Une source proche du dossier a confirmé hier l'ouverture par l'Autorité des marchés financiers (AMF) d'une enquête, révélée peu auparavant par Le Monde.
L'AMF n'a pas prévenu Euro Disney de sa démarche, relativement courante puisque l'autorité lance près de 80 enquêtes par an, mais qui intervient alors que la flambée du cours et des volumes d'échange de titres de la compagnie le mois dernier continue d'intriguer et d'alimenter les rumeurs.
L'action a en effet vu sa valeur plus que doubler en seulement deux semaines en février et ses volumes bondir à des niveaux représentant parfois jusqu'à 13 % du capital contre moins de 1 % en temps normal. Le 17 février par exemple, 5,1 millions de titres ont changé de mains. Avant l'envolée, la moyenne se situait autour de 30 000 actions par séance et, hier, ils étaient revenus à un niveau plus normal : environ 54 000.
Plus de 38 millions de titres Euro Disney sont en circulation, dont la majeure partie dans le public, le flottant représentant 50,2 % du capital. De 4,70 euros en début d'année, l'action du groupe de loisirs a ainsi été propulsée à 9,09 euros le 25 février, un niveau plus vu depuis mi-2008. Point de départ de cette flambée boursière : la publication le 8 février des résultats du groupe au premier trimestre, mettant en évidence une activité en hausse grâce à des visiteurs plus nombreux et plus dépensiers. L'action bondit alors de 17 %, mais l'envolée se poursuit séance après séance sans que la communauté boursière trouve d'explications rationnelles à ce mouvement. Les résultats étaient solides, notent les analystes, mais nullement exceptionnels au point de déclencher une razzia sur le titre.
Face à ce mystère insondable, les rumeurs se multiplient. « Il y a eu un peu de tout », confirme un spécialiste de la valeur sous couvert d'anonymat. Et de citer un retrait de la cote et des rumeurs d'intérêt de la part de The Walt Disney Compagny, qui possède 39,8 % du capital du groupe. « Non seulement cela a été démenti, mais la méthode employée ne serait pas un achat massif de titres sur le marché », affirme l'analyste. Toujours dubitatif plusieurs semaines après l'envolée du titre, il estime que « des investisseurs ont peut-être spéculé sur cette hypothèse ».
Pour la société de Bourse Oddo, les « fantasmes » se sont cristallisés notamment sur le patrimoine immobilier d'Euro Disney encore majoritairement détenu par les banques. Mais « aucun élément ne plaide selon nous en faveur d'une externalisation du patrimoine immobilier du groupe à court terme, ni en faveur d'une accélération sensible du développement immobilier », s'empresse de préciser la société de Bourse. Quant à un rachat des minoritaires par la maison mère The Walt Disney Company, Oddo estime que ce scénario « a du sens, mais paraît peu probable ». Le groupe Euro Disney s'est lui aussi avoué désarmé et a répété à l'envi qu'aucun élément d'information ne permettait d'expliquer les mouvements sur le titre.
Mi-février, l'AMF a donc décidé de placer le titre sous surveillance, une mesure prise « à chaque fois que des mouvements inhabituels sont détectés ». Depuis, aucune déclaration de franchissement de seuil n'a été enregistrée par l'AMF et les rumeurs de retrait de la cote ne se sont pas matérialisées. Hier, le titre Euro Disney a terminé à l'équilibre, à 8,63 euros.
© AFP


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