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Liban

Aoun : Les échecs précédents au ministère de l’Intérieur ne se reproduiront plus

Les allocutions de Michel Aoun s'articulent en général autour de deux axes, qui ne varient que sensiblement : d'abord attaquer le 14 Mars et les Hariri, ensuite défendre le Hezbollah. Ou inversement. En présentant un argumentaire construit sur des questions et des réponses qu'il propose et donne lui-même.
Ainsi, au cours du dîner de la commission des ingénieurs du CPL, et après avoir donné sa bénédiction à la candidature d'Élie Bsaibess au poste de président de l'ordre des ingénieurs, « parce que le pays a besoin de syndicats libres », le député du Kesrouan a choisi de tout mettre sur la table, et son discours a englobé tout à la fois les Égyptiens, les Libanais et les Américains.
Il a d'abord salué « la libération » des Égyptiens à qui il a conseillé de veiller à leur unité et de prendre exemple sur le Liban qui n'a pu maintenir sa stabilité et son alternance démocratique qu'au prix de « son unité interne et de son régime démocratique ».
Il s'est ensuite interrogé, en prenant les présents à témoin, sur la raison pour laquelle certains ministères « lui » sont interdits, alors que « nous sommes la majorité » et que la légitimité ne vient « que du peuple » et « pas d'une communauté » ou d'une autre, assurant que « l'expérience ratée » du ministère de l'Intérieur lors des deux derniers mandats « ne se reproduira plus ». Il a en outre expliqué à « ces quelques excités » qui parlent du « complexe Aoun » que tenir à ses droits n'était pas un défaut, et que « lui » n'a jamais sollicité l'aide des Américains, ni des Européens, ni des Arabes modérés, pour soutenir son pouvoir, comme « ils » l'ont fait depuis 20 ans.
Le chef du CPL a alors répondu au communiqué des assises sunnites de Dar el-Fatwa en déclarant que celui qui parle de justice se doit d'être « juste lui-même », soulignant que le TSL « devait tomber » parce que ce tribunal représente « un complot », et pas la justice, commencé lors de la guerre de 2006.
« Il est normal, a estimé Michel Aoun, que les parents de la victime cherchent la vérité et attendent la justice, mais ont-ils seulement pensé aux sentiments des innocents que le TSL veut incriminer à tort ? »
À propos de la représentation de toutes les communautés au sein du gouvernement, évoqué dans le communiqué de Dar el-Fatwa, Aoun a rappelé que durant le mandat du président Hariri, « seuls 13 % des Libanais étaient concernés », affirmant « impossible » que le prochain gouvernement soit formé sur les bases du précédent, qui est tombé d'une manière « légale, a-t-il martelé, contrairement à ce qu'ils prétendent ».
Il s'est alors livré à une lecture de la Constitution, présentant comme preuves de ce qu'il avance les circonstances qui rendent un gouvernement caduc, à savoir « si le nombre des ministres est de moins des deux tiers, ou en cas de démission ou de mort de son président, à Dieu ne plaise », s'est-il hâté de dire. Il a poursuivi en demandant ce qu' « il » veut exactement, « partir comme Ben Ali ou Moubarak ? » Et de répondre : « Nous avons les moyens de faire cela, mais nous préférons que le processus soit légal et constitutionnel. »
Michel Aoun a enchaîné en dénonçant les « intimidations par le spectre de la discorde », et en rappelant que les auteurs des dernières manifestations (qui ont accompagné dans diverses régions du pays la désignation de Nagib Mikati) sont « ceux-là mêmes qui avaient promis plus tôt de ne pas recourir à la rue mais de se plier à la majorité », soulignant que ce qui touche au « Premier ministre » ne relève pas de toute « sa communauté », et que l'appartenance à une communauté ne garantit « aucune immunité ». « Ils ne veulent pas de l'unité nationale », a-t-il déclaré.
Il a rejeté en bloc les accusations de « confessionnalisme » dont il fait l'objet, assurant qu'il est lui-même « laïc » et qu'il lutte « en vain » contre le système, s'excusant de ne pouvoir « tout changer à la fois ».
« Nous ne nous sommes jamais attaqués aux sunnites, a-t-il affirmé, nous les avons toujours défendus, et ne parlons de confession que lorsque l'une ou l'autre est lésée, obligés que nous sommes de composer avec toutes les communautés. »
À ce propos, il a tenu à rappeler que lorsqu'il a été écarté du pouvoir en 2005 alors qu'il représentait « 70 % des chrétiens », il s'est positionné dans l'opposition, « sans cris ni larmes », a-t-il précisé, « tout comme la partie chiite », quelques mois plus tard, quand elle est sortie du gouvernement.
Et Aoun de poursuivre : « Nous avons à ce moment-là opté pour un sit-in silencieux, sans occasionner aucun dégât, sans casser aucune vitre, pendant 18 mois dans le centre-ville de Beyrouth », insistant sur le fait que le gouvernement « uniconfessionnel » s'est quand même maintenu, avec quelques « queues chrétiennes qui ne représentent personne », sans que cela fasse les remous qu'on entend aujourd'hui, demandant la raison pour laquelle « on dénigre » le Premier ministre désigné.
Après le chapitre Liban, Michel Aoun s'est attaqué aux Américains en lisant des passages d'un projet de loi préparé par le Congrès américain contre le Hezbollah, et en demandant si c'était « le parti de Dieu qui avait planifié les attaques » contre les deux tours jumelles de New York ou contre le Pentagone, le 11 septembre 2001, ou contre le métro londonien, assurant « qu'aucun Libanais » ne se sentait menacé par le Hezbollah.
Il a enfin accusé les Américains de favoriser les inégalités sociales, économiques et humaines, qui sont « le terreau de l'extrémisme ».
Les allocutions de Michel Aoun s'articulent en général autour de deux axes, qui ne varient que sensiblement : d'abord attaquer le 14 Mars et les Hariri, ensuite défendre le Hezbollah. Ou inversement. En présentant un argumentaire construit sur des questions et des réponses qu'il propose et donne lui-même.Ainsi, au cours du dîner de la commission des ingénieurs du CPL, et après avoir donné sa bénédiction à la candidature d'Élie Bsaibess au poste de président de l'ordre des ingénieurs, « parce que le pays a besoin de syndicats libres », le député du Kesrouan a choisi de tout mettre sur la table, et son discours a englobé tout à la fois les Égyptiens, les Libanais et les Américains.Il a d'abord salué « la libération » des Égyptiens à qui il a conseillé de veiller à leur unité et de prendre exemple sur...
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