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Liban - Éclairage

Peut-être de nouveaux écueils dans quelques jours ; Mikati temporise

C'est la totale ou presque. Du surplace, annoncé de tous côtés, pour quelques bonnes semaines encore. Et, probablement, de nouvelles ruades dans quelques jours quand on saura ce que le Premier ministre désigné entend quand il promet l'adoption de nouveaux critères en matière de répartition des tâches.
Ce que ses proches laissent filtrer à ce sujet, c'est que l'on ne va plus se baser pour le dosage global sur le partage des portefeuilles dits de souveraineté entre les quatre communautés principales, les maronites, les orthodoxes, les sunnites et les chiites. Mais, au contraire, sur le principe qu'aucune communauté ne peut garder l'apanage d'un département déterminé. La sélection s'opérant en fonction de la compétence, du savoir-faire et de la probité. Dans un cadre d'ensemble où la représentation communautaire resterait respectée, comme la Constitution le commande.
Toujours est-il que l'on est encore loin de discuter de ce modus operandi sans précédent depuis Taëf. Les efforts de Sleimane Frangié pour amener le général Michel Aoun à composition ont tourné court. Le chef du CPL maintient ses exigences, en arguant de son taux de représentation parlementaire. Ainsi, les réunions de Mikati avec le trio Gebran Bassil-Ali Hassan Khalil-Hussein Khalil, représentant les pôles du 8 Mars, n'ont rien donné. Elles vont quand même reprendre et les intéressés pensent qu'elles pourraient s'étaler sur plusieurs semaines encore.
Il est déjà établi, cependant, que Mikati veut un cabinet de technocrates panaché de quelques figures politiques venant du 8 Mars. Vingt-quatre ministres en tout. Mais on ne sait encore rien des dosages, question pourtant essentielle.
Mikati pourrait-il, sur le plan politique intrinsèque, faire jeu égal avec le 8 Mars, même avec le concours du président Sleiman ? Beaucoup d'analystes considèrent le problème ministériel sous cet angle de rapports de force.
Peu importe, cependant, qu'ils aient raison ou tort. Car sur certains points capitaux, les réponses sont déjà sur la table. Les proches du Premier ministre désigné confirment en effet qu'il n'a nulle intention de se lester des deux problèmes-clés de l'armement hors-légalité et du TSL. Leur traitement doit en effet être déféré, selon ces sources, au comité national de dialogue, site rassembleur de rencontre des Libanais, et non pas discuté en Conseil des ministres.
Une position théorique tout à fait étonnante, de prime abord. Et même constitutionnellement hérétique, en termes d'abandon de responsabilités étatiques premières. Mais à l'impossible nul n'est tenu. Et il est impossible, en effet, qu'un gouvernement qui ne serait pas d'union nationale tranche les deux dilemmes, quasi insolubles, de l'armement et du TSL.
Il reste à voir ce qu'il va en faire dans sa déclaration ministérielle. On est d'autant plus curieux que dans toutes ses déclarations, notamment devant les diplomates qui lui rendent visite, le président Nagib Mikati ne cesse de répéter que le Liban continuera à respecter ses engagements internationaux. Donc ses protocoles, sur le TSL, ou son approbation de la 1559 et de la 1701 qui condamnent l'armement hors-légalité. Mikati précise en outre que le pouvoir étant continuité, il ne vient pas remettre en question ce que les gouvernements précédents ont accompli ou signé.
Mais il va continuer à prendre son temps. Bien forcé, du reste. Il faut voir comment le tableau et les vents extérieurs vont tourner. Et aussi le plafond du discours du 14 Mars lors du grand rassemblement de dimanche prochain. Ce camp devant publier à cette occasion un manifeste, un programme politique qui pourraient être d'une importance capitale. En vue de la bataille à livrer pour un État de droit souverain, fort et indépendant. Sans compter que la mobilisation de la rue sunnite pourrait y trouver un nouvel élan. Mikati doit enfin, et peut-être surtout, attendre d'être mieux éclairé sur l'acte d'accusation du procureur Daniel Bellemare.
Le président Mikati va continuer à essayer d'arrondir les angles. Ses visiteurs indiquent qu'il ne reçoit pas d'aide sensible de la part des pôles du 8 Mars, qui se contentent de le regarder se débattre avec les conditions qu'on lui pose. Ils ajoutent que Damas prend soin de ne pas intervenir. Car, selon certaines informations, la Turquie et le Qatar lui auraient conseillé de ne pas contribuer à alimenter le mécontentement de la rue sunnite libanaise. De manière à ce que cette communauté n'ait pas le sentiment, à travers la composition du nouveau gouvernement, et en sus de l'avènement de Mikati et de l'éviction de Hariri, que l'opération est dirigée contre elle.
C'est la totale ou presque. Du surplace, annoncé de tous côtés, pour quelques bonnes semaines encore. Et, probablement, de nouvelles ruades dans quelques jours quand on saura ce que le Premier ministre désigné entend quand il promet l'adoption de nouveaux critères en matière de répartition des tâches.Ce que ses proches laissent filtrer à ce sujet, c'est que l'on ne va plus se baser pour le dosage global sur le partage des portefeuilles dits de souveraineté entre les quatre communautés principales, les maronites, les orthodoxes, les sunnites et les chiites. Mais, au contraire, sur le principe qu'aucune communauté ne peut garder l'apanage d'un département déterminé. La sélection s'opérant en fonction de la compétence, du savoir-faire et de la probité. Dans un cadre d'ensemble où la représentation communautaire...
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