Le ministre sortant du Tourisme, Fadi Abboud, s'est ainsi employé à dédramatiser les réactions à propos du retard dans la formation du gouvernement, assurant que le chef du CPL Michel Aoun ne demande « qu'une chose : que l'on respecte la représentativité » de chaque camp. Révélant en outre, au micro de la VDL, que le bloc aouniste exige le portefeuille des Finances, il a néanmoins démenti « toute réserve » concernant Mohammad Safadi, censé succéder à Raya el-Hassan. « Tous les problèmes peuvent être résolus », a dit le ministre Abboud, faisant notamment allusion au ministère de l'Intérieur, précisant que les « gesticulations » du 14 Mars ne sont liées en rien au retard ou à l'accélération de la naissance du cabinet Mikati.
Le député Ibrahim Kanaan, secrétaire général du CPL, s'est lui aussi chargé de défendre les positions de Michel Aoun, estimant que ce dernier a posé les bases de la négociation, « à savoir que le bloc aouniste doit être traité comme les autres. Nous sommes prêts à rencontrer le président Mikati quand il le souhaite et nous ne souhaitons exercer aucune pression sur lui, sauf que le CPL ne peut pas s'autodétruire », a-t-il indiqué à la chaîne de télévision LBCI, exigeant pour son courant un portefeuille régalien « grâce auquel le CPL fera avancer le pays vers le mieux ». Il a lui aussi évoqué le ministère des Finances.
« Le CPL ne demandera plus au président Mikati d'accélérer la formation du gouvernement parce qu'il sait, lui, ce qu'il a à faire », a dit en outre Ibrahim Kanaan, au micro de Sawt el-Mada cette fois. Il en a profité pour dénoncer la commémoration du 14 mars 2005, « devenue une marchandise au service d'intérêts personnels », se demandant « où » l'ex-majorité « entraîne le peuple... Le 14 Mars change d'avis chaque jour », a-t-il jugé.
Quant au député de Baabda Fadi Aouar, il a estimé que le retard dans la formation du gouvernement est lié à une série de problèmes « liés à la représentation sunnite et chrétienne et à la distribution des portefeuilles au sein de la nouvelle majorité ». Il a également jugé que l'octroi des ministères de l'Intérieur et de la Défense à des personnalités proches du chef de l'État est « une coutume illogique. Les revendications du général Aoun sont naturelles à l'aune de la représentativité du CPL », a-t-il assuré, affirmant que la Syrie « ne s'ingère pas dans les affaires libanaises ; elle ne se mêle donc pas du prochain cabinet ».
Karam : L'équipe de 24 est quasi prête...
Député Marada de Zghorta, Sélim Karam a relevé qu'il était « tout à fait normal que ce gouvernement à venir connaisse quelques embûches. Mais l'équipe de 24 ministres est presque complète ; elle a juste besoin de quelques petites retouches », a-t-il précisé, interrogé par le site électronique www.kataeb.org. Il en a profité pour expliquer que Sleimane Frangié fait tout pour accélérer la naissance du cabinet Mikati, et sa visite avant-hier à Rabieh « s'inscrit dans ce cadre-là ».
Parallèlement, l'ancien général incarcéré après l'assassinat de Rafic Hariri puis libéré l'an dernier, Moustapha Hamdane, par ailleurs secrétaire général des Mourabitoun, a reçu hier le député du Baas prosyrien Kassem Hachem qui a accusé tous les défenseurs du Tribunal spécial pour le Liban d'œuvrer « contre le Liban et la résistance ». Quant à Moustapha Hamdane, il a appelé le Premier ministre sortant Saad Hariri « à sortir du giron de Samir Geagea et à retourner auprès » du souverain wahhabite.


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