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Liban

À Bkerké, l’émouvante confession de Frangié : « Oui, j’ai franchi les lignes rouges... »

Le salon patriarcal de Bkerké ne désemplit pas, à deux jours du conclave qui doit élire un successeur au patriarche Sfeir.

Le patriarche et M. Frangié : un moment cordial. Photo Émile Eid

Le plus singulier hommage que le patriarche Sfeir ait reçu, hier, est venu d'un de ses adversaires politiques les plus constants, le député Sleimane Frangié.
« Il est possible, a affirmé le député, qu'à une étape de nos rapports, j'ai pu mal agir envers le patriarche, mais la haine ne s'est jamais installée entre nous. La franchise a prévalu. Et ma franchise a parfois atteint la ligne rouge, mais sans la haine. Ce moment passé avec le patriarche était un moment d'intimité, de cordialité. »
Par ailleurs, M. Frangié a exprimé son admiration pour la façon dont le patriarche a choisi de renoncer à sa charge et « de ne pas laisser le destin lui dicter une telle décision ».
« J'ai été par moments aux côtés de Bkerké, politiquement, et à d'autres moments contre. Mais je n'ai jamais mis en question le fait que Bkerké est notre premier et dernier recours sur le plan religieux, et notre premier recours comme maronites. C'est pourquoi nous resterons aux côtés de cette Église, attachés à nos liens d'amitié avec le patriarche, en mettant derrière nous les prises de position et les péripéties passées. »
Le patriarche Sfeir a également reçu une délégation du Courant du futur conduite par Fouad Siniora, qu'il a retenue à déjeuner. La délégation comprenait Nouhad Machnouk, Ghazi Youssef, Hadi Hobeiche et Nabil de Freige.

Siniora : Un grand de son pays !
L'ancien Premier ministre a rendu un vibrant hommage « à un grand pour son pays et sa communauté ». Il s'est montré particulièrement sensible à sa décision de renoncer librement à sa charge pastorale et y a vu « un modèle de conduite » dans un environnement arabe où « les révolutions naissent du refus de l'application du principe de l'alternance au pouvoir ».
Le chef du bloc parlementaire du Futur a rappelé aussi que, sans le patriarche Sfeir, l'accord de Taëf n'aurait pas réussi à « passer d'un bord à l'autre » ; il a rendu hommage à son attachement à l'unité nationale, à l'époque où la tentation du repli et de l'isolation résonnait très fort ; à la réconciliation qu'il a parrainée dans la Montagne déchirée par le départ précipité des Israéliens ; à la publication de l'Exhortation apostolique, sa présidence de l'Assemblée des patriarches et évêques catholiques d'Orient, aux sommets religieux qu'il a convoqués lors des invasions israéliennes de 1993, 1996 et 2006.
Enfin, M. Siniora a rendu un vibrant hommage à la façon dont le patriarche a parrainé et protégé l'intifada de l'indépendance de 2005.
« Il a véritablement mérité d'être appelé le patriarche de la seconde indépendance », a-t-il lancé.

Droits de l'homme
Le patriarche a même eu droit, hier, à une très émouvante visite de Waël Kheir, le président de la Fédération des droits de l'homme et du droit humanitaire (FDHDH), à la tête d'une délégation où se trouvaient des hommes et des femmes de tous les courants politiques, que des interventions du patriarche étaient parvenues à arracher aux tourments et tortures qui furent, à une époque, monnaie courante dans les geôles du ministère de la Défense et ailleurs, et où certains laissèrent la vie.
« À une époque où toutes les portes se sont fermées, a dit M. Kheir, une seule porte, celle de Bkerké, sous votre patriarcat, est restée ouverte. »
« Vous évoquez des épisodes que j'avais oubliés, a répondu candidement le patriarche, dont la mémoire légendaire n'a pas retenu tous les détails des actions de sauvetage entreprises par lui au nom de la plus élémentaire des justices. « Au demeurant, a-t-il ajouté, je n'ai fait là que mon devoir. »
Notons que le patriarche a également reçu hier un appel téléphonique de cheikh Abdel Amir Kabalan, vice-président du Conseil supérieur islamique.
Le plus singulier hommage que le patriarche Sfeir ait reçu, hier, est venu d'un de ses adversaires politiques les plus constants, le député Sleimane Frangié.« Il est possible, a affirmé le député, qu'à une étape de nos rapports, j'ai pu mal agir envers le patriarche, mais la haine ne s'est jamais installée entre nous. La franchise a prévalu. Et ma franchise a parfois atteint la ligne rouge, mais sans la haine. Ce moment passé avec le patriarche était un moment d'intimité, de cordialité. »Par ailleurs, M. Frangié a exprimé son admiration pour la façon dont le patriarche a choisi de renoncer à sa charge et « de ne pas laisser le destin lui dicter une telle décision ».« J'ai été par moments aux côtés de Bkerké, politiquement, et à d'autres moments contre. Mais je n'ai jamais mis en question le fait que...
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