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Culture

À l’âge de 90 ans, la romancière entre dans « Le sommeil délivré »

Elle aura écrit jusqu'à son dernier souffle. Andrée Chedid, poète, romancière et dramaturge mère et grand-mère des chanteurs Louis Chédid et Mathieu Chédid, dit M, est décédée dimanche soir à Paris à l'âge de 90 ans.

La romancière entourée de son fils Louis et son petit-fils Mathieu.

Elle venait de faire paraître lors de la dernière rentrée littéraire, chez Flammarion- son éditeur auquel elle est toujours restée fidèle -, deux ouvrages simultanément. Un recueil de poésie L'étoffe de l'univers et son dix-septième roman, Les quatre morts de Jean de Dieu, tous deux présentés, dans l'édition du 24 janvier, dans ces mêmes colonnes par notre collaborateur Edgar Davidian.
Née le 20 mars 1920 au Caire, dans une famille chrétienne immigrée en Égypte dans les années 1860, Andrée Chedid s'était installée à Paris en 1946. Licenciée de lettres de l'université américaine du Caire, élevée dans trois langues, l'arabe, l'anglais et le français, elle écrit très jeune de la poésie et publie ses premiers textes en anglais, avant d'opter pour la langue de Molière.
D'une plume fluide, avec un ton élégant, des mots ensoleillés et des histoires simples, la dame du Nil disait sa compassion pour une humanité souffrante.
L'auteure du Sixième jour (1960) et de L'Autre (1969), tous deux portés à l'écran, a créé en cinquante ans une œuvre riche et variée, imprégnée d'humanisme, et inspirée en partie par sa double culture orientale et française.
Poète du Double pays, titre d'un de ses recueils, Andrée Chedid concevait son art comme l'expression à la fois d'une vie intérieure et d'un rapport au monde.
Dans ses nombreux recueils de poésie libre et moderne, Sa voix s'était de plus en plus affermie au fil des ans.
Son œuvre poétique réunie dans deux volumes : Textes pour un poème (1949-1970) et Poèmes pour un texte (1970-1991) en témoigne.
Par ailleurs dans sa vingtaine de romans et de recueils de nouvelles et la dizaine de pièces de théâtre qu'elle a écrits (dont Le Montreur et Échec à la reine), Andrée Chedid s'est toujours attachée à revisiter l'histoire, mais aussi le mal de vivre contemporain.
Dès 1952, avec Le Sommeil délivré, elle choisit de s'exprimer à travers le roman. Inspirée de son Orient natal, son œuvre romanesque campe, dans un style à la fois sobre et lyrique, des drames individuels et collectifs, pour dire sa foi en l'homme : La Cité fertile (1972), Les Marches de sable (1981) La Maison sans racines (1985), L'Enfant multiple (1989), Le Message (2000).
Elle a également écrit de nombreux livres pour enfants, ainsi que des chansons pour son fils Louis et son petit-fils M.
Andrée Chedid a reçu de très nombreux prix littéraires, notamment l'Aigle d'or de la poésie (1972) et le Goncourt de la nouvelle en 1979 pour Le Corps et le temps, le grand prix de la société des gens de lettres, le prix Louise Labé et le prix Mallarmé.
Officier de la Légion d'honneur, mariée au professeur Louis-Antoine Chedid, elle était aussi mère d'une fille, Michèle, et arrière-grand-mère d'une petite Billie.
Elle venait de faire paraître lors de la dernière rentrée littéraire, chez Flammarion- son éditeur auquel elle est toujours restée fidèle -, deux ouvrages simultanément. Un recueil de poésie L'étoffe de l'univers et son dix-septième roman, Les quatre morts de Jean de Dieu, tous deux présentés, dans l'édition du 24 janvier, dans ces mêmes colonnes par notre collaborateur Edgar Davidian. Née le 20 mars 1920 au Caire, dans une famille chrétienne immigrée en Égypte dans les années 1860, Andrée Chedid s'était installée à Paris en 1946. Licenciée de lettres de l'université américaine du Caire, élevée dans trois langues, l'arabe, l'anglais et le français, elle écrit très jeune de la poésie et publie ses premiers textes en anglais, avant d'opter pour la langue de Molière. D'une plume fluide, avec un ton...
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