Erakat, le dernier avatar du jihad palestinien, n'a pour se couvrir, d'après ses propres termes, qu'un figleaf, une feuille de figuier. Il aura tout perdu, même l'honneur.
Mais nous, Libanais, avons-nous mieux fait pour garder un tant soit peu de dignité ? On peut difficilement se gausser des déboires palestiniens car on n'était pas mieux lotis à l'époque de l'hégémonie fraternelle et de la fraternelle sollicitude, quand nos représentants empruntaient le chemin de Damas.
Ah, le bon temps où l'escale de Anjar était incontournable, où les proconsuls syriens faisaient et défaisaient les carrières politiques ! Anjar l'omeyyade où se pressaient quémandeurs et impétrants. Ils s'y rendaient en grande pompe et plus encore en catimini. Ils allaient y plaider leur cause, dénigrer leurs compères, jouer les mouchards, et fossoyer leur honneur. Mais on n'était qu'entre frères, n'est-ce point ? On n'était pas en face des ennemis sionistes, rétorqueront certains pour faire la différence avec le dear Saeb.
Libanais, leaders nationaux ou dignitaires, toutes confessions confondues, hommes d'affaires ou intellectuels introduits en fraude dans le Sérail, vous avez tous fait amende honorable. Flatteurs vils et vils courtisans, antichambre vous avez fait et plus d'une génuflexion. Ah, si l'on pouvait dresser des listes de collabos, ce serait une telle chasse aux sorcières !
Oui, bien sûr, certains d'entre vous se sont refait une santé depuis ; ils se sont récusés et sont devenus les plus vociférants des tribuns du « Liban d'abord ». Mais, les choses étant ce qu'elles sont, ils se rendront de nouveau à Canossa.
Princes, leaders qui sur nous avez pouvoir, vous allez récidiver, et ce que vous avez fait, vous le referez avec autant de conviction, puisque le Syrien a triomphé. Vous pariez ? Car qui a bu boira... la coupe jusqu'à la lie.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef