Pour nous, majorité silencieuse, cette période de calme est libératrice, devant les soubresauts qui agitent le Moyen-Orient, et nous prions discrètement pour que ce tsunami, qui a déjà écrasé deux régimes modérés de la région, emporte dans sa vague quelques régimes dictatoriaux qui ont fait du Liban leur terrain de bataille pour une éventuelle confrontation future avec Israël.
Entre-temps, dans le paysage libanais, de sinistres personnages, reliquat de l'occupation syrienne, refont leur apparition sur les écrans de télévision, dans l'espoir d'être choisis comme ministres, en pensant que leur victoire à la Phyrrus pourrait redorer leur blason.
À l'arrière-plan, les tireurs de ficelles agitent leurs personnages avec dextérité, en espérant eux aussi participer au round final, et avoir leur part du gâteau, c'est-à-dire un poste ministériel, qui représente dans ce petit pays le summum de la réussite.
Le même peuple, effrayé par les conséquences désastreuses d'un conflit armé, assiste impassible à ce scénario théâtral, où une marionnette agissante remplace une majorité placide, qui veut se maintenir dans les normes de la démocratie.
Et la vie continue son petit train-train, dans l'attente d'une solution finale encore imprécise.
Pauvre Liban ! Avoir attendu si longtemps une paix promise, et se retrouver plongé de nouveau dans les affres d'une révolution qui n'en est pas une et d'une solution qui sera encore à son désavantage, tant du point de vue touristique qu'économique.
Aurons-nous un jour la chance de nous retrouver unis pour partager tous les avantages de cette terre bénie ?
Incha'allah.


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