Commençons par la capitale.
Bien sûr qu'il fait bon vivre au Liban, mais en est-il de même à Beyrouth ?
Certes, Beyrouth est le noyau de la vie commerciale, financière, culturelle et artistique, mais par ailleurs, Beyrouth pèche par son manque de standing et de notoriété urbaine. Conduire une voiture à Beyrouth, aujourd'hui, c'est une gymnastique à laquelle tous les conducteurs se livrent à qui mieux mieux, faisant fi du code de la route, au milieu de motards n'éprouvant aucun remords d'avoir brûlé les feux rouges ou circulé en sens interdit : tout cela sous les yeux d'agents soit absents, soit incompétents et dépassés par un trafic carrément incontrôlable. L'explosion du marché de l'immobilier (bâtiments d'habitation, centres commerciaux, restaurants, hôtel, etc.) à laquelle nous assistons, et cet essor économique enregistré dans le domaine privé, sont-ils suffisants à eux seuls pour relever le niveau de la capitale s'ils ne sont pas accompagnés et suivis par une autorité publique taillée à la hauteur de ses responsabilités et des aspirations de ses citadins ?
Mais quelle est donc cette autorité publique responsable ? Qu'en est-il de ces projets de parkings publics dont on parle depuis une décennie ? Des parkings sous les jardins publics et sous les grandes places, des parkings sous les grandes artères et sur les biens-fonds municipaux. Avec le flux croissant des dizaines de milliers de voitures qui, chaque jour, se déversent le matin sur Beyrouth et en sortent le soir, avec les parkings existants actuellement, de plus en plus rares, pour laisser la places aux mastodontes émergents dans tous les quartiers de la ville, comment pourrons-nous circuler, et encore pire : comment ferons-nous pour garer nos voitures dans les années à venir ?
Qu'en est-il de l'éclairage public qui, dans les grandes agglomérations, est une nécessité incontournable pour prévenir les accidents routiers et réduire les risques de vols et de forfaits noctures ? Cet éclairage est inexistant dans beaucoup de nos rues et ruelles (surtout à Beyrouth-Est) et absent sur les grands boulevards qui desservent les entrées nord et est de Beyrouth. Cet éclairage, présent sur un pylône et absent sur trois ou quatre autres, cet éclairage souvent inexistant le jour et absent la nuit...
Qu'en est-il de ces routes coupées en leur milieu, pour cause de travaux, sans aucune signalisation, de ces trous béants dans le macadam des chaussées, de ces tranchées remblayées mais non bitumées, de ces têtes de regards d'égoûts émergents du niveau des chaussées - autant de guet-apens qui font
les casse-pieds des conducteurs ?
C'est confrontés à ces négligeances multiples qu'il nous faut œuvrer pour améliorer notre société et lui donner le standing et le développement qu'elle mérite. C'est là où nous sommes autorisés à nous demander si les autorités chargées de gérer cet ensemble d'activités et de services publics sont vraiment à la hauteur d'assumer leur responsabilité. Sont-elles conscientes de la nécessité de prévoir et de remédier à ces négligences ? Et en sont-elles capables ? Enfin, qui en est donc responsable ?


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