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Nos lecteurs ont la parole

Outrageant laxisme

Par Émile SFEIR
Dans notre train de vie au quotidien depuis plus d'une trentaine d'années, nombreux sont les problèmes qui relèvent de la vie ordinaire des citoyens et sont relayés d'une alternance à une autre sans jamais qu'une issue leur soit trouvée.
L'électricité, qui est l'artère principale de tout essor social et économique, manque toujours. Malgré toutes les tentatives qui ont été élaborées par les différents ministres qui se sont succédé aux postes de décision, toutes les tentatives de solution ont été finalement empilées les unes sur les autres, puis abandonnées aux archives. N'est-il pas malheureux qu'il n'y ait pas une ligne de conduite établie par un comité ad hoc de suivi et de continuité qui prendrait la relève des ministres transitoires pour coordonner toutes les solutions étudiées et les amener en fin de compte à bon port. C'est justement l'individualisme poussé à outrance de nos gérants, combiné à des intérêts étroits, qui font que le problème de l'électricité reste entier depuis des décennies avec tout son poids sur les différents secteurs du pays.
Autre problème non moins important que le précédent : celui de l'eau qui manque dans nos robinets, alors que nos fleuves coulent à flots et se précipitent dans la mer. Il y a une dizaine d'années, une étude scientifique avait été faite au ministère des Ressources hydrauliques, prévoyant la construction d'une dizaine de barrages sur tout le territoire libanais et desservant ainsi tous les besoins du pays en eau potable, de consommation et d'irrigation, en plus de la fourniture d'électricité. Qu'en a-t-on fait ? Seul le barrage de Chabrouh a été exécuté. Dans tout autre pays plus prévoyant que le nôtre, cette eau, qui est plus chère à la bouteille que le pétrole dans les pays désertiques, aurait pu être emmagasinée et envoyée vers ce monde arabe assoiffé qui nous entoure, dans des conduites (pourquoi pas celles, existantes déjà, de la Tapline, qui sont au repos ?). Cette eau est une richesse libanaise supérieure à la richesse du pétrole, avec l'avantage qu'elle est éternelle et gratuite.
Autre problème vital, celui de la construction des routes en montagne, et notamment ce projet dont on parle depuis plus de cinq décennies : celui de la « route des cimes ». Feu Maurice Gemayel et Ibrahim Abdel Al étaient parmi les premiers à en parler. Depuis, tous les gouvernements l'ont plus ou moins étudié sans jamais arriver à en assurer la mise en pratique. La route des cimes, c'est une route qui relie entre elles les différentes régions de la haute montagne, de Marjeyoun au sud jusqu'à Bécharré au nord. C'est une route pittoresque et touristique parallèle à l'autoroute côtière qui relie Naqoura au sud à Abboudiyé au nord.
Autre problème et non point le dernier, celui des eaux usées. La plupart des villes et villages qui sont dotés de réseaux d'égouts jettent leurs eaux usées soit dans la mer, soit dans les vallées, polluant ainsi la nature et l'eau des rivières et dégageant des odeurs nauséabondes.
À quelque incrédule qui avancerait que l'État est dans l'impossibilité de financer de tels projets, disons qu'avant d'exécuter tout projet, il faut commencer par avoir le flair de le repérer, puis élaborer les études necéssaires, mettre au point les plans d'exécution et les soumettre aux grands gérants pour leur trouver le financement adéquat et passer à l'œuvre. Ce financement a été trouvé pour les grands projets réalisés, tels que l'aéroport, les autoroutes (nord et sud), les tunnels, les échangeurs, les ports, les ponts, la Cité sportive, etc. Tous ces projets ont été financés par des protocoles d'aide des pays donateurs, soit par des dons, soit par des prêts à longue échéance et à intérêts modérés.
Devant le tableau qui s'offre à nos yeux, il apparaît clairement que la machine étatique se trouve dans un état de « laxisme outrageant », imputé généralement à des responsables incompétents et motivés mais bénéficiant par contre des faveurs des gérants qui les soutiennent politiquement.
Dans notre train de vie au quotidien depuis plus d'une trentaine d'années, nombreux sont les problèmes qui relèvent de la vie ordinaire des citoyens et sont relayés d'une alternance à une autre sans jamais qu'une issue leur soit trouvée.L'électricité, qui est l'artère principale de tout essor social et économique, manque toujours. Malgré toutes les tentatives qui ont été élaborées par les différents ministres qui se sont succédé aux postes de décision, toutes les tentatives de solution ont été finalement empilées les unes sur les autres, puis abandonnées aux archives. N'est-il pas malheureux qu'il n'y ait pas une ligne de conduite établie par un comité ad hoc de suivi et de continuité qui prendrait la relève des ministres transitoires pour coordonner toutes les solutions étudiées et les amener en fin de...
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