Ronaldo embrasse son trophée de meilleur joueur FIFA de l’année (il en a reçu 3 au total, plus deux Ballons d’or), qui lui a été remis le 12 janvier 1998 pour l’ensemble de sa saison 1997, assurément la meilleure de sa longue carrière. Jacques Demarathon/AFP
Ronaldo, 34 ans, fut certes « gordo » ou « gordito » le gros ou le petit gros - peut-être une conséquence du problème de thyroïde qu'il a révélé -, mais surtout « o fenomeno », le phénomène, alliant vitesse, adresse et puissance. Enfant, Karim Benzema n'avait d'yeux que pour cet attaquant surdoué.
Son nom - Ronaldo Luiz Nazario de Lima en version intégrale - restera avant tout associé à la Coupe du monde, qu'il a remportée deux fois (en 1994, sans jouer, et en 2002 où il fut meilleur buteur) sur les quatre qu'il a disputées (avec les éditions 1998 et 2006).
Il demeure d'ailleurs le meilleur marqueur de l'histoire en Coupe du monde avec 15 buts (4 en 1998, 8 en 2002 et 3 en 2006). Avec 62 buts pour 97 sélections, il figure juste derrière le dieu vivant Pelé dans la hiérarchie de la Seleçao.
Synonyme de résurrection
En 1998, atteint d'un mal mystérieux juste avant la finale du Mondial, il passera au travers, à l'image du « tampon » infligé par un Fabien Barthez autoritaire.
Quatre ans plus tard, alors que les blessures l'ont accablé dans les mois précédents, il marque un doublé en finale contre l'Allemagne face à Oliver Kahn, meilleur gardien du tournoi, qui commet une belle « boulette » face à lui avant d'être battu à la régulière.
À cette époque, Ronaldo faisait déjà les gros titres pour un mélange d'admiration pour son flair de buteur, mais aussi pour sa vie conjugale dissolue, son hygiène de vie improbable. Sans oublier à la Coupe du monde 2002, une coupe de cheveux risible inspirée par un héros de dessin animé.
Outre les femmes, les enfants - légitimes ou non -, Ronaldo a collectionné les plus grandes distinctions dans le football : Ballon d'or à deux reprises (1997, 2002) ou encore deux fois « Pichichi », meilleur buteur du championnat espagnol, en 1997 (34 buts) et 2004 (24 buts), avec Barcelone puis le Real Madrid.
Il aura aussi collectionné les maillots, depuis Cruzeiro, club de ses débuts, enfilant ceux du PSV Eindhoven, du Barça, de l'Inter Milan, du Real Madrid, de l'AC Milan, avant de revenir au Brésil, aux Corinthians.
Que faut-il en retenir ? Tout d'abord, ses débuts fulgurants, avec une légende qui s'écrit dès l'adolescence, sous les couleurs de Cruzeiro : 58 buts en 60 matches !
Il faudrait aussi citer le Real Madrid, où il fit partie de la version originale des « Galactiques » (avec Zidane, Figo, Beckham), avec qui il conquit ses premiers titres de champion en Europe (2003 et 2007). Il ne manque à son palmarès qu'une Ligue des champions, qui s'est refusée à lui.
Comme Maradona ?
Il aura aussi collectionné les pires blessures, trois notamment lui valent de belles cicatrices sur les genoux. La première survient en novembre 1999. Les images - qui font froid dans le dos - de son premier retour ont fait le tour du monde : il s'effondre au bout de six minutes de jeu avec l'Inter Milan en avril 2000. Rupture totale du même tendon rotulien. Il connaîtra deux autres blessures de ce calibre, se relevant à chaque fois.
Son nom ne va sans doute pas disparaître des gazettes à sensation brésiliennes, friandes de ses frasques, une des plus célèbres datant du printemps 2008 : Ronaldo, qui avait voulu finir avec des prostituées une longue nuit de fête à Rio, avait eu la mauvaise surprise d'avoir affaire à des travestis qui avaient ensuite voulu le faire chanter...
Entre tests de reconnaissance en paternité - il a reconnu récemment après l'un de ces tests être le père d'un garçon de cinq ans né au Japon - et clichés de paparazzi de la star ventripotente sur son yacht au large des « rivieras » européennes, l'homme n'a pas fini de faire parler de lui.
Il faut lui souhaiter moins de descentes aux enfers qu'un certain Maradona, autre surdoué du football, qui fut pris dans un engrenage drogue-cure d'amaigrissement il y a quelques années.

