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Économie - Carburants

Après la valse du budget, celle de l’essence...

Après un long bras de fer l'an dernier au sujet du projet de budget 2010 - qui n'a finalement pas été approuvé - les adversaires politiques (en l'occurrence le CPL et le Courant du futur) se livrent depuis plusieurs semaines à un nouvelle épreuve de force, dont l'essence est le principal carburant.
En effet, et pour la troisième semaine consécutive, la grille hebdomadaire des prix des dérivés pétroliers n'a pas été publiée hier, en raison du refus du ministre démissionnaire de l'Énergie, Gebran Bassil, d'approuver toute nouvelle hausse des prix, dans un contexte de « guerre froide » qui l'oppose à la ministre sortante des Finances, Raya el-Hassan, au sujet de la baisse des taxes sur l'essence.
Rappelons à ce sujet que la ministre el-Hassan avait soumis il y a deux semaines une proposition exceptionnelle (en l'absence de gouvernement) visant à réduire de 5 000 livres le prix du bidon d'essence. Cette proposition avait suivi l'ordre donné une semaine plus tôt par le ministre Bassil aux douanes de baisser de quelque 3 300 livres les taxes sur l'essence. La ministre des Finances, autorité de tutelle du Haut Conseil des douanes, avait alors opposé une fin de non-recevoir à cette proposition, jugeant « illégale » la démarche menée par le ministre Bassil.
En attendant, aucune des deux propositions n'a été concrétisée, tandis que les importateurs de pétrole ont menacé (et ils le feront certes cette semaine aussi) de fermer les vannes, en l'absence de publication d'une nouvelle liste des prix qui refléteraient l'évolution des cours mondiaux de pétrole.
Quant au prix de l'essence, qui est resté inchangé la semaine dernière, il a récemment atteint 37 000 livres pour les 20 litres 98 octanes - un plus haut historique - au terme de 21 semaines de hausse consécutive.

Et le déficit de l'État ?
Dans un entretien accordé hier à la LBC, le ministre Bassil a justifié sa position sur cette affaire, soulignant qu'il cherche à travers son obstination « à faire pression afin que les prix (des carburants) soient revus à la baisse ». Le ministre Bassil a ajouté que « les importateurs de pétrole sont tenus par la loi de continuer d'approvisionner le marché », jusqu'à ce que leurs stocks soient totalement épuisés...
Face à ce marasme, il serait toutefois légitime de savoir jusqu'où se poursuivra ce ping-pong politique, dont les citoyens et l'économie risquent d'être les premiers otages - notamment en cas de pénurie - et quel serait l'impact d'une éventuelle baisse des droits d'accise sur les finances publiques.
Car qu'il s'agisse de 3 300 ou de 5 000 livres, une baisse des taxes sur l'essence - une mesure certes louable dans l'absolu mais fortement populiste, par ailleurs - impliquerait un creusement du déficit, en l'absence d'une source alternative de revenus. Les recettes provenant des droits d'accise ont en effet généré quelque 600 millions de dollars l'an dernier. Cette question ne mériterait-elle pas d'être évoquée par les responsables - encore mieux, de faire l'objet d'un débat - dans un pays où la dette publique représente plus de 140 % du PIB ?...
B.K.

Après un long bras de fer l'an dernier au sujet du projet de budget 2010 - qui n'a finalement pas été approuvé - les adversaires politiques (en l'occurrence le CPL et le Courant du futur) se livrent depuis plusieurs semaines à un nouvelle épreuve de force, dont l'essence est le principal carburant. En effet, et pour la troisième semaine consécutive, la grille hebdomadaire des prix des dérivés pétroliers n'a pas été publiée hier, en raison du refus du ministre démissionnaire de l'Énergie, Gebran Bassil, d'approuver toute nouvelle hausse des prix, dans un contexte de « guerre froide » qui l'oppose à la ministre sortante des Finances, Raya el-Hassan, au sujet de la baisse des taxes sur l'essence. Rappelons à ce sujet que la ministre el-Hassan avait soumis il y a deux semaines une proposition exceptionnelle (en...
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