« Au cours des derniers mois, le Liban a connu une crise politique portant sur la question du Tribunal spécial pour le Liban, qui a créé une polarisation importante dans le pays, souligne le rapport qui présente une évaluation détaillée de l'application de la résolution 1701 depuis son précédent rapport daté du 1er novembre 2010. Cette crise a entraîné la paralysie du gouvernement d'unité nationale et son effondrement. La confrontation entre les deux principales coalitions politiques a été accompagnée d'une rhétorique inquiétante aux connotations confessionnelles... Cette situation n'a pas été propice à des progrès concernant la mise en œuvre des obligations du Liban en vertu de la résolution 1701 (2006) au cours de la période considérée... L'engagement du gouvernement du Liban et du futur gouvernement du Liban sera fondamental pour la poursuite de la résolution 1701 et pour réaliser de nouveaux progrès à cet égard », souligne le secrétaire général de l'ONU.
« La situation dans la zone d'opérations de la Finul est restée généralement stable pendant la période considérée et la cessation des hostilités créée en août 2006 entre les parties tient toujours, note le rapport. Les parties ont réaffirmé leur engagement à la mise en œuvre de la résolution 1701, comme cela a été confirmé respectivement dans la lettre que le ministre israélien des Affaires étrangères a envoyée le 9 février à Ban Ki-moon et le document de position du Liban, joint aux deux lettres identiques datées du 26 janvier dernier, adressées au secrétaire général et au président du Conseil par le représentant permanent du Liban. L'engagement du gouvernement du Liban et du futur gouvernement libanais sera fondamental pour la poursuite de l'application de la résolution 1701 et pour réaliser de nouveaux progrès à cet égard. Des obligations essentielles de la part des parties concernées doivent encore être mises en œuvre, telles que décrites en détail dans ce rapport. Les parties devraient faire tout leur possible pour passer de la cessation des hostilités à un cessez-le-feu permanent, comme demandé par la résolution. »
Ban Ki-moon a aussi évoqué les deux lettres datées du 18 décembre 2010 adressées au secrétaire général et au président du Conseil de sécurité par le représentant permanent du Liban auprès de l'ONU portant sur une plainte concernant deux engins électroniques de surveillance dissimulés dans deux blocs de roche artificiels plantés par Israël dans deux différentes locations de la montagne libanaise, en dehors de la zone de responsabilité de la Finul, engins que l'armée libanaise a démantelés le 15 décembre 2010.
Appel aux deux parties
Dans ses observations, Ban note qu'il suit de près les développements politiques au Liban et regrette que la paralysie du gouvernement libanais ait empêché les progrès attendus par la résolution. Il se dit convaincu que le processus de formation du gouvernement se passera de manière calme et le plus rapidement possible. Il a lancé un appel au futur gouvernement libanais pour qu'il réitère ses engagements pris dans la déclaration ministérielle visant à mettre en œuvre la résolution 1701 et pour qu'il prenne des mesures visibles quant à l'application de cette résolution. Il a lancé le même appel au gouvernement israélien pour qu'il maintienne ses engagements dans l'application de ladite résolution et des mesures concrètes à prendre pour sa mise en œuvre.
Ban se félicite de la stabilité relative et calme qui prévaut dans la zone d'opérations de la Finul, le long de la ligne bleue. Mais il exprime toutefois sa préoccupation concernant l'absence de progrès dans la délimitation de la ligne bleue, exhortant les deux parties à redoubler d'efforts pour s'engager de manière constructive avec la Finul dans le processus de démarcation de la ligne bleue en vue de prévenir les violations de cette ligne. Tout en se félicitant de la décision du gouvernement d'Israël d'accepter en principe la proposition des Nations unies en vue du retrait de Ghajar et le redéploiement des forces israéliennes au sud de la ligne bleue, Ban demande instamment au gouvernement israélien de mener à bien, dès que possible, le retrait de ses forces du nord de Ghajar et de la zone adjacente au nord de la ligne bleue. Le coordonnateur spécial de Ban Ki-moon et le commandant de la Force continueront de collaborer étroitement avec les deux parties dans un processus visant à trouver une issue à la situation.
Violations et hommage à l'armée libanaise
Ban a aussi exprimé sa préoccupation concernant le nombre « toujours élevé de violations de la résolution 1701 et de la souveraineté du Liban » à travers les survols quasi quotidiens du territoire libanais par les forces de défense israéliennes, appelant Israël à cesser immédiatement ses survols. Dans son rapport, Ban rend hommage à l'armée libanaise qui demeure un partenaire stratégique de la Finul et de la mise en œuvre de la résolution 1701, et dans le maintien de la stabilité dans la zone de ses opérations. Les forces armées libanaises ont continué à agir avec un fort engagement et avec détermination, et leur capacité a été renforcée avec l'aide de bâilleurs de fonds internationaux. Il a invité à ce propos la communauté internationale à accroître son soutien à l'armée. « Un soutien technique à l'armée deviendra aussi un facteur critique pour qu'elle puisse assumer progressivement une responsabilité accrue dans la zone d'opérations et dans la zone territoriale maritime libanaise », souligne le document.
Ban note aussi que la crise politique que connaît le Liban sur la question du TSL a créé une polarisation importante dans le pays. Cette crise a entraîné la paralysie du gouvernement d'unité nationale et son effondrement. La confrontation entre les deux principales coalitions politiques a été accompagnée d'« une rhétorique inquiétante aux connotations confessionnelles ». Ban invite les dirigeants libanais à œuvrer pour la stabilité du pays, à continuer à respecter ses institutions constitutionnelles et toutes les résolutions des Nations unies relatives au Liban. Il demande par ailleurs aux dirigeants libanais d'éviter de recourir à la violence et de prendre toutes les mesures possibles pour empêcher l'utilisation des armes par leurs partisans.
Les armes du Hezbollah
« La présence (des armes) du Hezbollah et d'autres organisations opérant en dehors du contrôle de l'État continue de poser de sérieux défis à la capacité de l'État d'exercer sa pleine souveraineté et le contrôle de son territoire, en violation des résolutions 1559 et 1701 », ajoute le secrétaire général de l'ONU. Ban continue à croire que le désarmement des groupes armés doit être effectué par un processus politique libanais. Dans ce contexte, il regrette beaucoup que le Comité de dialogue national soit en suspens depuis 2009. « Le dialogue national devrait être convoqué dès que possible », souligne-t-il. Il lance un appel aux dirigeants libanais afin de progresser sur la voie de l'adoption d'une stratégie de défense nationale qui s'adresse à des groupes armés opérant en dehors du contrôle de l'État, de manière à mener à leur désarmement. Il réitère son appel au gouvernement libanais pour qu'il mette en œuvre les décisions antérieures prises par le dialogue national en ce qui concerne le démantèlement des bases militaires exploitées par les groupes armés palestiniens, invitant la Syrie à coopérer à ces efforts.
Dans son rapport, Ban regrette que « des progrès aient été insaisissables » jusqu'à présent en ce qui concerne la délimitation et la démarcation de la frontière entre le Liban et la Syrie. Cette délimitation est nécessaire pour permettre au Liban d'étendre son contrôle et sa pleine souveraineté sur l'ensemble de son territoire, conformément à la résolution 1701. Le secrétaire général note qu'il « a hâte » que des mesures concrètes soient prises pour la délimitation de la frontière commune comme le demandent les résolutions 1680 et 1701, et en conformité avec les engagements exprimés lors des réunions au sommet entre les deux pays. Ban remarque aussi qu'il a l'intention de poursuivre ses efforts diplomatiques visant à résoudre la question des fermes de Chebaa, appelant une fois de plus Israël et la Syrie à présenter leurs réponses à la définition provisoire des fermes de Chebaa, sur base des meilleures informations disponibles.
Le secrétaire général de l'ONU reste tout à fait conscient que la mise en œuvre par Israël et le Liban de leurs obligations en vertu de la résolution 1701 est fortement influencée par la dynamique que connaît la région dans son ensemble. Les progrès tangibles dans le processus de paix au Moyen-Orient seraient susceptibles de faciliter la mise en œuvre des principaux aspects de la résolution 1701 et contribueraient à la stabilité du Liban, conclut le rapport.


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