Le député Tammam Salam, connu pour ses positions modérées, a rappelé hier, après s'être entretenu successivement avec le Premier ministre sortant, Saad Hariri, et avec le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, qu'il avait été « dès le début en faveur d'une attitude facilitant les choses » à M. Mikati.
« Hélas, il y a des obstacles et en particulier de la part de certaines forces politiques qui considèrent qu'elles ont vaincu d'autres fractions », a ajouté M. Salam, affirmant que jusqu'ici, il n'a « rien entendu de M. Mikati montrant qu'il serait prêt à accepter une telle logique ».
Le député de Beyrouth a, en outre, affirmé qu'il ne saurait être question pour lui de « participer au gouvernement pour le plaisir de participer », soulignant son intention de coordonner avec ses alliés, c'est-à-dire le 14 Mars.
Ahmad Fatfat, député de Denniyé, a précisé qu'aucune réponse définitive de la part du 14 Mars ne sera donnée au Premier ministre désigné autour de la participation de l'alliance au gouvernement « avant d'obtenir de lui des réponses vraies et réalistes aux questions que le Courant du futur lui avait posées ».
« Bien des choses ont besoin d'êtres clarifiées, et en particulier l'attitude de M. Mikati au sujet du tribunal international », a-t-il dit.
Le ministre sortant de l'Éducation, Hassan Mneimné, a indiqué que l'ex-majorité entend donner « un délai supplémentaire cette semaine à M. Mikati pour clarifier sa position ». « Sur cette base, nous définirons une attitude claire et unifiée », a-t-il ajouté.
Pour le ministre d'État sortant Jean Oghassabian, « les obstacles commencent à apparaître » dans le processus de formation du gouvernement. Critiquant l'attitude du 8 Mars, M. Oghassabian a dit : « Le camp adverse a paralysé le pays pendant deux ans pour réclamer la participation et voici aujourd'hui ce même camp qui vous dit : où est le problème si nous formons un gouvernement monochrome ? »
Mohammad Chatah, conseiller politique de M. Hariri, a relevé que « certaines parties poussent M. Mikati vers une situation déséquilibrée et le Premier ministre désigné en est conscient, car même sans tenir compte des circonstances problématiques de sa désignation, c'est à lui qu'il revient, au final, de décider des modalités de la formation du cabinet ».
Pour M. Chatah, M. Mikati « peut retrouver l'équilibre en formant un cabinet de centristes se chargeant de gérer les questions non litigieuses ».
L'ancien député Moustapha Allouche, membre du bureau politique du Courant du futur, a assuré que pour le 14 Mars, « il ne saurait être question de prendre part à un cabinet dirigé en pratique par le Hezbollah ». « C'est pourquoi nous avions dit dès le début que la balle se trouve dans le camp de M. Mikati, seul habilité à fixer sa propre image, soit en tant que centriste, ou alors, ce qui est le cas en vérité, en tant que dépendant du Hezbollah. »
M. Allouche a, en outre, souligné que même si M. Mikati se lançait dans la formation d'un gouvernement monochrome, « le 14 Mars soutiendrait ce gouvernement s'il s'engageait à défendre la pérennité du TSL et à contrôler les armes ».
Ammar Houry, député de Beyrouth, a souligné la nécessité de « saluer les prises de position publiques » du Premier ministre désigné. « Cependant, cette attitude positive reste limitée et attend une traduction dans les faits », a-t-il ajouté, critiquant le fait que « certains s'expriment au nom du Premier ministre désigné » et déplorant la « tutelle exercée sur lui ».
Enfin, le député Kataëb Élie Marouni a souligné que si M. Mikati « apporte des réponses aux questions en suspens, un pas sera franchi en direction d'une participation du 14 Mars au gouvernement ».
M. Marouni a réaffirmé que les Kataëb « n'ont aucune intention d'entrer au gouvernement hors du cadre de leurs alliés ».

