiffre d'un million ou même de centaines de milliers il y a quand même une grande amplification et une utilisation démesurée des jeux visuels. De toute façon, le problème n'est pas là. Au Liban, tout le monde sait, ajoutent les mêmes sources, que chaque camp a son public prêt à se mobiliser pour lui. La question, ajoutent ces sources, qui se pose est la suivante : pourquoi Saad Hariri a-t-il tellement haussé le plafond sans offrir un plan ou même une feuille de route, ou encore un mécanisme qui permettrait de concrétiser le slogan « Non aux armes », alors qu'il sait que ce slogan est difficile à réaliser. Déjà, le député de Tripoli, membre du Courant du futur, Samir Jisr a reconnu qu'il fallait revenir à la conférence de dialogue. Thème repris d'ailleurs par Walid Joumblatt. Ce qui laisse supposer que les possibilités de débat et de rencontres ne sont pas fermées. Une source de la majorité révèle toutefois que, même après la désignation de Nagib Mikati, Saad Hariri avait envoyé un message aux autorités syriennes, par le biais des ministres des AE qatari et turc, selon lequel il serait prêt à « défendre le Hezbollah » à condition de redevenir Premier ministre. Toujours selon la source de la majorité, les autorités syriennes en auraient parlé avec le Hezbollah et auraient tenté de le convaincre, mais ce dernier aurait opposé un refus catégorique pour la bonne raison qu'entre-temps l'acte d'accusation avait été remis par le procureur Bellemare au juge Fransen et que comme l'avait déclaré le secrétaire général du Hezbollah, après la remise de l'acte d'accusation, il serait trop tard pour négocier. À cet égard, certaines parties au sein de la majorité estiment d'ailleurs qu'il aurait peut-être été préférable pour le Hezbollah d'accepter cette offre, et toute cette radicalisation extrême des positions n'aurait pas eu lieu. Mais pour le Hezbollah, c'était à la fois une question de principe et une crise de confiance dans la personne de Hariri.
Aujourd'hui, c'est en tout cas trop tard pour ce genre de considération, et la majorité attend une initiative du Premier ministre Nagib Mikati. Ce dernier a d'ailleurs rencontré au cours des dernières heures le conseiller politique du président de la Chambre, une délégation du Hezbollah et le ministre Gebran Bassil. Il devrait aussi s'entretenir très bientôt avec le général Aoun. Ce qui permet de croire à une accélération des contacts en vue de la formation du gouvernement. Deux formules sont à l'étude, la première est de 24 ministres (5 maronites, 5 chiites, 5 sunnites, 3 grecs-orthodoxes, 2 grecs-catholiques, 2 druzes et deux Arméniens et minorités) et la seconde, élargie, va jusqu'à 30. Selon des sources proches de Mikati, ce dernier préférerait une équipe de 24, dont plusieurs noms sont d'ailleurs déjà connus. Les mêmes sources ajoutent que les questions qui restent à trancher sont la distribution des portefeuilles, notamment entre le président Michel Sleiman et le chef du CPL, et leur nombre. En gros, on pourrait déjà dire que les ministres grecs-catholiques devraient être Charbel Nahas et Nicolas Fattouche, les druzes Ghazi Aridi et Talal Arslane, les grecs-orthodoxes Élie Ferzli, Fayez Ghosn et Nicolas Nahas. Chez les sunnites, les noms de Mikati, Safadi, Fayçal Karamé (si les réserves de l'allié de Mikati, Ahmad Karamé, sont levées) et Alaeddine Terro sont avancés, avec un nom qui reste inconnu. Chez les chiites, Berry aurait déjà choisi Mohammad Khalifé et Ghazi Zeayter, et le Hezbollah Adnane Sayed Hussein et Mohammad Fneiche. Le cinquième nom reste en suspens. Les noms maronites restent les plus opaques. On parle bien sûr de Gebran Bassil et Fady Abboud, ainsi que du candidat de Frangié et de celui du président, l'avocat Nagi Boustany en plus (?) de Ziyad Baroud. Bref, il ne devrait pas y avoir de grande surprise, et c'est dans l'équilibre des forces et la distribution des portefeuilles que l'on pourra vraiment donner une première évaluation du gouvernement... en attendant de le voir à l'œuvre. La méthode Mikati de laisser passer les vagues a fait ses preuves, estiment ses proches. Depuis sa désignation, il n'a cessé d'absorber les chocs destinés à l'ébranler : la première visite des muftis sunnites voulant le pousser à se résigner, la rencontre de Dar el-Fatwa, les « entretiens monologues » avec Saad Hariri, la commémoration du 13 février puis le rassemblement du 14 mars... Il ne réagit pas ou presque, tente de calmer le jeu et d'arrondir les angles, misant sur le temps pour atténuer les rancœurs et apaiser les tensions. Le dernier communiqué du Conseil de coopération du Golfe, réuni à Riyad, qui, dit-il, contrairement à l'avis de l'opposition, l'a appuyé dans la mission de la formation du gouvernement, lui assure désormais, selon lui, la couverture de ces pays. Il pourrait donc, selon ses proches, avoir les coudées plus franches pour reprendre l'initiative. D'autant que le monde entier a désormais d'autres priorités...
La principale conséquence du rassemblement du 13 mars a été d'accélérer le processus de formation du gouvernement. C'est en tout cas ce qu'affirment depuis quelques jours les différents pôles de la nouvelle majorité, qui ajoutent que ce sera ainsi la réponse la plus constructive à ce rassemblement qualifié par eux de « décevant, tant sur le plan de la mobilisation que sur celui du contenu politique ». Certes, précisent les sources de la majorité, nul ne nie la présence de nombreux partisans place des Martyrs, dimanche, mais de là à avancer le chiffre d'un million ou même de centaines de milliers il y a quand même une grande amplification et une utilisation démesurée des jeux visuels. De toute façon, le problème n'est pas là. Au Liban, tout le monde sait, ajoutent les mêmes sources, que chaque camp a son...
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