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Liban

Le 9 mars, conclave pour l’élection d’un nouveau patriarche maronite

L'interrègne a commencé à Bkerké, où les hommages au patriarche Sfeir se multiplient, tandis que se prépare activement le conclave chargé de lui élire un successeur.

Le patriarche Sfeir, détendu, déambule dans le grand salon de Bkerké, en compagnie de Boutros Harb, hier. Photo Émile Eid

Les hommages au patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, se multiplient après l'acceptation de sa démission par le pape Benoît XVI. Hier, c'était ainsi au tour du ministre sortant Boutros Harb, du député Fouad el-Saad et d'une délégation de la Fondation des droits de l'homme et du droit humanitaire emmenée par notre confrère Pierre Atallah de se rendre à Bkerké pour saluer le parcours exceptionnel de Mgr Sfeir depuis son élection à la tête du patriarcat, en 1986.
Par ailleurs, et de sources bien informées, on apprend que l'ouverture du conclave maronite pour l'élection du successeur au patriarche Sfeir a été fixée pour le 9 mars, à moins d'un retard technique de dernière minute dû au rythme d'arrivée des évêques de la diaspora. Ce conclave se tiendra jusqu'à l'élection d'un nouveau patriarche. La date de convocation du conclave pourrait figurer dans le communiqué de l'assemblée mensuelle des évêques maronites, qui se tient aujourd'hui, sans doute pour la dernière fois, sous la présidence du patriarche Sfeir, qui continue par ailleurs d'occuper le siège patriarcal, dans le grand salon. Un hommage sera rendu samedi au patriarche émérite, samedi, pour marquer son jubilé d'or épiscopal et son jubilé d'argent patriarcal.
À l'issue de son audience hier à Bkerké, Boutros Harb a rendu un vibrant hommage au « rôle national et historique joué par le patriarche Sfeir, qui rejoindra les rangs des grands patriarches que la communauté maronite a eus tout au long de son histoire, puisqu'il a fait preuve de sainteté, de sagesse, de culture et du courage que ce poste requiert pour que le patriarche puisse être un témoin de la vérité et pour la vérité, et puisse défendre les constantes sur lesquelles le Liban a été édifié et le rôle rempli par la communauté maronite tout au long de son histoire ».

Bien choisir
Et M. Harb d'ajouter : « C'était l'occasion opportune, alors qu'il est sur le point de quitter le patriarcat, de lui dire ce que nous pensons et de lui exprimer notre reconnaissance pour le rôle important qu'il a joué. C'était également l'occasion de faire appel à Dieu et au Saint-Esprit afin qu'ils puissent aider les évêques à choisir la personnalité capable d'être un témoin de la vérité et de respecter les constantes nationales sur lesquelles le Liban a été édifié, un rôle qui est, pour la communauté maronite, fondamental pour la préservation de la formule de la coexistence sur laquelle le Liban repose. »
De son côté, le député Fouad el-Saad a salué les positions prises par le patriarche Sfeir « tout au long de sa carrière », le décrivant comme « l'un des hommes qui va marquer de son empreinte l'histoire du Liban et de l'Église maronite, en dépit des moments difficiles qu'il a endurés et que le pays a traversés ». Il a également souhaité que « le prochain patriarche soit dans la lignée de Mgr Sfeir ».
Hommage également de la part du PDG de la Bank of Beirut, Sélim Sfeir, qui s'est rendu au patriarcat en compagnie du directeur des relations publiques de la banque, Antoine Habib.
« La visite de Bkerké est un pèlerinage, parce que Bkerké a été et demeure un centre rayonnant de la lumière, de la foi et du patriotisme humaniste », a indiqué M. Sfeir à l'issue de sa visite. Il a ensuite félicité le patriarche pour « tous ses efforts en vue de préserver le Liban au cours de son mandat ». Il a enfin souhaité que le successeur du patriarche Sfeir soit à la hauteur des besoins et des attentes que le Liban et ses citoyens ont du rôle du patriarche et de ses responsabilités.

La défense
des libertés

Le patriarche a également reçu une délégation de la Fondation des droits de l'homme et du droit humanitaire (FDHDH), accompagnée d'une délégation des familles des détenus libanais dans les prisons syriennes. Dans un communiqué distribué à l'issue de la réunion, la FDHDH a salué en Nasrallah Sfeir « une grande icône dans la défense de la liberté du Liban et des droits de l'homme, qui a défendu la liberté en Orient, lorsque toutes les langues étaient liées, au temps de la répression et du grand silence ». « C'est à ce moment-là que le patriarche maronite a soutenu, seul, la question des Libanais détenus dans les prisons syriennes, rappelant aux responsables l'ampleur de cette question et les appelant à résoudre cette tragédie », indique le communiqué. Et de préciser que le patriarche n'a pas hésité depuis 1990 à appuyer cette question, de parrainer les familles des détenus et de porter leur cause devant les médias aussi bien sur le plan juridique que politique, que devant les instances internationales lors de sa tournée dans les centres de décision ou au Vatican.
Selon la FDHDH, c'est au patriarche Sfeir que revient le mérite d'avoir pu obtenir la libération d'un grand nombre de détenus dans les prisons syriennes durant le règne de feu le président Hafez el-Assad. Et la fondation de souhaiter que le nouveau patriarche puisse lui aussi devenir à son tour l'étendard de ce dossier pour faire la lumière sur le sort des détenus, qu'ils soient vivants ou morts.
Sur un autre plan, le patriarche Sfeir doit présider ce midi la réunion mensuelle ordinaire de l'Assemblée des évêques maronites, qui doit notamment prendre acte de sa décision de renoncer à ses charges, et entamer les préparatifs pratiques pour l'élection, à partir du 9 mars, d'un nouveau patriarche. Durant l'interrègne, c'est Mgr Roland Aboujaoudé, l'évêque le plus anciennement ordonné, qui gère les affaires courantes du patriarcat de Bkerké. C'est lui aussi qui présidera le conclave chargé d'élire le successeur du patriarche Sfeir.
À partir du 9 mars, précise-t-on, les évêques seront réunis à huis clos à Bkerké, sans contact avec l'extérieur, avec pour seule responsabilité la réflexion, le débat et l'élection d'un nouveau patriarche.
Les hommages au patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, se multiplient après l'acceptation de sa démission par le pape Benoît XVI. Hier, c'était ainsi au tour du ministre sortant Boutros Harb, du député Fouad el-Saad et d'une délégation de la Fondation des droits de l'homme et du droit humanitaire emmenée par notre confrère Pierre Atallah de se rendre à Bkerké pour saluer le parcours exceptionnel de Mgr Sfeir depuis son élection à la tête du patriarcat, en 1986.Par ailleurs, et de sources bien informées, on apprend que l'ouverture du conclave maronite pour l'élection du successeur au patriarche Sfeir a été fixée pour le 9 mars, à moins d'un retard technique de dernière minute dû au rythme d'arrivée des évêques de la diaspora. Ce conclave se tiendra jusqu'à l'élection d'un nouveau patriarche. La date de...
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