Le maestro Gianluca Marciano
Pour le 17 mars, dans le cadre du Festival al-Bustan, Mithridate s'impose comme une étape attendue dans le maillon des concerts et des événements musicaux et culturels qui se suivent sans se ressembler.
Dans la fosse de l'avant-scène, l'orchestre de chambre de l'Opéra de Tbilissi, dirigé par Gianluca Marciano, avec un casting de ténors, soprani et alto pour faire vivre, selon les normes de l'art lyrique, ce drame antique.
Plus de sept personnages principaux dont Mithridate, campé par Yang Yang, Aspasie par Teona Dvali, Sifare par Irine Taboritze et Pharnace par Sofio Janelidze.
Intrigue politique, drame de la jalousie et rivalité fraternelle sont la trame essentielle de cette histoire se situant en Crimée, aux abords de la mer Noire. Mithridate en guerre contre Rome laisse son trône à ses deux fils, Pharnace et Sifare, aux options politiques divergentes (l'un est allié aux Romains, l'autre aux Grecs) mais qui, paradoxalement, aiment la même femme: Aspasie, fiancée d'Arbate, le gouverneur du roi absent.
Et de complot en déclarations d'amour, de couples qui se font et se défont, de trahison familiale en tractations et machinations politiques, voilà un ballet de situations invraisemblables pour arriver à l'annonce d'un Mithridate mourant suite à ses blessures de guerre.
En coulisses, luttes pour le pouvoir et pour le cœur d'une femme mais, en finale, quand les flottes romaines sont incendiées par Pharnace, le roi est toute clémence et tous chantent à l'unisson pour la gloire de la patrie.
Une des œuvres les plus contrastées du jeune Mozart, d'une maturité précoce, avec une palette de voix, en notant que pour l'époque les castrats étaient ceux qui triomphaient sur scène (notamment en Italie) et, pour cela, Pharnace, Sifare et Arbate, pour les besoins de la partition, ont des couleurs de voix lyriques
féminines...
Un moment bel cantiste rare à découvrir.


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