Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union monétaire réunis à Bruxelle ont refusé d'accorder dans l'immédiat une réduction du taux d'intérêt payé par l'Irlande, a annoncé le président de l'UE Herman Van Rompuy. /
Le nouveau Premier ministre Irlandais, Enda Kenny, n'a pas caché durant la campagne électorale son intention de renégocier les conditions du plan de sauvetage financier international de 85 milliards d'euros mis sur pied en novembre pour son pays, selon lui trop strictes.
Vendredi, il a plaidé non seulement pour une baisse des taux d'intérêt des prêts consentis à Dublin par ses partenaires européens (5,8% en moyenne), mais aussi d'un allongement du délai de remboursement, de sept ans. Sans succès.
Plusieurs pays européens, à commencer par l'Allemagne et la France, ont exigé en contrepartie que Dublin accepte de d'envisager une augmentation de son taux d'imposition sur les sociétés ou à tout le moins un élargissement de son assiette fiscale. Ce que M. Kenny a refusé.
Ce taux est considéré par plusieurs pays comme trop faible et proche d'un dumping fiscal.
"D'autres pays sont soucieux de préserver leur spécificité fiscale", a dit le président français Nicolas Sarkozy, citant Malte, la Slovaquie ou Chypre, mais, a ajouté le chef de l'État, "ces pays ne demandent pas aux autres de participer au financement de leurs plans" d'aide.
"C'est un sujet qui est très sensible pour nos amis irlandais. Je comprends. Je peux parfaitement le comprendre. Mais en même temps, l'ensemble des États membres de la zone euro ont fait valoir que lorsqu'on a la même monnaie, il et normal de converger, que la convergence ne pouvait pas toucher tous les domaine à l'exception de la convergence fiscale", a-t-il insisté.
"Nous n'étions pas encore vraiment satisfaits de ce que l'Irlande a proposé, et c'est pourquoi la baisse des taux d'intérêts (des aides accordées) a été décidée seulement pour la Grèce", qui elle est "prête à de nouveaux efforts supplémentaires", a dit de son côté la chancelière allemande Angela Merkel.
Quant au Premier ministre irlandais, Enda Kenny, il a promis de continuer de se battre durant "des semaines" pour défendre le taux d'imposition des sociétés implantées en Irlande.
"Ce n'était pas possible d'atteindre un accord pour l'Irlande ce soir. J'espère que les discussions vont se poursuivre intensément durant les prochaines semaines", a-t-il dit.


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