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Moyen Orient et Monde - Égypte

L’armée commence le nettoyage post-Moubarak

Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak, a annoncé hier la suspension de
la Constitution, la dissolution du Parlement, et qu’il ne resterait au pouvoir que temporairement.

Quelques brèves échauffourées ont eu lieu entre des soldats et des dizaines de protestataires irréductibles qui refusaient de quitter la place Tahrir, hier. Mohammad Abed/AFP

L'armée égyptienne a commencé hier à démanteler les institutions du régime de l'ex-président Hosni Moubarak qui lui a transmis le pouvoir avant de quitter son poste. Dans son « communiqué numéro 5 », le Conseil suprême des forces armées a indiqué qu'il prenait « en charge la direction des affaires du pays provisoirement pendant six mois, ou jusqu'à la fin des élections législatives et pour la présidence de la République ». L'armée s'est engagée à une « transition pacifique du pouvoir » qui « préparera le terrain à un pouvoir civil élu en vue de construire un État démocratique libre ».
Le Conseil suprême, instance formée d'une vingtaine de généraux, a décidé « la dissolution de l'Assemblée du peuple et de la Choura », les deux chambres du Parlement, et « la suspension de la Constitution » ainsi que la création d'une commission pour l'amender et organiser un référendum sur ces changements. La dissolution du Parlement, après des élections fin 2010 entachées selon l'opposition par des fraudes massives, et la révision de la Constitution, qui limite les conditions de candidature à la présidence, font partie des revendications des manifestants qui ont poussé M. Moubarak au départ.
Le Conseil suprême des forces armées devrait par ailleurs publier aujourd'hui un avertissement à quiconque « crée le chaos et le désordre », a-t-on appris de source militaire. Soucieux d'un retour rapide à une vie normale, il interdira aussi les réunions organisées par des syndicats, interdisant de fait les grèves, et ordonnera à tous de reprendre le travail.
Le Conseil a également indiqué qu'il gouvernerait par décret-loi pendant la période de transition, et que son chef, le maréchal Mohammad Hussein Tantaoui, était chargé de le représenter « à l'intérieur et à l'extérieur », en faisant un quasi-chef d'État.
De son côté, le gouvernement d'Ahmad Chafic, chargé des affaires courantes, s'est réuni hier pour la première fois depuis le départ sous la pression populaire de M. Moubarak. M. Chafic a déclaré que sa première priorité était de « restaurer la sécurité et de faciliter la vie quotidienne de la population ». Il a assuré que l'ex-président était toujours à Charm el-Cheikh, démentant les rumeurs d'un départ à l'étranger.
D'autre part, l'armée a répété que l'Égypte restait liée par les traités internationaux signés, un message destiné à apaiser les inquiétudes des États-Unis et d'Israël quant aux conséquences des bouleversements en Égypte sur les accords de paix israélo-égyptiens, qui font du Caire un partenaire incontournable des efforts de paix dans la région. L'Égypte a signé la paix avec l'État hébreu en 1979, mais la population reste massivement opposée à cette normalisation des relations.
Les dirigeants israéliens et le Conseil suprême des forces armées ont d'ailleurs noué leurs premiers contacts. Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a estimé que les développements en Égypte ne présentaient « aucun risque » pour les relations avec Israël, en écartant une évolution à l'iranienne chez son voisin. Benjamin Netanyahu s'est félicité de son côté de l'engagement des nouveaux maîtres de l'Égypte de respecter le traité de paix conclu avec l'État hébreu.
Sur la place Tahrir, épicentre du soulèvement populaire, la circulation a repris. La place a été rouverte à la circulation, à l'exception d'une partie où quelques centaines de manifestants étaient encore présents, dormant encore sous des couvertures par terre ou sous des tentes. Ahmad Afifi, 21 ans, étudiant en informatique, refuse de partir. « Nous ne voulons pas partir. Nous resterons jusqu'à ce que l'armée entende nos demandes », assure-t-il, évoquant la levée de l'état d'urgence et la libération des manifestants qui ont été arrêtés.
Les tanks de l'armée, postés dès le début des manifestations aux entrées de la place, étaient toujours présents, mais ne bloquaient plus les accès. Quelques brèves échauffourées ont eu lieu entre des soldats et quelques dizaines de protestataires irréductibles qui refusent de quitter la place. En outre, les opérations de nettoyage de la place, entamées la veille, se poursuivaient. Des soldats démontaient des tentes, jetaient les bâches en plastique et autres matériaux dans une benne, aidés par des civils qui empilaient les couvertures et balayaient le sol.
Parallèlement, les organisateurs des manifestations ont constitué ce week-end un conseil de surveillance pour défendre la révolution et réclamer des réformes rapides.
Enfin, le secrétaire d'État aux Antiquités Zahi Hawass a annoncé que huit pièces de grande valeur avaient disparu du musée égyptien du Caire qui jouxte la place Tahrir. Un inventaire effectué après que des inconnus eurent réussi à pénétrer dans le bâtiment le 28 janvier, pendant un rassemblement, a révélé qu'une statue en bois recouverte d'or de Toutankhamon porté par une déesse et deux autres d'Akhenaton et Néfertiti avaient notamment été dérobées. Une enquête a été ouverte.
L'armée égyptienne a commencé hier à démanteler les institutions du régime de l'ex-président Hosni Moubarak qui lui a transmis le pouvoir avant de quitter son poste. Dans son « communiqué numéro 5 », le Conseil suprême des forces armées a indiqué qu'il prenait « en charge la direction des affaires du pays provisoirement pendant six mois, ou jusqu'à la fin des élections législatives et pour la présidence de la République ». L'armée s'est engagée à une « transition pacifique du pouvoir » qui « préparera le terrain à un pouvoir civil élu en vue de construire un État démocratique libre ».Le Conseil suprême, instance formée d'une vingtaine de généraux, a décidé « la dissolution de l'Assemblée du peuple et de la Choura », les deux chambres du Parlement, et « la suspension de la...
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