Aujourd'hui, c'est en tout cas trop tard pour ce genre de considération, et la majorité attend une initiative du Premier ministre Nagib Mikati. Ce dernier a d'ailleurs rencontré au cours des dernières heures le conseiller politique du président de la Chambre, une délégation du Hezbollah et le ministre Gebran Bassil. Il devrait aussi s'entretenir très bientôt avec le général Aoun. Ce qui permet de croire à une accélération des contacts en vue de la formation du gouvernement. Deux formules sont à l'étude, la première est de 24 ministres (5 maronites, 5 chiites, 5 sunnites, 3 grecs-orthodoxes, 2 grecs-catholiques, 2 druzes et deux Arméniens et minorités) et la seconde, élargie, va jusqu'à 30. Selon des sources proches de Mikati, ce dernier préférerait une équipe de 24, dont plusieurs noms sont d'ailleurs déjà connus. Les mêmes sources ajoutent que les questions qui restent à trancher sont la distribution des portefeuilles, notamment entre le président Michel Sleiman et le chef du CPL, et leur nombre. En gros, on pourrait déjà dire que les ministres grecs-catholiques devraient être Charbel Nahas et Nicolas Fattouche, les druzes Ghazi Aridi et Talal Arslane, les grecs-orthodoxes Élie Ferzli, Fayez Ghosn et Nicolas Nahas. Chez les sunnites, les noms de Mikati, Safadi, Fayçal Karamé (si les réserves de l'allié de Mikati, Ahmad Karamé, sont levées) et Alaeddine Terro sont avancés, avec un nom qui reste inconnu. Chez les chiites, Berry aurait déjà choisi Mohammad Khalifé et Ghazi Zeayter, et le Hezbollah Adnane Sayed Hussein et Mohammad Fneiche. Le cinquième nom reste en suspens. Les noms maronites restent les plus opaques. On parle bien sûr de Gebran Bassil et Fady Abboud, ainsi que du candidat de Frangié et de celui du président, l'avocat Nagi Boustany en plus (?) de Ziyad Baroud. Bref, il ne devrait pas y avoir de grande surprise, et c'est dans l'équilibre des forces et la distribution des portefeuilles que l'on pourra vraiment donner une première évaluation du gouvernement... en attendant de le voir à l'œuvre. La méthode Mikati de laisser passer les vagues a fait ses preuves, estiment ses proches. Depuis sa désignation, il n'a cessé d'absorber les chocs destinés à l'ébranler : la première visite des muftis sunnites voulant le pousser à se résigner, la rencontre de Dar el-Fatwa, les « entretiens monologues » avec Saad Hariri, la commémoration du 13 février puis le rassemblement du 14 mars... Il ne réagit pas ou presque, tente de calmer le jeu et d'arrondir les angles, misant sur le temps pour atténuer les rancœurs et apaiser les tensions. Le dernier communiqué du Conseil de coopération du Golfe, réuni à Riyad, qui, dit-il, contrairement à l'avis de l'opposition, l'a appuyé dans la mission de la formation du gouvernement, lui assure désormais, selon lui, la couverture de ces pays. Il pourrait donc, selon ses proches, avoir les coudées plus franches pour reprendre l'initiative. D'autant que le monde entier a désormais d'autres priorités...
Liban - Éclairage
Mikati donne un coup d’accélérateur à sa mission...
OLJ / Par Scarlett HADDAD, le 16 mars 2011 à 00h50
Aujourd'hui, c'est en tout cas trop tard pour ce genre de considération, et la majorité attend une initiative du Premier ministre Nagib Mikati. Ce dernier a d'ailleurs rencontré au cours des dernières heures le conseiller politique du président de la Chambre, une délégation du Hezbollah et le ministre Gebran Bassil. Il devrait aussi s'entretenir très bientôt avec le général Aoun. Ce qui permet de croire à une accélération des contacts en vue de la formation du gouvernement. Deux formules sont à l'étude, la première est de 24 ministres (5 maronites, 5 chiites, 5 sunnites, 3 grecs-orthodoxes, 2 grecs-catholiques, 2 druzes et deux Arméniens et minorités) et la seconde, élargie, va jusqu'à 30. Selon des sources proches de Mikati, ce dernier préférerait une équipe de 24, dont plusieurs noms sont d'ailleurs déjà connus. Les mêmes sources ajoutent que les questions qui restent à trancher sont la distribution des portefeuilles, notamment entre le président Michel Sleiman et le chef du CPL, et leur nombre. En gros, on pourrait déjà dire que les ministres grecs-catholiques devraient être Charbel Nahas et Nicolas Fattouche, les druzes Ghazi Aridi et Talal Arslane, les grecs-orthodoxes Élie Ferzli, Fayez Ghosn et Nicolas Nahas. Chez les sunnites, les noms de Mikati, Safadi, Fayçal Karamé (si les réserves de l'allié de Mikati, Ahmad Karamé, sont levées) et Alaeddine Terro sont avancés, avec un nom qui reste inconnu. Chez les chiites, Berry aurait déjà choisi Mohammad Khalifé et Ghazi Zeayter, et le Hezbollah Adnane Sayed Hussein et Mohammad Fneiche. Le cinquième nom reste en suspens. Les noms maronites restent les plus opaques. On parle bien sûr de Gebran Bassil et Fady Abboud, ainsi que du candidat de Frangié et de celui du président, l'avocat Nagi Boustany en plus (?) de Ziyad Baroud. Bref, il ne devrait pas y avoir de grande surprise, et c'est dans l'équilibre des forces et la distribution des portefeuilles que l'on pourra vraiment donner une première évaluation du gouvernement... en attendant de le voir à l'œuvre. La méthode Mikati de laisser passer les vagues a fait ses preuves, estiment ses proches. Depuis sa désignation, il n'a cessé d'absorber les chocs destinés à l'ébranler : la première visite des muftis sunnites voulant le pousser à se résigner, la rencontre de Dar el-Fatwa, les « entretiens monologues » avec Saad Hariri, la commémoration du 13 février puis le rassemblement du 14 mars... Il ne réagit pas ou presque, tente de calmer le jeu et d'arrondir les angles, misant sur le temps pour atténuer les rancœurs et apaiser les tensions. Le dernier communiqué du Conseil de coopération du Golfe, réuni à Riyad, qui, dit-il, contrairement à l'avis de l'opposition, l'a appuyé dans la mission de la formation du gouvernement, lui assure désormais, selon lui, la couverture de ces pays. Il pourrait donc, selon ses proches, avoir les coudées plus franches pour reprendre l'initiative. D'autant que le monde entier a désormais d'autres priorités...

